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lundi 31 décembre 2012

Jimmy Ly, le Hakka


L’identité au futur

Il est rare, sinon exceptionnel que la quête identitaire soit  énoncée en termes de futur. Mais telle est la voie que s’est tracé Jimmy Marc Ly dans le mouvement qu’il a co-fondé et animé à Tahiti et telle est sa devise : «changer en mieux» (Wen Hua). Conscient qu’une culture de l’immigration est appelée à se créer de nouvelles balises.

Jimmy Marc Ly l’évoque dans Wen Hua, paru au Salon du Livre à Tahiti, en décembre 2012.  Inventaire de son parcours : sa raison-même d’écrire, son obsession, son destin.

Le pétillant sourire de Jimmy Marc Ly

Car sa fonction d’écrivain, n’émerge qu’une vingtaine d’années après son engagement culturel. Comme si, pour le pionnier,  la mise à l’épreuve de ses convictions, somme toute fort avant-gardistes, il avait besoin de les ingérer, avant de pouvoir les coucher sur papier.

 

Le flou comme éden

Quel but se donne Jimmy Ly dans ces pages, tout comme dans ses autres écrits ? Ses «récits», ses «idées», ne semblent pas vouloir s’immobiliser, ni se figer. Dans la réalité, comme dans ses œuvres, il met en pratique cette interactivité, commune à son caractère, à son projet, à son ouvrage.

Métissage de coutumes

L’auteur, à la fois initiateur et acteur de ce parcours, semble s’interroger et nous interroger au présent. Car son livre, comme son engagement culturel se pose en tant qu’acte de convivialité, d’ouverture, d’échange constant.

En trace-t-il un bilan ? Oui et non. Il s’en reproche les manques, en toute autodérision, mais en annonce les éventuels réajustements.

Le temple chinois de Papeete avant son incendie

Peut-être le devons-nous à l’humour insatiable de Jimmy Ly qui ne prétend pas au  rôle de sage. Face au poids des civilisations millénaires, il a cependant tenté d’en soupeser et d’en faire interagir les valeurs, dans le minuscule triangle polynésien. En fait, la question reste entière, à l’issue de ce livre : à quel équilibre d’intégration peut parvenir une communauté immigrée ? Peut-on dynamiser les cultures pour les faire vivre en totale symbiose ? Au lecteur de conclure. Il est dans la conscience et l’écriture de l’immigré chinois, une certaine dose de flou, issue du mélange.

L’utopie

En fait, héritier de ce melting-pot qui brasse culture maoh’i, française, asiatique et plus précisément hakka, pose-t-il les préalables d’une intégration active qui ne renie rien des racines mais cherche à les faire évoluer conjointement.

Le temple chinois aujourd’hui

S’il est plus aisé de se faire admettre en tant que migrant économique, à l’origine, sans statut réel, la deuxième génération de hakkas dont il est issu, fait-elle partie intégrante du fenua, dans le contexte d’une identité polynésienne en pleine ébullition ?

Appartenir à une minorité n’est pas une sinécure.  Marginal en toutes circonstances ne se vit pas aux mieux. Qu’il s’agisse de la Métropole, de la Chine des origines, du berceau polynésien d’accueil.

Ly ? Non Lee, la BD bien polynésienne
Doit-on se replier sur un communautarisme réflexe et comment réussir au mieux un métissage qui ne soit entaché ni de sous-catégorie, ni de reniement de soi. Voilà la question. Et Jimmy Ly  la pointe en d’autres termes à l’époque de ce courant universel des citoyens du monde qui agite les années soixante.

Le mouvement Wen Hua est-il précurseur ? Totalement irréaliste ? S’efforçant de rapprocher les principes culturels et d’en chercher les universaux ? Encore fait-il figure de chimérique et se frotte-t-il, sans vraiment de heurts, avec la tradition ancestrale dans ce qu’elle a de pétrifié.

Le rêve fusionnel

C’est là que se révèle sa modestie. Elle est inscrite sur son visage, face aux monuments que sont les cultures Maoh’i et les traditions ancestrales de sa communauté. Ne pas perturber l’ordre des valeurs, s’inscrire comme un petit caillou sur le chemin du modernisme dans ce qu’il peut avoir d’épanouissant, d’égalitaire.

Les Hakkas en devanture

Serait- elle aussi  inscrite sur son front, sa naïveté ? Mieux que Candide, tout comme les bâtisseurs de tolérance, à la Martin Luther King, Jimmy Ly «fait un rêve», celui du creuset des identités authentiques.

D’ailleurs il est à remarquer que ses élans utopistes sont pourvus de la plus haute intégrité, comme pour effacer le déficit culturel,  le gâchis humanitaire de la première moitié du 20ème siècle.

Saupoudrant les déceptions,  les malentendus,  le plus grave, d’un zeste de sourire, c’est là que se déchaîne tout  l’humour de l’auteur. Dans cette quête de la cohabitation fructueuse,  il lui appartient ainsi de concrétiser, de les rendre vivants, les vieux mythes, issus du continent asiatique, de les partager, de les concilier au sein de la terre maoh’i.

Le Sentimental invétéré

Car la  culture est acte d’amour et la passion s’essuie quelques revers. Jimmy Ly est un sentimental et il tait sa douleur, en contemplatif et en toute lucidité. Tout n’est pas accompli.

Au jardin du repos…

Ce n’est pas exactement un bilan. S’appuyant sur la chronique du mouvement Wen Hua, Jimmy Ly en revit les doutes, l’enthousiasme, les aspirations. Son petit livre, une profession de foi. Modus vivendi bien inscrit dans l’actualité, il reste comme inachevé, en instance de se parfaire. Il n’est pas clos sur lui-même, se perpétue.

Jimmy Ly n’a pas vocation de donneur de leçons. Même si elles sont issues d’une expérience, ses «chroniques» soulèvent des questions. Elles s’apparentent à l’«essai» et témoignent de ses tentatives.

Entre sourire et soleil levant

Ces dénominations sont définies par d’Île en Île, le site de la littérature insulaire francophone. Comment comprendre en effet, alors que ses «nouvelles» Histoires de feu, de flamme et de femmes, participent de la littérature fantastique, qu’elles soient comptées au nombre des témoignages ? Jimmy Ly laisse la part belle à l’énigme et à l’incertitude.

Car l’impulsion qu’il a donnée, l’avenir saura peut-être la confirmer. En retrait, comme à son habitude, il passe le flambeau.


Toutes les images du livre de Jimmy Ly
Wen Hua : preuve ou échec de l’intégration de la culture Hakka en Polynésie ? Des pages et des illustrations pour vous en faire une opinion.


Un article de Monak

mercredi 26 décembre 2012

Tahiti and its islands…


The lost lands of the South Pacific

We all have preconceived images about Polynesia with lagoons, « vahine » (woman) and coconut palms. But how many know where these archipelagoes of the biggest ocean are hidden?

Located in the heart of the South Pacific between 134° and 157° of longitude West and 8° and 28° latitude South, on both sides of the Capricorn Tropic line, French Polynesia belongs to the eastern group of Polynesian islands. At East of Micronesia and Melanesia islands, it makes up, with Papua New Guinea, Australia and New Zealand, the “continent” of Oceania.

Tikehau atolls : idealized image of Polynesian paradise

These five archipelagoes set up the “Polynesian Triangle”. It’s so commonly called by its tips: Hawaii (in the North), New Zealand (South-West) and Rapa Nui or Easter Island (in the East).

Away from other continents

The whole set of French Polynesia is located thousands of miles from bordering continents: Australia is 4 101 miles at west of Tahiti (about 8 hours by plane), Chile 4 971 miles at the east (11 hours). It’s necessary to cross over 3 977 miles to reach Californian coast, in the north-east (approximately 8 hours) and 5 903 miles to reach Japan (nearly 13 hours flight).

At the antipodes of Europe, Tahiti island is thus in almost 11 185 miles from Paris (That’s 20 hours flight with a mandatory stopover of two hours in Los Angeles).

Its estrangement of the big continental masses allowed it to protect strong specificities, both regarding environment and culture.


Huge and tiny  

French Polynesia consists of one hundred and eighteen (118) islands included in five archipelagoes: Society, Tuamotu, Marquesas, Gambier and Austral. Moroever this multiplicity of islands is the origin of the country’s name. It derives of the greek “poly”, meaning many/several and “nesis”, meaning island.

Unique feature in the world, these islands are scattered over an oceanic area of 3,10 million miles2. It corresponds to an area almost so vast as the whole European continent and almost ten times the territory of metropolitan France (341 754, 15 miles2). Thanks to this scattering of its emerged lands, French Polynesia has the biggest exclusive economic zone (or EEZ) of South Pacific.

Rare lands…

To better understand the Polynesian reality, you should know that the sum of the hundred and eighteen islands Polynesian area covers only 2 188 miles2 only. It’s the equivalent of Haut-Rhin department in France. Tahiti, the biggest of them, extends itself over 636 miles2: that’s more than a quarter of all the lands of the country.

…and scattered !

But if we stack the map of French Polynesia on the European continent, by positioning Tahiti Island on the city of Paris, the most northerly, Marquesas archipelago, finds in Sweden! At the South-east Gambier Islands are stacked at Bulgaria. In the South, Rapa Nui Island, from Austral archipelago, merges with Sardinia. And for Maupiti, located in Society Islands, it would be placed on the Brittany coasts of France.

Far from any lands, Polynesian islands deserve…

So, to rally Tahiti to Nuku Hiva in Marquesas Islands, are needed three hours and thirty by aircraft. About four hours from Tahiti to Mangareva in Gambier and half past three, to join Rurutu in the Southern.

To conclude this fast overview of French Polynesia: to know that the Polynesian people count this day, approximately 270 000 souls, whose 180 000 live on the only island of Tahiti. For comparison: 270 000 inhabitants, it’s a little less than the population of Aveyron department! 

A strong identity

Despite the presented geographical handicaps higher, the Polynesian people are expanding of a culture and very strong values. For example, each of five archipelagoes possesses its own language. Today still, this native language is more spoken there, except for Tahiti where, little by little, French overrides the local language: “Reo Tahiti”.



An  article of Julien Gué
Translated from french by Vanaa Teriitehau

dimanche 23 décembre 2012

Le véritable po’e mei'a



Une délicieuse recette de Tahiti

Simple à préparer, voici la recette d'un dessert très apprécié dans les îles polynésiennes.

La cuisine polynésienne repose sur des saveurs douces, mêlant avec bonheur les sucrés-salés.

L’infini variété de fruits poussant à profusion a généré une cuisine faisant appel à ces derniers, crus ou cuits, en accompagnement de viandes et de poissons comme dans la préparation de desserts simples et savoureux.

Bananes et autres fruits sur le marché de Papeete

Ainsi, plus de trente variétés différentes de bananes sont recensées en Polynésie française, réparties en deux grandes familles : les me’ia, que l’on peut déguster telles quelles, et les fe’i (bananes plantains) qu’il faut faire cuire pour pouvoir les consommer.

Voici donc, pour vous mettre l’eau à la bouche, la vraie recette du po’e mei'a.

 

Le po’e, dessert ou plat de résistance

Avant toute chose, selon l’Académie Tahitienne, po’e est un mot d’origine Paumotu (de l’archipel des Tuamotu) qui désigne un plat réalisé avec des fruits ou des tubercules malaxés, mélangés à de l’amidon et cuits au four.

Cette préparation, servie chaude avec du lait de coco, peut être cuisinée par exemple avec des papayes ou du potiron accompagné d’ananas. Ainsi, le po’e peut aussi bien être un dessert (lorsqu’il est à la banane ou à la papaye, par exemple), ou servir d'accompagnement à un plat de résistance (lorsqu’il est à base de potiron).

Trois variétés de bananes à l’étal à Papeete

Dans le cas du po’e mei'a, qui nous intéresse aujourd’hui, il s’agit donc d’un dessert, mais préparé avec des bananes fe’i, il deviendra un délicieux accompagnement pour un poisson grillé par exemple.

 

Quels ingrédients pour préparer un po’e mei'a ?

Pour cinq personnes prévoir :
·         1,5 kg de bananes bien mûres
·         100 g de sucre en poudre
·         lait de coco
·         farine de tapioca

 

La recette du po’e mei'a

Une fois épluchées, car même en Polynésie leur peau n’est pas comestible, découper les bananes mei'a en rondelles, les mettre dans une marmite et les recouvrir d’eau.

Y ajouter la gousse de vanille que vous aurez, au préalable, fendue en deux pour en libérer tout l’arôme.

Lait de coco et autres accompagnements polynésiens

Faire cuire à feu doux en remuant bien jusqu’à l’obtention d’une compote homogène et onctueuse, puis laisser refroidir.

Lorsque votre compote est à température ambiante, y mélanger la farine de tapioca à raison d’un tiers de farine pour deux tiers de compote. Prenez garde à mélanger consciencieusement le tout au fur et à mesure du mélange afin d’éviter la formation de grumeaux.

Votre mélange achevé, graisser (au beurre ou à l’huile) un plat à gratin ou une plaque de four et y verser votre mélange sur une épaisseur de trois à quatre centimètres.

Faire cuire à four chaud durant une heure environ. Pour être assuré d’une cuisson parfaite de votre po’e, le milieu de votre plat doit avoir une belle couleur brune.

Servir (chaude) chaque part dans un bol ou une assiette creuse en y ajoutant, selon votre goût, le sucre en poudre puis en arrosant l’ensemble de lait de coco.

Le po’e mei'a (banane) prêt à consommer
Si vous n’aimez pas le lait de coco, il est possible de le remplacer par de la crème fraîche liquide. Mais le goût du po’e n’en est plus le même, évidemment.

Lorsque c’est la saison, testez donc la recette du po’e mautini (potiron). Dans cette préparation, il vous faudra simplement prévoir 250 grammes d’ananas pour 1,5 kg de potiron.

Et maintenant : bon appétit !


Un article de Julien Gué

lundi 10 décembre 2012

C’est Manu qui le dit



Nos oiseaux endémiques sont en grand danger

L'incroyable richesse de la faune aviaire endémique de Polynésie est très gravement menacée. Peut-on encore stopper cette spirale infernale ?

Les chiffres sont terrifiants : depuis 1773, date d’arrivée des premiers explorateurs occidentaux, on recense sur le territoire polynésien pas moins de dix-huit espèces (et sous espèces) d’oiseaux endémiques qui ont définitivement disparu de la surface de la terre.

Le râle à bec rouge de Tahiti a totalement disparu de la planète
Mais le processus de destruction de l’extraordinaire patrimoine aviaire polynésien avait en réalité débuté bien avant. Il avait commencé dès la découverte de ces îles par ceux qui allaient devenir les Polynésiens.

 

Le paradis des oiseaux

Avant l’arrivée des premiers hommes, les îles de ce qui deviendra plus tard la Polynésie française étaient réellement le paradis terrestre des oiseaux.

L’Aigrette sacrée (Egretta sacra), elle, n’est pas menacée

Le climat tropical offrait abondance de nourriture et ces îles étaient exemptes de la plupart des prédateurs présents sur le reste de la planète : ni rats, ni chiens, ni chats, ni reptiles… Et surtout pas d’êtres humains.

Cette situation très particulière fit que nombre d’espèces développèrent des caractéristiques hyperspécialisées et très peu de moyens défensifs. Par exemple, beaucoup faisaient leurs nids directement sur le sol.

Il reste quelques Lori nonette dans certains atolls des Tuamotu

Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes d’oiseaux jusqu’au jour où… arrivèrent les premiers hommes.

Et les premiers hommes n’arrivèrent pas seuls…

 

Les dégâts liés au peuplement des îles polynésiennes

Les Ma’ohi, lorsqu’ils peuplèrent les îles polynésiennes, n’y arrivèrent pas seuls. Ils emmenaient notamment avec eux des chiens et des cochons.

Il ne reste plus qu’une centaine de hérons striés sur la seule île de Tahiti

Pour se nourrir, ces premiers habitants humains n’eurent qu’à se baisser pour ramasser les œufs. Nombre d’espèces d’oiseaux ne savaient pas (ou à peine) voler, il n’était donc pas difficile de les capturer pour les manger. Quant aux plus gros oiseaux, le gibier le plus intéressant, il s’agissait d’espèces marines qui nichaient au sol et n’étaient donc pas difficile à chasser.

D’autre part, n’ayant jamais eu de tels prédateurs, tous ces oiseaux n’avaient jamais développé de tactique de fuite ou de défense.

La dîme prélevée par les chiens fut, elle aussi, considérable, pour les mêmes raisons. Quant aux porcs, c’est en fouissant le sol pour se nourrir qu’ils détruisirent les nids de tous ces oiseaux.

Les multiples aspects du Lori nonette

Certaines espèces disparurent à cause de la beauté des couleurs de leurs plumes. En effet, pour pouvoir confectionner des parures aux couleurs éclatantes, les Ma’ohi firent une chasse sans merci à certaines d’entre elles, particulièrement colorées.

Ainsi, lors de ce qu’il est convenu d’appeler « le contact », en 1773, nombre d’espèces avaient déjà définitivement disparu de la surface de la terre. D’autres étaient déjà condamnées.

Pour les premières, tout ce que l’on en connaît se résume à des ossements trouvés lors de fouilles et quelques témoignages recueillis par les premiers occidentaux curieux de ces choses.

 

Après « le contact », la destruction s’accélère


En s’installant dans les cinq archipels polynésiens, à l’instar des premiers habitants ma’ohi, les Occidentaux ne sont pas non plus arrivés seuls. Ils ont emmené avec les chats, les rats, un certain nombre de parasites porteurs de maladies et… le métal et les armes à feu.

Contrairement aux chiens et aux cochons, les chats et surtout les rats peuvent grimper aux arbres. Ils s’attaquèrent donc aux espèces jusque-là protégées qui nichaient en hauteur.

Oiseau terrestre, la Gallicolombe érythroptère est très gravement menacée
Les armes à feu, elles, permirent de s’attaquer à des espèces vivant loin du sol et des hommes.

Ainsi, depuis le contact, nombre d’autres espèces d’oiseaux ont été décimées.

La différence, c’est que les Occidentaux firent des relevés et des dessins de toutes les espèces qu’ils rencontrèrent. Nous connaissons donc avec une certaine précision l’apparence et les mœurs des espèces disparues depuis le contact.

 

Les oiseaux de Polynésie

Aujourd’hui, l'avifaune terrestre polynésienne compte encore pas moins de trente-trois espèces d’oiseaux, dont vingt-huit sont endémiques, c’est-à-dire qu'elles n’existent nulle part ailleurs.


Les oiseaux endémiques de Polynésie sont en très grand danger
En raison de la plus grande diversité des reliefs et de la végétation, l’avifaune terrestre des îles hautes est plus variée que celles des atolls.

En revanche, à l'exception de quelques îlots volcaniques, les atolls abritent généralement davantage d'oiseaux marins nicheurs qui trouvent dans leurs vastes lagons et autour des îles une nourriture abondante.

Le Martin-chasseur des Gambier ne survit plus que sur le seul atoll de Niau

Les îles de Polynésie française sont aussi une zone d'hivernage importante pour certaines espèces d'oiseaux migrateurs.

Pour terminer ce rapide panorama, plus d'une dizaine d'espèces d'oiseaux ont été introduites sur les îles par l'homme et s'y sont installées avec des conséquences souvent néfastes pour l'avifaune locale.

Rare et peu connu, le martin-chasseur des Marquises ne semble pourtant pas menacé

Au-delà des espèces définitivement éteintes, un certain nombre d’espèces sont aujourd’hui très gravement menacées. Ainsi, par exemple, le monarque de Tahiti, oiseau endémique, n’est plus aujourd’hui représenté que par une trentaine d’individus.

Nous reviendrons dans d’autres articles à venir sur la situation de certaines de ces espèces d’oiseaux en grand danger de disparition.

 

Manu, l’association protectrice des oiseaux de Polynésie

Heureusement, depuis une vingtaine d’années, des hommes et des femmes se battent, avec succès, pour sauver les oiseaux qui peuvent encore l’être.

La société d’ornithologie de Polynésie Manu fut fondée en juillet 1990 par quelques amateurs passionnés. Aujourd’hui, cette association est reconnue par les plus hautes instances scientifiques mondiales et bénéficie de nombreux soutiens internationaux pour mener à bien son travail reconnu d’utilité publique par les autorités polynésiennes.

Aujourd’hui, une fantastique exposition consacrée aux oiseaux de Polynésie se tient à Papeete : Le Festival ornithologique de Polynésie.

Il se tient au mois de septembre à la Maison de la culture Te Fare Tauhiti Nui de Papeete.

Le ‘ura, ou lori de Kuhl, bijou emblématique de Rimatara aux îles Australes

Le site Internet de Manu regorge d’informations de toutes sortes, d’images toutes aussi belles les unes que les autres et permet de suivre avec précision le travail de terrain considérable réalisé par l’association et ses membres. Il propose même des pages spécialement conçues pour les plus jeunes…

Chaleureux remerciements à la société d’ornithologie de Polynésie Manu.

A lire également absolument :
Et bien sûr l’excellent Guide Nature de Anne Gouni et Thierry Zysman : « Oiseaux du fenua » publié par Théthys éditions.



Un article de Julien Gué


mardi 4 décembre 2012

Siliana, ville déserte


Un cortège pour un massacre

          Siliana, après avoir payé de son sang ses trois jours de grève générale, se vide de ses habitants en une longue cohorte. Un événement unique dans l’histoire !

Ce n’est qu’après ces trois jours (27 au 29 novembre 2012) de « massacre organisé » par la répression au pouvoir à la Constituante que l’ONU s’alarme, par la voix de Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l’homme.

Siliana, quand on tire et qu’on y tue

L‘article 6, qui détermine et légitime les droits et actions de la Constituante, stipule bien en effet (Journal officiel du 9 août 2011) que son action aurait dû cesser depuis un mois (soit le 23 octobre 2012). Sauf que le parti islamiste Ennadha veut étendre sa mainmise sur l’avenir civil du pays et renforce jour après jour la nouvelle dictature mise en place illégitimement.

 

Les débordements d’une théocratie sanguinaire

Un bon moment que la marmite bout en Tunisie, que les exactions se multiplient contre les mouvements syndicaux, les partis du pôle citoyen, laïque bien entendu et tendance de gauche.

Il faut remonter aux années Ben Ali pour comprendre le conditionnement des petites gens. Le bannissement des intégristes, suite aux complots, atteintes à l’explosif à l’ordre et défigurations de femmes à l’acide, s’est soldé par un constant bourrage de crâne sur les chaînes venues du golfe.


Métro Couronnes à Paris, les Tunisiens protestent

La relative montée du niveau de vie, ne s’est pas effectuée sans le saupoudrage de capitaux  venus de la même région. Mais aussi, l’accession à force chaînes satellites a créé un phénomène identitaire, par le biais des chaînes islamiques et islamistes. Ce qui explique la confiance naïve (aveugle) d’une partie de la population de l’après-révolution vis-à-vis des partis religieux qui se sont créés depuis le 14 janvier 2011.

C’est dans l’ombre, en s’appuyant sur les signes dogmatiques de reconnaissance que les sectes se sont installées et se sont employées à soumettre les penseurs et créateurs du pays. Ce n’est pas tout à fait le chaos ! Mais ça y ressemble bougrement, cette politique du coup de force, puis du lâcher de lest. C’est insidieux !

Siliana : bonjour les dégâts !

Et c’est sans réaction générale de la Tunisie que l’exécutif déguisé d’Ennadha a commencé à exciser, à intimider, soumettre les petits villages, sabrer, matraquer : notamment les femmes et journalistes défilant à la Fête des Martyrs de l’Indépendance, le 29 avril 2012.

Ainsi que d’autres villes comme Sfax, Gabès, Le Kef, etc., les Tunisiens ont décidé d’éradiquer cette déviance politicarde et de reprendre en main leur sort. Toujours au nom de la loi, entament-ils pourparlers et manifestations pour rétablir le respect des droits de l’homme.

La mémoire culturelle espoir de juin 2011

Il est à noter que Siliana, au lendemain de la révolution de la dignité, a caressé l’espoir du renouveau, suite à la visite en juin 2011 des représentants du gouvernement provisoire. Le passé postrévolutionnaire de Siliana a été des plus chaotiques.

Une politique qui braie sur les ruines de Zama

Ainsi le témoignage recueilli alors par Zohra Abid : « Moncef Khémiri, gouverneur de Siliana depuis peu, a constaté que la région manque presque de tout. (…) A Siliana, tout est priorité. L’enseignement aussi ! Chaque année, 100 élèves au moins réussissent au concours d’entrée au collège pilote, mais faute de moyens, ils n’iront ni aux lycées du Kef ni de Kairouan et s’arrêteront en cours de route. J’en ai parlé au ministre de l’Education. Siliana serait doté d’un collège pilote», a-t-il annoncé. »

Aspiration aussi à une orientation agricole bio à grande échelle, et à une renaissance culturelle assise sur le site antique carthaginois de Zama.

« Le siège de l’association Dar Zama Hannibal érigé sur les hauteurs n’est pas loin des ruines datant du 5ème siècle avant Jésus Christ. Dans l’une de ses trois petites pièces, sur des étalages, on a posé des pots de miel de mille et une fleurs, des sachets de pin d’Alep, du mermez, et autres produits de Jama (l’actuelle Zama).», poursuit le reportage déjà cité.

La nationale de la misère !

Mais la réalité s’avère différente. Isolée, perdue dans les terres et hauteurs du Nord-ouest de la Tunisie, sans emplois, sans vraiment de routes praticables, sans même pouvoir subsister réellement à la crise économique mondiale, Siliana vient de basculer dans l’horreur.

Il est à noter enfin que Moncef Khemiri n’avait pas fait long feu à Siliana et qu’en deux ans de soi-disant gestion, nous sommes au cinquième gouverneur à Siliana !!!!!

L’antique Zama
Sans faire davantage d’allusions préhistoriques car, par misère, certains habitants vivent chichement dans des grottes de la région, se nourrissant de racines, pas encore de rentabilisation du site, comme l’escomptait l’archéologue Ahmed Ferjani.


Bataille de Zama par GeLamBre
Zama : la dernière bataille d’Hannibal
Zama entre dans l’histoire, comme l’issue à 20 ans de conflits : la deuxième guerre punique  entre  Carthage et Rome s’achève en 202 av J-C. Dans cette bataille  de Zama, c’est l’ensemble du bassin méditerranéen qui se trouve confronté, sous l’autorité des deux chefs d’empire et leur système d’alliance.

Les rois numides s’opposant : Syphax s’allie à Hannibal, aidé des mercenaires gaulois et ligures, Massinissa s’allie au romain Scipion surnommé l’Africain. La victoire est romaine.
Devenue à la fin de 2ème siècle av. J-C la plus importante ville de la région, Zama a été le théâtre d’une autre grande bataille opposant Jugurtha au consul romain Metellus. EN 109 av. J-C, la victoire est numide.
La désertion du refus

«Zama comme l’indique son surnom de Regia fut une résidence des rois numides puis capitale du roi Juba 1er au milieu du 1er siècle av J-C et probablement le chef-lieu de la province romaine d'Afrique - Africa Nova - créée par César en 46 av J- C.»

Tarif ? Pas moins de 40 billes de plomb !!!

La bataille actuelle de Siliana est citoyenne ; son destin malheureusement partagé par nombre d’autres villes en Tunisie. La population civile n’a pas été épargnée. Collégiens, familles, enfants ou travailleurs, manifestants ou non, toutes les couches de la population ont été touchées.

Un journaliste étranger, dans l’exercice de son métier, des domiciles de particuliers, même l’hôpital ont été attaqués et arraisonnés inutilement, mais violemment.


Un drapeau ensanglanté
Le tarif ? Ce n’est pas moins de  « 40 billes de plomb dans le corps ». Car les témoins parlent d’acharnement.

Le 1er décembre, le déferlement continue un peu partout. Le Président de la délégation spéciale de Sidi Bou Saïd, tout comme d’autres maires, continuent de protester.

La Tunisie et sa pègre

Qu’elle se déclare ouvertement religieuse ou d’affaire, la pègre tunisienne, bien que minoritaire, renforce ses pouvoirs. Ce n’est pas un hasard que la question palestinienne ait en commun avec la Tunisie, les fonds secrets du Qatar. Le problème étant l’assise de l’illégalité par les puissances d’argent.
 
Dans les manifestations de soutien à Siliana et à la démocratie tunisienne : deux groupes destructeurs se révèlent sporadiquement.

Un avenir rassembleur…
A Paris, dans l’un des quartiers maghrébins par excellence, Belleville. Les barbus balisaient, se tenant au large, se cachant sous leur capuche. Quant aux autres profiteurs, ils n’ont plus rien à perdre et mangent à tous les râteliers.

Les Tunisiens, connaissant leurs ennemis internes, n’ont plus qu’à se construire un avenir.

 

Un article de Monak