Ce blog est présenté par
--- Publicité ----

mercredi 24 octobre 2012

Le 23 octobre 2012 à Tunis



La révolution volée

 

Outrageux silence médiatique sur la façade nord de la Méditerranée. L’hexagone roupille et fait la sourde oreille à la porte démocratique que la Tunisie s’est faite claquer au nez en cette fin de Constituante annoncée.

L’échéance d’un an, certifiée par la troïka en début d’exercice, s’est vue confisquée pour une prolongation illégitime qui prend l’allure d’un coup d’Etat.

Les élections pipées 
La veille du 23 octobre, le siège du gouvernement s’est entouré de murs d’enceinte et s’est érigé de barbelés, soutenu par la présence de l’armée. La veille encore, black out total des chaines de télévision… Le scénario est bien connu. Restent en première ligne, les protestataires et leur isolement.

 

La Tunisie paisible ?

Ce même 22 octobre, les manifestations pacifiques, largement suivies n’ont fait qu’entériner une situation plus que grave de soumission aux forces occultes. Les appels à la Non-violence ne servant que de constat à la violence grandissante, elle a envahi tous les secteurs institutionnels : de l’éducation à la justice, la victime devient l’accusée ; du vêtement à l’opinion, un ratissage monolithique ; de l’égalité à la diversité, se profile la théocratie.

Suite au sabotage du fait artistique, répond l’assassinat des leaders politiques de l’opposition démocratique (Nida). Et en sous-main des exactions des hordes sectaires et de la police, se congratule l’incompétence des élus de pacotille.

Le radotage contre la violence (22 oct)
La paix en est-elle préservée pour autant ?  Les prochains jours nous le diront. Toujours est-il que le « tanbir tounsi » - rabâchage des révolutionnaires de la dernière heure- fait stagner la situation depuis des mois.

Une fin avortée

Il semble que suite aux admonestations proférées par la Troïka et Ennadha à l’encontre de tout mouvement contestataire, les partis démocratiques et la société civile aient renoncé à la mobilisation.

Le dessin du jour : Dégage

En ce matin du 23 octobre 2012, les médias tunisiens et les réseaux internet ont largement alerté sur les risques imminents d’affrontement. En début de journée, des échauffourées avaient secoué Gabès, ville emblème d’une région ouvrière à problème, et donc militante.

D’une part, la manifestation de masse, chaude, mais sans véritables incidents, aux cris de « Dégage ». De l’autre, autour de l’Assemblée Nationale Constituante, trois cents fidèles, difficilement rameutés par Ennadha.

Manifestation anti-gouvernementale du 23 octobre
 La rue s’est affirmée face au gouvernement s’accrochant à son siège. Et la vigilance est devenue son mot d’ordre. De quel pouvoir réel de persuasion dispose-t-elle ? Nul ne le sait.

 

La dérision thérapeutique

Faute de mieux, le net se gausse depuis deux jours. Absence presque générale d’opinion, l’heure est à la blague. Des plus anciennes aux récentes, on ne saurait se consoler du traumatisme :

Pour exemple : « (parue le 4/03/2012) Un homme va au ciel et rencontre un ange à côté de plusieurs horloges ; il demande "ça sert à quoi?" L'ange répond : "L'aiguille bouge à chaque fois que quelqu'un ment". L'homme dit : "Où est celle de Rached Ghannouchi?" L'ange répond : "On s'en sert comme ventilateur". Haaaaaaaaaaaaaaaa, el fahem yéfhem (Comprenne qui pourra) »

Super Tunisian, c’est pour demain ?
Mais ce qui est paradoxal, c’est que Super-Tunisian, l’héroïne de la révolution en marche, la vidéo sur les performances de l’artiste  Moufida Fedhila en campagne pour conscientiser ses semblables est sélectionnée au festival Impakt à Utrecht au Pays-Bas ! Mais que dans le même temps :

« Quand des longs métrages comme Maudit soit le phosphate de Sami Tliliet (meilleur film documentaire du monde arabe au festival du cinéma d'Abu Dhabi), Babylon" de Ismael Youssef Chebbi, Alaedine Slim et Ismail (Grand prix de la compétition internationale au FID Marseille) sont hors-compétition... et un film comme Fallega 2011 de Rafik Omrani (grand prix de la 5ème édition de Miroirs et cinémas d’Afrique) ne figure même pas dans la sélection... je vous laisse le soin de juger de la crédibilité des Journées Cinématographiques de Carthage » (Wassim Ghozlani).

Concluons avec le programme d’El Teatro qui débute dès le 24 par le Concert de Baziz et Bendir Man sur ce titre prometteur : « DORENAVANT, TOUT SERA COMME AVANT ? »

L’insolence est encore au pouvoir.

 

Un article de Monak

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Cet article vous a fait réagir ? Partagez vos réactions ici :