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vendredi 29 mars 2013

Le Tiare Apetahi



Une fleur va mourir

 

Le Tiare Apetahi, plante endémique d'un seul sommet de l'île de Raiatea, est gravement menacé de disparition.

Perdue au cœur du plus grand des océans, dans les Îles-sous-le-Vent, se trouve la petite île de Raiatea.

Sur cette île paradisiaque, une montagne, du haut de ses 1 017 mètres, domine les eaux magiques du lagon. Sur les flancs de cette montagne, nommée Tefatua, se trouve un plateau appelé Temehanirahi. C’est là, sur ce plateau, à 772 mètres d’altitude, que pousse l’une des fleurs les plus célèbres et les plus rares du monde : le Tiare Apetahi.

Sur le mont Temehanirahi, territoire du Tiare Apetahi
Menacée par la pollution et les hommes, cette fleur mythique, victime de sa légende, a été décimée par la convoitise des hommes. Aujourd’hui, elle est en grand danger de totale disparition.

 

La légende du Tiare Apetahi

Le Tiare Apetahi serait né d'un funeste incident.

Pour s’être disputée avec son tane Apetahi, une femme de pêcheur se donne la mort au sommet du mont Temehanirahi. Au préalable, elle s'ampute un bras qu'elle place dans un trou, main vers le ciel.

Le lendemain, au lever du jour, des promeneurs, à la recherche de bambou et ayant passé la nuit au sommet du mont, sont réveillés par de petits bruits secs… Regardant autour d’eux, ils découvrent un étonnant spectacle : des fleurs blanches en forme de mains ouvertes éclatent sur tout le plateau, le couvrant d’une magie blanche à l’odeur entêtante… Ils la baptisent du nom de Tiare Apetahi, ce qui veut dire : "un seul côté".

Tiare Apetahi du mont Temehanirahi

Averti, le mari se rend sur place, déterre une fleur qu'il tente de replanter dans son jardin en souvenir de sa femme. Il recommence mille fois, mais jamais la fleur n’accepte de fleurir ailleurs que sur le plateau…

 

Le Tiare, emblème de la Polynésie française

Qui n’a pas à l’esprit le visage d’une vahine en pareo, une fleur de tiare délicatement posée sur l’oreille ?

Le Gardenia Tahitensis ou Tiare Tahiti
Chaque arrivant en Polynésie française se voit remettre un collier de fleurs de tiare ou tout simplement une fleur de tiare que l'on place derrière l'oreille. Si les femmes portent cette fleur épanouie (de même que la fleur d'hibiscus), les hommes ne la portent qu’en bouton.

            Présent dans une grande partie du Pacifique insulaire (jusqu’au Vanuatu), le tiare, de son nom scientifique Gardenia tahitensis, est un arbuste aux fleurs délicates et au parfum inoubliable. Au point que cette fleur est devenue l’emblème de la Polynésie française, mais aussi celui des îles Cook.

Il existe une multitude de variété de tiares en Polynésie. Il en est à cinq, six ou huit pétales. Il en existe aux fleurs blanches, nacrées, ourlées de rose ou de rouge…

Le Tiare Apetahi voyage grâce à la poste polynésienne
Le tiare est présent dans tous les jardins de Polynésie, mais aussi dans les rues, les espaces publics et, bien sûr, dans la nature.

Mais le Tiare Apetahi ne ressemble à aucun autre.

 

Le Tiare Apetahi

Le Tiare Apetahi est unique, d’abord parce qu’il est endémique d’un petit bout de montagne de l’île de Raiatea, mais il l’est aussi par sa forme unique et très particulière.

Alors que tous les autres tiare connus présentent une corolle circulaire fermée, le Tiare Apetahi fait penser à une main ouverte, les cinq doigts écartés.

Les cinq pétales du Tiare Apetahi en fleur et en bouton
Il l’est également par le nombre de ses pétales : alors que tous les autres tiare ont un nombre pair de pétales, lui en a invariablement cinq.

 

Le Tiare Apetahi gravement menacé de disparition

Le Tiare Apetahi est en voie de disparition. Les chiffres sont terrifiants : en octobre 2008, seuls quelques plants subsistaient sur le plateau du Temehanirahi. Il se dit aussi que quelque deux cents plants seraient préservés dans une réserve naturelle interdite au public, mais cette information n’est pas vérifiée. Elle est d’autant plus sujette à caution que toutes les tentatives, sans exception, de faire pousser cette fleur étonnante ailleurs que dans son micro environnement naturel ont échoué.


Aujourd’hui, il faut un guide agréé pour contempler le Tiare Apetahi
Bien sûr, parmi les responsables de cette catastrophe écologique (parmi tellement d’autres), il y a la pollution et les changements climatiques. Mais les véritables responsables sont, d’abord, les promeneurs qui les cueillent pour leur plaisir égoïste et inconscient. Ensuite et surtout, le Tiare Apetahi est victime des braconniers qui revendent cette fleur unique et symbole de l'île de Raiatea.

 

Un espoir de sauver le Tiare Apetahi ?

En janvier 2005 est créée l’association Tuihana, dont le but, volontairement vague, est « d’organiser et de soutenir des actions de protection, sauvegarde et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel de l’île de Raiatea ».

Depuis 2007, Tuihana a engagé un programme de sauvegarde du Tiare Apetahi. Aujourd’hui, il semble que son action commence à porter ses fruits.

Le Tiare Apetahi dans son milieu naturel sur le mont Temehanirahi
Ce travail avait commencé par la sensibilisation de la population de l’île, la création d’un espace protégé, des excursions avec un guide connaissant parfaitement la fleur, et chargé autant de la protéger des visiteurs que de former ces derniers pour qu’ils deviennent, eux aussi, des défenseurs de cette fleur somptueuse. Les chiffres résultant de ce travail de titan devenaient plus qu’encourageants.

Nous n’en sommes plus là aujourd’hui : le nombre de plants diminue de manière plus que préoccupante : « En l’espace de 10 ans, on est passé de 3000 plants de tiare apetahi recensés à 260 plants. Si ce chiffre n’éveille pas la conscience, et n’éveille pas dans chacun d’entre nous le besoin de le conserver, il ne reste plus qu’à continuer comme ça et,dans 10 ans, on arrêtera de parler de l’Apetahi », a déclaré (début 2013) Jacky Bryant, ministre de l’environnement.

Non, les Tiare Apetahi ne sont pas tous blancs…
Les sanctions prévues par la loi ont été récemment sérieusement aggravées par l’Assemblée de Polynésie, mais sans les moyens humains et financiers pour faire respecter la loi en question…

Un article de Julien Gué


Tous droits réservés à Julien Gué. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction du texte ou des images sur Internet ou dans la presse traditionnelle.

4 commentaires :

  1. Mauruuru roa no teie parau api e mea peapea toa. Eaha ia te ravea e nehenehe ia tatou note faaora mai iteie TIARE. Est ce possible svp de m envoyer mes mails sur fetia@mls.nc aussi. Nana. Te Aroha ia rahi. Te Apa atu nei to Taratoni ia outou pauroa.

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  2. Iaorana to te fenua, je suis intéressée par les nouvelles de cette Tiare notre emblème comme j'avais quittée à l'âge de 16ans donc je compte sur vous pour recevoir des nouvelles! !!!! ! Nana te Apa atu nei. Mauruuru roa.

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  3. C'est formidable Julien Gué de nous informer ainsi ..Que pouvons nous faire concrètement pour aider a la sauvegarde de cette magique plante endémique que nous aimons tous ?

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    1. Pour apporter votre soutien à ceux qui se battent au quotidien pour sauver cette fleur merveilleuse, le plus simple est de vous mettre en contact avec l'association Tuihana à Raiatea.

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