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samedi 4 février 2017

FIFO 2017




Tahiti, centre du monde documentaire

Pour la quatorzième année, Tahiti accueille le cinéma documentaire du Pacifique. Incontestablement, avec le Heiva i Tahiti, l’autre événement de la saison culturelle en Polynésie française. Mais que nous réserve cette nouvelle édition ?...

Nous n’entrerons pas avec cet article dans l’énumération du programme de ce FIFO 2017. En effet, l’intégralité des projections, des ateliers, débats et conférences est parfaitement présentée sur la page web du festival. Pour tout savoir dans le détail, il vous suffit donc de cliquez ici : Tout sur le 14ème FIFO.

On regrettera toutefois que (et l’on se demande d’ailleurs bien pourquoi) seuls les films en compétition bénéficient d’une bande annonce, à l’exclusion de tous les autres.


Organisation et jury
Cette édition est marquée par un certain nombre de changements, tant dans l’organisation que dans les orientations de la manifestation.

Le 14ème FIFO se présente…
Premier élément majeur : l’effacement cette fois total du fondateur de la manifestation Wallès Kotra. Si l’événement était annoncé et préparé depuis deux ans, l’homme était bien présent en 2016, même s’il n’occupait plus de fonction officielle. Évidemment, tous nos vœux l’accompagnent dans ses nouveaux challenges, et qu’il sache que nous regrettons déjà son influence et sa marque si particulière.

Autre événement, l’accession de Miriama Bono à la présidence de l’AFIFO (Association du Festival International du Film documentaire Océanien). Cette artiste polynésienne reconnue œuvrait déjà depuis quelques années à des postes moins en vue de l’organisation. Nul doute que sa présence devrait, à terme, se traduire par des changements. L’avenir nous dira lesquels.

La présidence du jury est, elle, revenue à Stéphane Martin, ci-devant président du Musée du Quai Branly (depuis 1998) et qui fut déjà membre de ce même jury à quatre reprises.

Retour sur le « mythe du cargo »
On notera également avec jubilation la nomination au statut de juré de l’écrivaine polynésienne Chantal Spitz dont la présence, n’en doutons pas, devrait animer les débats… Une Chantal Spitz que l’on retrouvera avec plaisir dans le film de Cybèle Plichart (hors compétition) « Te reo tumu – La langue maternelle ».

Au risque de paraître quelque peu fat, signalons avec plaisir la soirée spéciale « Al Dorsey». Une co-production franco-polynésienne dont les deux premiers épisodes seront présentés en avant-première au FIFO le samedi 11 février à partir de 19h 30. Un véritable événement puisque la dite série fut tournée au fenua en 2016 et que votre serviteur eut le plaisir d’y interpréter un petit rôle…

« 100 Tikis » pour une histoire originale
Pour clôturer ce chapitre, un léger bémol tout de même : Il nous sera impossible cette année de voir tous les films présentés, et donc de vous rendre compte de manière exhaustive de ce FIFO. La raison en est simple : l’organisation, depuis cette année, ne délivre qu’une seule accréditation par média ce qui, pour une structure web comme la nôtre qui ne compte que deux journalistes avec un seul moyen de transport, rend irréalisable la couverture totale de l’événement. Et c’est bien dommage…


À propos de la sélection
Premier constat, la sélection des films en compétition présente, cette année, la particularité de n’être sous-tendue par aucune thématique ou orientation, ce qui la rend un peu difficile à appréhender. Mais pourquoi pas…

Deuxième constat : un seul film polynésien en sélection officielle. Et ce n’est certes pas lui qui créera le débat ou la polémique. Ni par son sujet, ni par la manière dont il est traité, ni par la personnalité « artistique » de son réalisateur. Il y a bien « Bon baisers de Moruroa » de Larbi Benchiha qui pourrait hérisser quelques poils. On aurait toutefois préféré que le sujet soit traité par un Polynésien plutôt que par un Français de métropole. Pour comparaison, il y a trois films polynésiens parmi les films hors compétition.


A Guam, l’histoire est un combat au présent
Après avoir visionné l’intégralité des bandes annonces, et sans préjuger de ce que sont réellement les films présentés en deux ou trois minutes maximum, il nous reste comme une espèce de fadeur en bouche. Rien dans tout cela qui soulève réellement l’enthousiasme (comme ce fut le cas lors d’éditions précédentes) et pousse les festivaliers à réserver la case en priorité dans leur emploi du temps de fifoteur assidu.


Les films à voir cette année
Malgré les réserves ci-dessus (qui ne demandent qu’à être contredites !) Quelques films de la sélection officielle ont retenu notre attention :

-                           « Waiting For John » de Jessica Sherry. Le mythe du cargo et l’inénarrable John Frum vus du point de vue d’une américaine : voilà qui devrait pour le moins interroger les Ni-Vanuatu.

-                           « 100 Tikis » de Dan Taulapapa Mac Mullin, des Samoa américaines, est très certainement le film le plus original et le plus étrange de la sélection, essentiellement par l’originalité de son traitement de l’image et du montage. De fait, la bande annonce nous a fait saliver…


-                           « War for Guam » de Frances Negron Muntaner (USA). Encore une page de l’histoire coloniale totalement méconnue et pas vraiment à l’avantage des grands puissances occidentales, en l’occurrence le Japon et les USA. Le combat du peuple Chamorro mérite au moins que l’on s’intéresse à leur histoire et leur avenir…

« The opposition » ou la fable du pot de terre version Pacifique
-                           « The opposition » de Hollie Fifer (Papouasie Nouvelle-Guinée – Australie) traite d’un sujet récurent dans nos paradis insulaires du Pacifique Sud : le combat d’une population contre un pouvoir en place au service des intérêts financiers de promoteurs immobiliers. Le sujet n’est pas nouveau, mais les colères s’amplifient en face de ces abus…


Fifotez : il en restera toujours quelque chose !
Le 14ème FIFO commence ce samedi 4 février 2017 par la 8ème nuit du court métrage océanien, la délicieuse occasion de voir toutes sortes de films autres que des documentaires : fictions, animations, etc. Et pas de raison de s’en priver puisqu’en plus c’est gratuit !

Pour le reste, nous vous donnons rendez-vous dans les salles obscures de Te Fare Tauhiti Nui toute la semaine et, bien sûr, le vendredi 10 février pour l’annonce du palmarès et la remise des prix.

Excellent FIFO à tous !...


Un article de Julien Gué


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