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vendredi 21 octobre 2011

L'archipel des Gambier


Quatorze îles dans un seul lagon 


          A 1 700 km de Tahiti, l'archipel des Gambier, un atoll réunissant 14 îles hautes dans un même lagon, est une formation géologique unique en Polynésie française. Bien que rattachées administrativement à l'archipel des Tuamotu, les Gambier sont bel et bien une entité à part.


Le lagon de Rikitea vu du sommet du Mont Duff


     Tous les autres atolls polynésiens sont composés d’une ceinture de terre et de coraux qui forme des "motu" (îlets coralliens) disséminés autour du lagon avec parfois, comme à Bora Bora ou Huahine, une île haute au milieu du lagon… Une seule autre exception à cette règle : les deux îles de Raiatea et Taha'a (archipel de la Société), encerclées par une même barrière de corail.

Les Gambier : 14 iles hautes dans un seul lagon

     Autre particularité de l’archipel des Gambier : c’est là que se trouvent les plus anciennes constructions en dur de Polynésie : les édifices religieux construits par les missionnaires grâce aux bras des autochtones. Le plus connu de ces bâtiments étant la cathédrale Saint-Michel de Rikitea.

     Dernière spécificité des Gambier : c’est le centre perlicole le plus important et le plus réputé de Polynésie, tant pour l’importance que pour la qualité de sa production.

Les Gambier et l’histoire


     C’est au XIIe siècle que commence le peuplement des îles Gambier, sans doute par des navigateurs marquisiens. Ce n’est que beaucoup plus tard, en 1687, que le pirate anglais Edward Davis note dans son livre de bord avoir aperçu des îles que l’on pense être les Gambier.

     Cent dix ans après, le 24 mai 1797, le navigateur britannique James Wilson les découvre officiellement. Ayant à son bord quelques missionnaires se rendant à Tahiti, il donne à l'archipel le nom de l'amiral Gambier, protecteur des activités de la mission. De plus, il baptise le point culminant de ces îles (441 mètres) du nom de son navire : le Duff.

     Il faut pourtant attendre 1826 pour voir le premier Européen poser le pied sur une de ces îles : l’officier anglais Frederick Beechey.

Les Mangareviens du début du XIXe siècle


     C’est donc cet officier qui établit le premier contact avec le peuple Mangarevien.
A cette époque, la population s’élève à environ 5.000 âmes. Ces Polynésiens possèdent un langage propre : le Mangarevien. D’aucuns prétendent qu’ils présenteraient la particularité d’être végétariens, mais cette affirmation n’est en rien vérifiée.

     Maputeoa, le roi de l’époque, réside à Rikitea, principal village de l’île de Mangareva. La population, elle, est répartie sur les quatre îles principales de l’atoll : Mangareva, Akamaru, Aukena et Taravai.

Gregorio Maputeoa, le dernier roi des Gambier

     Ce sont les récits que fait Beechey de sa découverte qui font connaître l'archipel des Gambier. Sa situation géographique en fait rapidement une escale de réapprovisionnement importante pour de très nombreux navires de commerce.

     Déjà, la qualité particulière des nacres qui peuplent son lagon et leur abondance permettent le développement rapide d’une intense activité commerçante.

L'évangélisation des Gambier


     En 1834, la Congrégation des Sacrés-Cœurs (Les frères de Picpus) crée, sur l’île déserte de Akamaru, la première mission catholique du Pacifique Sud. C’est là que débute réellement l’évangélisation de toute la Polynésie.

     Entre 1834 et 1871, date à laquelle le père Laval est contraint de s’exiler à Tahiti, les frères de Picpus érigent de nombreux bâtiments à vocation religieuse.

Notre dame de la paix sur l'île de Mangareva

     Le plus ancien d’entre eux se trouve sur l’île de Aukena. Il s’agit de l’église Saint-Raphaël qui fut érigée en 1839. C’est la première église en dur construite en Polynésie française.

     Dans la même période sont également construits une imposante cathédrale, neuf chapelles, des tours de guet, une prison...

Les Gambier et la perliculture


     Si, dans le passé, quatre des îles Gambier étaient habitées en permanence, aujourd’hui toute la population vit sur Mangareva. Les autres îles sont utilisées pour diverses activités mais sont désertées à la nuit tombée.

     Jusqu’au début des années 1960, la principale ressource de l’archipel reposait sur le commerce de la nacre, utilisée notamment pour la fabrication de boutons.

     Vient de Tahiti un visionnaire : Robert Wan. C’est lui qui crée la première ferme perlière dans le lagon de Mangareva. Aujourd’hui, il y en a environ une centaine !

     Mais ce développement se fait au détriment des activités traditionnelles. Auto-suffisantes en 1960, les Gambier, aujourd’hui, importent de Tahiti 85 % de ce qu’elles consomment. Et l’effondrement des cours mondiaux de la perle n’arrangent pas les choses.

 Le village de Rikitea vu des flancs du Mont Duff

Le tourisme aux Gambier


     Il n’existe aucun hôtel aux Gambier. Seules quelques pensions de familles peuvent accueillir les touristes.

     L’autre handicap majeur de l’archipel réside dans son éloignement et dans une desserte aérienne très réduite : la compagnie Air Tahiti n’assure que deux liaisons hebdomadaires.

      Pourtant, les Gambier ont bien des arguments à faire valoir pour développer cette activité. Outre un magnifique lagon, il y a ce patrimoine architectural unique au monde, l’univers extraordinaire des perliculteurs et, surtout, une population particulièrement accueillante et chaleureuse.

A suivre en cliquant ici…

Un article de Julien Gué


 

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