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vendredi 21 octobre 2011

L'archipel des Marquises


Les îles de tant de rêves occidentaux 

    
           Par-delà Gauguin et Brel, les îles Marquises forment l'archipel le plus surprenant, et peut-être le plus attachant, de toute la Polynésie française.

Une carte méconnue, mais aux noms tellement évocateurs...
     L’archipel des Marquises est le plus jeune, géologiquement parlant, de la Polynésie française.

    Les premiers hommes à en fouler le sol furent des marins polynésiens, sans doute en provenance des îles Samoa. Cela se passait trois siècles avant notre ère.

Ils eurent 1 900 ans pour développer une société et une culture très particulière puisque le premier Européen à aborder les côtes marquisiennes, l’Espagnol Álvaro de Mendaña de Neira, ne le fit qu’en 1595.

   Aujourd’hui encore, le peuple marquisien se démarque très fortement des autres habitants de Polynésie par un attachement viscéral à une culture et un mode de vie très spécifiques.

Géographie de l’archipel des Marquises 

 

    A 1 600 km au nord-est de Tahiti, l’archipel des Marquises s’étend de 600 à 1 000 km au sud de l’Equateur. Ce sont les îles les plus au nord de Polynésie française.L’archipel est composé de deux groupes d’îles très distincts : les Marquises du Nord, dont l’île principale est Nuku Hiva, et les Marquises du Sud, dont la plus importante est Hiva Oa. 

    Les îles du nord sont au nombre de six, séparées en deux groupes. Les trois principales, Nuku Hiva, Ua Pou et Ua Huka étant les plus grandes, et Eiao, Hatutaa et Motu One, plus petites et plus au nord.

    Les cinq îles du sud, plus petites, se nomment Hiva Oa, Tahuata, Moho Tani (ou Molopu), Fatu Hiva et le rocher Motu Nao.
L’ensemble représente 997 km² de terres émergées.

Taiohae, plus grosse agglomération des Marquises, sur l'île de Nuku Hiva
     Ici, pas de lagon mais des montagnes abruptes aux sommets acérés qui dépassent parfois les 1 100 mètres d'altitude. De profondes et étroites vallées où se sont installées la plupart des villages et quelques plages.

    A l’intérieur des terres, il existe (comme à Nuku Hiva) des plateaux où s’est réfugié l’essentiel de l’agriculture et de l’élevage marquisiens.

    Ce relief particulièrement accidenté propose régulièrement des paysages époustouflants. Ainsi en va-t-il, par exemple, de la cascade Vaipo à Nuku Hiva, deuxième chute d’eau la plus haute du monde avec ses 350 m !

    La plupart des lieux doivent leur nom à la majesté de ces paysages : Hiva Oa, la Grande Crête ; Nuku Hiva, la Crête des falaises ; Fatu Hiva, les Neuf Roches ou la Neuvième Ile ; Fatu Huku, Morceau de pierre ; Ua Pou, les Deux Piliers, sans oublier la surprenante Baie des verges que les missionnaires rebaptisèrent Baie des Vierges…

A Nuku Hiva, l'impressionnante cascade de Vaipo
Les Marquises et l’histoire

     Après l’Espagnol Álvaro de Mendaña de Neira qui découvrit les îles du Sud en 1595, le peuple marquisien fut de nouveau oublié du monde pendant deux siècles. Jusqu’à l’arrivée de James Cook qui y fit alors un séjour de plus d’un mois.

     C’est en 1791 seulement que l’Américain Joseph Ingraham découvre les îles du Nord. Mais deux mois plus tard à peine, le Français Etienne Marchand prend possession de l’archipel au nom de la France et le baptise «Les îles de la Révolution»…
   
     En 1842, Aubert Du Petit-Thouars intègre la totalité de l’archipel aux Etablissements français de l’Océanie. L’annexion est cette fois totale et définitive.

    Les îles Marquises sont incorporées au territoire d'outre-mer de la Polynésie française en 1958, après la victoire du « oui » au référendum.

Le drame des îles Marquises 

 

     Lors de son séjour en 1774, James Cook estime la population marquisienne à environ 100 000 âmes. En 1926, on n’en recensait plus que 2094 ! 

   Les maladies importées comme la syphilis et la tuberculose sont les principaux responsables de cette dépopulation qui a failli provoquer la disparition du peuple marquisien. Lors du recensement de 2007, ils étaient 8 658.

     A ce chiffre, il faut ajouter une importante diaspora basée essentiellement sur Tahiti qui représente sans doute plus de monde que les Marquisiens vivant toujours sur leurs îles.

    Le grand isolement de l’archipel est sans doute son plus grand drame et sa plus grande chance. Les Marquisiens ne doivent sans doute leur survie qu’à l’intelligence et au dévouement de quelques religieuses, mais c’est là une autre histoire…

Les îles Marquises aujourd’hui 

 

     Si l’on peut aujourd’hui aller aux Marquises en avion (plusieurs vols quotidiens sur Nuku Hiva et Hiva Oa), elles restent des îles particulièrement préservées du modernisme galopant qui a tant dénaturé des îles comme Tahiti et Moorea. Le meilleur moyen de découvrir l’archipel reste quand même la goélette (cargo mixte) Aranui qui propose un merveilleux cabotage d’île en île.

 

A Ua Huka, l'idyllique baie de Hane

     Particulièrement bien conservée, la culture marquisienne ne peut que surprendre le visiteur par sa richesse, sa beauté et sa diversité. Il suffit, pour s’en convaincre, de s’intéresser au tatouage marquisien considéré aujourd’hui comme une référence mondiale en la matière.

     Par-delà les mythes de Brel et Gauguin, les Marquisiens forment un peuple fier et accueillant et sont bien la première richesse de l’archipel des Marquises.


Un article de Julien Gué


2 commentaires :

  1. Les prix de l'Aranui étant hyper chers, connaissez vous d'autres voies maritimes plus abordables?

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    Réponses
    1. Chère Pascale,
      Hélas, pour découvrir les Marquises, il n'y a que l'Aranui qui desservent régulièrement toutes les îles de l'archipel. Le paquebot Paul Gauguin y fait une ou deux croisières par an, et c'est tout. D'autre part, il ne faut pas oublier que toutes les îles des Marquises ne disposent pas d'un aéroport...

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