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samedi 22 octobre 2011

La perle de Tahiti



L'or noir des lagons polynésiens

     Les Polynésiens auraient découvert l'huître perlière bien avant l'arrivée des Européens. Ils en utilisaient la nacre pour fabriquer des armes et des ornements.

Une ferme perlière dans le lagon de Mangareva, aux îles Gambier
     Ce sont les Chinois qui inventèrent la perle de culture en introduisant dans le manteau de l’huître une figurine de plomb à l’effigie de Bouddha, autour de laquelle la nacre venait se déposer.

    Mais l’invention véritable du procédé revient incontestablement à trois Japonais qui découvrirent en 1904, sans se connaître et simultanément, le secret de la greffe.

     En 1960, un certain Jean-Marie Domard importe en Polynésie les techniques employées au Japon. En 1962, il réussissait à « nucléonner » plus de cinq mille huîtres. Trois ans après, il obtenait plus de mille perles de très haute qualité.

Mythologie


     La mythologie parle des perles noires comme des écrins de lumière qui furent donnés par le créateur à Tane, dieu de l’ordre et de la beauté. Il en fit les étoiles qu’il envoya à Rua Hatu, dieu de l’océan, pour qu’il éclaire son domaine.

     Ensuite le dieu Oro, divinité tutélaire de la guerre et de la paix, les offrit aux femmes qu’il convoitait. A l’achèvement de son œuvre, il confia l’huître perlière, « Te ufi », aux humains en souvenir de son passage. Depuis, « Te ufi » prospère dans les lagons de Polynésie.

     Ce trésor, secret des îles de corail, a longtemps été considéré comme un symbole royal.

Naissance d’une perle


     Une perle naturelle naît lorsqu'un grain de sable vient à pénétrer dans la coquille de l’huitre. Elle va alors le recouvrir de couches successives de nacre jusqu'à ce que l'intrus en soit entièrement recouvert, ce qui prendra des années.

Des nacres en attente de la greffe
     Aujourd’hui, toutes les « vraies » perles vendues dans le monde sont des perles de culture. La perliculture nécessite les trois étapes suivantes : la collecte du naissain, les opérations de greffe, la récolte.

La collecte du naissain


    Le naissain d'huître est la matière première des élevages. Les collecteurs (bandes de matière synthétique) sont suspendus quelques mètres sous la surface du lagon. Ils restent entre 12 et 24 mois sous l'eau pour produire des juvéniles de 5 à 10 cm.

Les précieuses nacres sur une filière avant d'être replongée dans le lagon
     Pour atteindre la taille de greffe comprise entre 9 et 11 cm, chaque coquille est percée au niveau d'une "oreille" puis attachée sur une cordelette de 2 m qui constituera un chapelet suspendu à une filière de sub-surface durant 3 à 12 mois.

La greffe


     Il s’agit d’insérer dans la "poche perlière" un nucléus (il jouera le rôle du grain de sable) et un greffon (morceau de tissu organique découpé dans le manteau d'une huître donneuse).

Le primordial mais très délicat geste de la greffe
      La coquille est entrouverte pour laisser passer les outils de greffe. Une fois inséré dans l'huître, le greffon fusionne avec les tissus vivants et un sac perlier se développe autour du nucléus : c'est le point de départ de la future perle.

    L'opération de greffe est un processus traumatisant. Les huîtres qui survivent et retiennent le nucléus sont élevées en chapelet sur filières. Il faut environ 18 mois pour former une couche de nacre d’une épaisseur de 0,8mm.

   Sur cent individus greffés, seules vingt-cinq à trente huîtres donnent des perles commercialisables.

La récolte


     Dix-huit mois après la greffe, c’est la récolte sans sacrifier l'huître. Si la perle est de qualité exceptionnelle, une seconde greffe est réalisée avec un nucléus de la taille de la perle récoltée. Les huîtres peuvent être greffées deux à trois fois.

     La beauté d'une perle dépend des critères suivants : sa forme, l'état de sa surface, sa couleur, son orient, sa couleur, son lustre... Plusieurs défauts peuvent apparaître : cerclages, piqûres, comètes, boursouflures, absence de lustre et de pigmentation.

Un nucléus et une très belle perle noire de Tahiti
     Afin d’assurer une qualité reconnue à la perle noire de Tahiti, ont été définies des règles de classification des perles:
  • le diamètre : il varie de 8 à 18 mm et la couche de nacre déposée autour du nucléus ne doit pas être inférieure à 0,8 mm;
  • le poids moyen : Il doit être voisin de 1,6 g ;
  • la forme : les perles sont classées en rondes, semi-rondes, semi-baroques, baroques et cerclées ;
  • la qualité : elle dépend de l'état de surface et du lustre.
     Selon les chiffres publiés par le service de la perliculture, sur cent huîtres greffées, vingt cinq donneront une perle commercialisable, mais seulement cinq seront considérées comme parfaites.

La perle et l’économie


     La perliculture était, jusqu'à il y a peu, l’une des ressources principales de la Polynésie française. Elle employait environ sept mille personnes réparties, pour l’essentiel, entre les archipels des Tuamotu, de la Société et les îles Gambier.

     Après avoir débuté avec moins de deux kilos en 1978, en 2005 la production a atteint les cinq tonnes de perles. L’essentiel de cette production est exporté vers l’Asie et les Etats-Unis après des ventes aux enchères en Polynésie et à Hong-Kong.

La magie irisée des perles noires de Tahiti
     Si la Polynésie reste l’un des principaux exportateurs mondiaux de perles noires, elle doit dorénavant faire face à la concurrence des autres pays d’Océanie, particulièrement celle des Îles Cook, Fidji, Marshall et Salomon. Mais aussi et surtout à l'absence totale et chronique d'une politique commerciale cohérente, conséquence d'une situation politique très particulière.

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