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mardi 27 décembre 2016

2016 it’s over!




What to do with 2017 ?

War, misery, violence, intolerance and egoism are (amongst other horrors) the great victors of the struggles of this year 2016... I can’t imagine that we reproduce this, one more year…

Today, I urge us all, atheists or believers, regardless of the Gods you venerate and the faith communities to which you belong: If, in 2017, you finally apply the precepts that you all claim to be essential in the wisdom of your books, holy or secular?

Do what you say…

In all your speeches, preaching and sermons, there are nothing but fraternity, respect, sharing and love...

 

Yet: you are present on all the battlefields, in all the carnage and mass graves, in all the horrors that the concupiscent media tell us.

 

So, I implore you… instead of following blindly the preachers from all fronts, if you take the time to look at yourself in a mirror to ask you, but really ask you, sincerely: what am I responsible for? What can I do concretely to change things?

 

By way of a greeting card for this year 2017

Because we can, all do something about. Truly!

 

Ia orana ite matahiti api 2017 !


An article of Julien Gué
Translated from French by Monak


Copyright Julien Gué. Ask for the author’s agreement before any reproduction of text or images on Internet, traditional press or elsewhere.


lundi 26 décembre 2016

2016 : C’est fini !




Que faire de 2017 ?

La guerre, la misère, la violence, l’intolérance et l’égoïsme sont (entre autres horreurs) les grands vainqueurs des luttes de cette année 2016… Je ne puis imaginer que nous reproduisions cela encore un an…

J’en appelle aujourd’hui à vous tous, athées ou croyants, quels que soient les Dieux que vous vénérez et les églises auxquelles vous appartenez : Si, en 2017, vous appliquiez enfin les préceptes que tous vous revendiquez comme essentiels dans la sagesse de vos livres, saints ou laïques ?

Faire enfin ce que l’on dit…

Dans tous vos discours, prêches et sermons, il n’est question que de fraternité, de respect, de partage et d’amour…

 

Et pourtant : vous êtes présents sur tous les champs de bataille, dans tous les carnages et les charniers, dans toutes les horreurs que nous relatent les médias concupiscents.

 

Alors, je vous en conjure : au lieu de suivre aveuglément les prêcheurs de tous bords, si vous preniez le temps de vous regarder dans un miroir pour vous demander, mais vous demander vraiment, sincèrement : en quoi suis-je responsable ? Que puis-je faire concrètement pour changer les choses ?

 

En guise de carte de vœux pour l’années 2017

Car nous pouvons tous faire quelque chose. Réellement.

 

Ia orana ite matahiti api 2017 !



Un article de Julien Gué


Tous droits réservés à Julien Gué. Demandez l’autorisation de l’auteur avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.


dimanche 18 décembre 2016

La voix des légendes polynésiennes




Encore un projet étouffé…

Si, dans la société polynésienne, l’oralité est le vecteur fondamental de la transmission des savoirs ancestraux, nombre de ces savoirs sombrent lentement dans l’oubli définitif. Ainsi en va-t-il pour la multitude de contes et légendes que les tupuna* des cinq archipels contaient naguère à leurs huā'ai*…

À la tribune de l’UNESCO, le 1er décembre 1960, le Malien Amadou Hampaté Bâ prononçait ces mots : « … Je pense à cette humanité analphabète, il ne saurait être question de livres ni d’archives écrites à sauver des insectes, mais il s’agira d’un gigantesque monument oral à sauver de la destruction par la mort des anciens qui en sont les seuls dépositaires. Ils sont hélas au déclin de leurs jours. Ils n’ont pas partout préparé une relève normale. En effet, notre sociologie, notre histoire, notre pharmacopée, notre science de la chasse et de la pêche, notre agriculture, notre science météorologique, tout cela est conservé dans des mémoires d’hommes, d’hommes sujets à la mort et mourant chaque jour. Pour moi, je considère la mort de chacun de ces traditionalistes comme l’incendie d’un fond culturel non exploité. L’Unesco peut présentement, avec quelque argent, combler la lacune. Mais dans quelques décennies, tous les instituts et institutions du monde, avec tout l’or de la terre, ne pourront combler ce qui sera une faille culturelle éternelle imputable à notre inattention. C’est pourquoi, monsieur le Président, au nom de mon pays la république du Mali, et au nom de la science dont vous êtes un éminent représentant et un vaillant défenseur, je demande que la sauvegarde des traditions orales soit considérée comme une opération de nécessité urgente au même titre que la sauvegarde des monuments… »

La parole du Malien Amadou Hampaté Bâ

De cette allocution désespérée, il est resté une idée qu’Amadou Hampaté Bâ reprenait dans son livre « Amkoullel, l'enfant Peul » (1991) et qui, depuis, a fait le tour du monde : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».

 

Comment, lisant ces mots, ne pas penser à la Polynésie et à la disparition galopante de tous ses savoirs ancestraux ? Et, parmi eux, à ces innombrables légendes qui nous racontent l’histoire de ceux qui peuplent les cent dix-huit îles polynésiennes ?

 

 

Il faut sauver la mémoire
            Au fenua*, il n’est pas une parcelle de terre où l’homme ait vécu qui ne recèle des trésors de légendes. Et ce sont ces légendes qui nous racontent, pour peu que l’on prenne la peine de les déchiffrer, toute l’histoire du peuple Mā'ohi.

Ce mode de fonctionnement de la mémoire et cette méthode de la transmission du savoir sont à ce point ancrés dans la pensée polynésienne que, il y a quelques années à peine, le plus gros producteur de perles du Pays, Robert Wan pour ne pas le nommer, fit écrire une pseudo « légende de la perle » afin de s’en servir comme support publicitaire pour sa production.

Hélas, comme ailleurs sur la Terre, les téléphones portables, la télévision et l’Internet ont profondément bouleversé les modes de vie des Polynésiens, jusque dans les atolls les plus isolés. Ainsi ont disparu les veillées au cours desquelles les anciens transmettaient ces légendes aux plus jeunes.

Face à ce désastre annoncé, il est quand même quelques personnes qui se sont mobilisées et on tiré la sonnette d’alarme. Au-delà de quelques ouvrages disponibles en librairie et rapportant l’une ou l’autre de ces légendes, le plus gros travail a été initié et entrepris par le Service de la Culture et du Patrimoine.

Le livre de Richard Lévy-Bossi aujourd’hui introuvable
Il s’agit de recueillir, le plus rapidement possible, auprès des matahiapo* toutes les légendes dont ils se souviennent encore. Un travail de titan pour lequel, hélas, il n’existe aucun budget. Ainsi, cette récolte est effectuée ponctuellement par quelques bénévoles passionnés. Pas plus de budget d’ailleurs pour traiter toute cette matière qui s’entasse dans un coin des archives…

Parmi ces bénévoles, il faut citer le remarquable travail de Richard Lévy-Bossi dont une partie a été publié par ‘Una ‘Una dans la collection « Les archives de l’Eden ». Un livre hélas aujourd’hui introuvable.

Les voix de la mémoire
Face à ce bien triste bilan, une idée m’est venue voici quelques années déjà… Enregistrer le plus grand nombre de ces légendes et les diffuser en radio ou en télévision. Et faire ce travail en français et en Reo Tahiti.

Le premier épisode de la légende de Kena
L’idée a fait son chemin et a abouti au concept suivant : une légende racontée en cinq épisodes de 1mn.30 diffusés comme un feuilleton le matin, entre deux journaux d’information et pages publicitaires, lorsque la plupart des gens sont coincés dans les embouteillages… Le week-end, les cinq épisodes étant diffusés en une seule fois.

Contact a donc été pris avec une radio privée locale et une maquette réalisée à partir de la légende de Kena. C’est le même enregistrement original qui accompagne cet article. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un produit fini mais d’un simple brouillon destiné à sensibiliser d’éventuels producteurs et / ou sponsors. Hélas, pour d’obscures raisons indépendantes de ma volonté, l’aventure s’était arrêtée là.

L’intégralité de la légende de Kena par Julien Gué
Bien évidemment, une version vidéo adaptée à la télévision nécessiterait d’autres images que celles utilisées ici dans le seul but d’agrémenter votre écoute. Pourtant, il me semble que ce concept trouverait aisément sa place sur une chaîne désireuse d’offrir une respiration originale et novatrice à ses téléspectateurs.

Vous avez écouté la maquette et y avez pris du plaisir ? Vous avez une idée ou les moyens de permettre à ce projet de voir enfin le jour ? Alors n’hésitez pas : prenez contact avec moi ici ou via ma page Facebook.

Rien ne saurait me faire plus plaisir que de permettre à ces merveilleuses légendes polynésiennes de connaître une nouvelle jeunesse !


Un article de Julien Gué

Lexique :
Tupuna : les aïeux ; les anciens ; par extension, les vieux.
Huā'ai : les descendants.
Fenua : Ile, pays. Mais aussi : Terre, domaine, propriété ainsi que Terre, séjour des hommes.
Matahiapo : aîné

Tous droits réservés à Julien Gué. Demandez l’autorisation de l’auteur avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.