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samedi 22 octobre 2011

Un dimanche à Tahiti



Les douceurs dominicales du paradis polynésien

     En Polynésie, le dimanche, temples et églises sont pleins d'une foule bigarrée dont la journée est consacrée au culte et aux plaisirs simples de la famille.

     Les premières lueurs du jour diluent lentement les stigmates de la nuit. Robes provocantes, strass, paillettes et maquillages outranciers laissent progressivement la place aux robes missionnaires, paréos colorés, costumes sombres et chapeaux de toutes sortes. Nous sommes dimanche, il est quatre heures du matin, le marché de Papeete vient d’ouvrir ses portes.

Les premières lueurs de l'aube et déjà la foule au marché de Papeete

A Papeete, le dimanche commence au marché


    Les couleurs flamboyantes des étals des maraîchers se disputent les regards avec ceux des poissonniers. Caramboles et corossols font de l’œil aux carangues et autres mahi-mahi alors qu’un peu plus loin, les étals des bouchers se disputent les chalands avec ceux des traiteurs chinois ou polynésiens.

     A l’autre bout du bâtiment, c’est le délirant mélange des odeurs et des couleurs des nombreuses fleuristes qui nous fait tourner la tête. Ivresse presque aussi entêtante que celle que nous offre un quatuor déchaîné de ukulele très kaina. Pénétrer dans cette partie du marché, c’est un peu comme remonter dans le temps. Vêtues de pareo savamment noués, la tête couronnée de fleurs de tiare ou d’hibiscus, d’opulentes mama aux sourires éclatants dansent et chantent aux milieux de ce feu d’artifice de fleurs insensées.

     Juste à côté de ce jardin des délices, ce sont les artisans de toutes sortes qui nous présentent leur travail : bijoux de coquillages parsemés d’inévitables autant qu’improbables perles noires des Tuamotu côtoient les sculptures marquisiennes, les merveilleux chapeaux et autres paniers en vannerie des Australes, pareo multicolores peints à la main… On ne sait plus où poser les yeux dans cet incroyable fouillis…

Les fabuleux étals de fruits des marchés polynésiens

   Les bras chargés de victuailles, de fleurs et de cadeaux, la foule endimanchée se presse : aujourd’hui, le marché fermera ses portes à huit heures afin que chacun, chaland comme marchand, ait le temps de se préparer pour aller à la messe que nul ne saurait manquer. La fête viendra après…

La ferveur de la foi…


   En Polynésie française, la religion (quelle qu’elle soit) joue un rôle fondamental. Le culte du dimanche est un événement qui impose une tenue de fête. Nul doute que le temple Paofai, sur le front de mer, est l’endroit idéal pour assister à un office chanté de toute beauté.

Propre comme un sou neuf, le temple Paofai attend les fidèles

     Discrètement installé à la tribune, on surplombe une nef bondée. A gauche, les costumes gris ou noirs des hommes, têtes nues. A droite, les robes blanches ou fleuries des femmes, têtes ornées de chapeaux somptueux… Pasteurs et diacres officient essentiellement en tahitien, mais qu’à cela ne tienne : la ferveur est palpable et les nombreux chants sublimes. Et même si l’on peut regretter la présence d’un piano électrique et d’une boîte à rythmes amplifiés, les voix comme les mélodies, polynésiennes jusqu’à la moindre note, font vibrer l’air autant que les cœurs.

Et les incroyables chapeaux des mama chantantes !

…et la douceur de vivre !


     Après la cérémonie, et une fois sacrifié au long rituel des mondanités, chaque famille se dirige maintenant vers le lieu des agapes dominicales. L’essentiel a été préparé la veille ou acheté tout prêt au marché ce matin. Le tamara du dimanche occupera le reste de la journée, que ce soit en famille ou avec des amis, à la maison ou au bord du lagon, voire sur un motu familial… Manger, rire, chanter, danser… C’est peut-être bien dans ces dimanches enchantés que le peuple Polynésien montre le mieux son vrai visage. A aucun moment, l’énorme travail que nécessite le bien-être d’une telle assemblée ne se voit : seuls la joie de vivre et le bonheur d’être ensemble ont droit de cité.

     Je me dois de vous faire un aveu ; c’est en vivant pour la première fois une telle journée que j’ai réalisé avoir trouvé le paradis polynésien. Il ne réside ni dans les plages ni les lagons : ce sont les gens qui rendent ce pays merveilleux.

Lexique :
mahi-mahi : dorade coryphène
kaina : local et populaire
mama : terme affectueux pour désigner les mères de familles
tamara : grand repas de fête
motu : ilet faisant partie de la barrière de corail



Un article de Julien Gué


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