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mardi 2 octobre 2012

La Polynésie française, un pays du tiers monde ?


L’enquête qui fait peur

La première (et dernière) enquête officielle sur la pauvreté réalisée en Polynésie classe le pays au niveau des pays d'Amérique du Sud ! Pourquoi un tel décalage avec la France ?

Pour la première fois dans l’histoire de la Polynésie française, une enquête officielle, menée par TNS-SOFRES, a été réalisée auprès de la société polynésienne.

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de rappeler que la Polynésie fait partie intégrante de la République française et que, à ce titre, les Polynésiens sont théoriquement des Français à part entière.

Une revendication polynésienne symptomatique
Ce petit rappel étant fait, les premiers résultats de cette étude, réalisée en août 2009, ont été rendus publics le 10 mars 2010. Le mythe du « paradis polynésien » s’en relèvera-t-il ?

Les Polynésiens deux fois plus pauvres que les Français métropolitains
Le chiffre le plus frappant est le suivant : en Polynésie française, 27,6 % des Polynésiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté monétaire, soit plus du quart de la population !

A titre de comparaison, en France métropolitaine, c’est 13 % de la population qui vit en dessous de ce seuil.

Une image beaucoup trop fréquente à Tahiti
La première conséquence de cette situation dramatique, toujours selon cette même enquête, c’est que 5,1 % des Polynésiens répondent aux critères internationaux de l’exclusion sociale. Un tel pourcentage ramené à la population française de métropole signifierait que plus de trois millions trois cent mille Français seraient considérés comme étant exclus de la société !

La fiscalité en Polynésie française
Il est une idée fausse qui veut que, en Polynésie française, on ne paie pas d’impôts. La seule chose qui soit vraie, c’est que les Polynésiens ne sont quasiment pas soumis à l’impôt sur le revenu.

Ainsi, toute la fiscalité du pays repose sur les taxes (dont la TVA), l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il est le même quel que soit votre revenu.

Le niveau cumulé des différentes taxes appliquées sur les prix de vente en Polynésie est, globalement, très légèrement supérieur à la fiscalité totale pratiquée en France métropolitaine (impôts directs et indirects cumulés). Là où le bât blesse, c’est qu’un certain nombre de charges n’incombent pas au budget de la Polynésie mais à celui de la France.

Les dépenses polynésiennes assumées par la France
Sont payées directement par l’Etat français les dépenses suivantes :
     La totalité des salaires du personnel de l’Education nationale (enseignants, administratifs et techniques) et les dépenses liées aux installations scolaires (collèges, lycées, etc.) ainsi qu’à leur équipement et à leur fonctionnement ;
     La totalité des dépenses de sécurité intérieure (police nationale et gendarmerie) ;
     La totalité des dépenses liées à la sécurité du territoire (armée) et à la diplomatie.

            A cela s’ajoute la D.G.D.E. (Dotation globale de développement économique) dont le montant, pour 2010, est de 135 millions d’euros.

Autrement dit, avec une pression fiscale supérieure à celle exercée en France métropolitaine, le gouvernement a beaucoup moins de dépenses à assumer. Et pourtant, le résultat est sans appel : il y a (proportionnellement) deux fois plus de pauvres en Polynésie qu’en métropole !

Tahiti, le paradis des inégalités
L’autre point particulièrement choquant de cette enquête est le chapitre qui traite de la répartition des richesses.

Logement social polynésien...
En 2009, les 20 % de ménages les plus riches de Polynésie française captent 47 % des revenus tandis que les 20 % de ménages les plus pauvres s’en partagent à peine 6 %. En clair, cela veut dire que, sur une tablée de dix convives, deux mangeraient la moitié des plats servis.

L’indice de Gini (qui mesure les inégalités) est de 0,40 en Polynésie. Sur la grille de cet indice, le 0 signifie l’égalité parfaite, c'est-à-dire que tout le monde a le même revenu. Et le 1 du même indice signifie l’inégalité totale. Autrement dit, une personne a tout et les autres rien.

A titre de comparaison, celui de la France métropolitaine est de 0,29.

La Polynésie et ses pauvres
Le dernier point qui ressort de ce rapport et qui est au moins aussi choquant que ce qui précède concerne les mécanismes de compensation. Autrement dit, les prestations sociales diverses.

En Polynésie, les aides publiques et sociales représentent moins de 10 % des revenus des 10 % des ménages les plus pauvres. En France, ces prestations représentent 35 % des revenus de ces mêmes 10 % de ménages les plus pauvres.

Et un fare comme il y en a tellement...
Pourtant, la solution n’est pas inaccessible. On estime en effet qu’il suffirait de transférer 4,3 % des revenus des ménages non pauvres vers ces derniers pour que plus personne ne soit en dessous du seuil de pauvreté en Polynésie française.

On est en droit de se demander pourquoi cela n’est pas fait…

Un article de Julien Gué

2 commentaires :

  1. les trois font la paire...
    j.Gay
    et boules de billard

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  2. Je pense que c'est la situation géopolitique de la Polynésie française qui la rend si fragile. De plus, géographiquement, elle est loin de la France, donc je pense qu'il faudrait plutôt comparer ces résultats avec ceux de La Réunion pour voir si c'est réellement incongru.

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