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mardi 5 février 2013

Le pareo polynésien


Un symbole vestimentaire

pour Tahiti et ses îles


  Au même titre que le bleu des lagons ou la beauté des vahine, le pareo est indissociable du rêve polynésien...

Tout comme mana, tabou et quelques autres termes tirés du polynésien, le mot pareo a fait le tour de la terre. Ce mot magique, évocateur de Tahiti et de ses vahine, fait aujourd'hui partie du patrimoine mondial. En Polynésie française, il est au-delà des modes, des sexes et des classes sociales. Le pareo est au-delà du temps, tout simplement.

Pareo au marché de Papeete à Tahiti
Le pareo, c’est le vêtement dans son expression la plus simple et la plus pure.

 

Du pagne végétal des ancêtres au pareo moderne

Les pagnes des Polynésiens avant l’arrivée des occidentaux étaient fait de tapa, une fibre végétale tirée de l’écorce de certains arbres ou arbustes, assouplie par macération et battage et utilisée comme tissu.

Ces pareo anciens étaient décorés de figures géométriques ou de motifs floraux, reproduits à main levée ou à l'aide de matrices de bois gravés. Les pigments naturels utilisés provenant de terres colorées ou d'extraits végétaux.

A la fin du XIXe siècle, les cotonnades européennes ont d’emblée séduit les Polynésiens et ont été mises au goût du moment. Il faut préciser que dans le même temps, en Polynésie, la fabrication du tapa était interdite par les occidentaux.

Un couple portant le pareo sur ses habits de ville
Aujourd'hui, un pareo est un coupon de tissu léger d’environ 1,80 m sur 1,10 m.
Savamment enroulé autour du corps en fonction des besoins, il est idéal pour tous les moments de la journée.

Dessins et couleurs ont rapidement symbolisé l’archipel qui les avait adoptés. Mais attention : si les chemises à fleurs sont hawaïennes, les pareo sont, eux, bien tahitiens.

 

Le pareo et la mondialisation

La renommée du pareo dépasse très largement les frontières de la Polynésie française : il est présent dans tout le Pacifique Sud, des îles Fidji à Rapa Nui (l'île de Pâques).

Mondialisation oblige, les artisans locaux sont copiés par des fabricants de pays à forte industrialisation dans le domaine du textile. ce phénomène tend à uniformiser la production, au grand dam des touristes en croisières qui, voguant des Fidji à Tahiti, doivent se contenter des mêmes modèles… Une seule variante : le prix !

Homme en pareo pour le Heiva à Tahiti
Ainsi, le même pareo fabriqué généralement à Bali est vendu sur les marchés là-bas jusqu'à 15 fois moins cher que sur le marché de Papeete à Tahiti, frais de transports, taxes et niveaux des salaires obligent...

 

Le pareo, à la mode ou au-delà des modes ?

Ne vous y trompez pas : si le pareo n'est ni un pantalon, ni une robe, ni une jupe, ni même un pagne, il est plus que cela. En effet, il remplit toutes ces fonctions à la fois. Il se plie au désir de celle ou celui qui le porte.

Bien plus qu'un vêtement, il sert de natte pour la plage, de tenture murale et de couvre-lit à la maison, de housse pour les sièges de la voiture et de bien d'autres choses encore...

Les pécheurs de chevrettes dans l'eau fraiche des ruisseaux le nouent à leur taille et s'en servent comme épuisette et, les week-ends, les routes sont jalonnés de pareo étendards noués devant les fare pour indiquer que la bringue ou tout autre événement se situe bien là.

Porteur de fruits et légumes en pareo à Tahiti
Jusqu'à finir ses jours entre les mains des vahine, découpé en carré pour presser la pulpe de coco et en extraire le lait.

Toutes les splendeurs du fenua, la terre polynésienne, sont représentées sur ce merveilleux vêtement : les fleurs aux couleurs éclatantes, les poissons aux reflets étincelants, les montagnes et lagons des îles polynésiennes. Les motifs de tatouage s’y étalent ainsi que les cartes des îles et des atolls aux noms évocateurs de rêves paradisiaques.

Quelle que soit l'époque, les pareo sont toujours à la mode. De l'une à l'autre, ils se parent de franges, de broderies, s’enrichissent de sequins tintant à chaque mouvement...

 

Porter le pareo : tout un art

Le pareo est unisexe.

Les hommes le nouent à la façon d’un short moulant qui leur permet de nager ou de monter aux cocotiers pour y chercher les précieuses noix.

Coquet ou sexy, le pareo à Tahiti !
Les femmes, elles, l’adaptent à tous les moments de la journée et le gardent même quand la fraîcheur du soir se fait sentir.

Il y a de multiples façons de s’en draper et des livres entiers sont consacrés à cette délicate opération.

Le pareo se porte serré autour de la taille, drapé et noué autour du cou, en dos nu, attaché sur une épaule et se terminant comme une robe longue. La coquetterie et l’ingéniosité sont infinies.


L’art de porter le pareo sous toutes ses formes
Mais attention : il se noue sans boucle, sans épingle, sans système d’aucune sorte. Il est serré et ajusté au rythme des mouvements durant la journée et il est mis à rude épreuve quand vient la nuit et que toute l’énergie est dédiée à la bringue et à ses tamure endiablés.

En Polynésie française, il n'est pas une maison, pas une personne qui n'ait dans sa garde-robe quelques pareo tant il fait partie intégrante du mode de vie.

 

Artistes et pareo

Les tableaux des peintres, les photographies, les cartes postales le mettent toujours à l’honneur tant il est présent dans le quotidien polynésien, évocateur de confort et de bien-être.

Vahine en pareo de Paul Gauguin
Que ce soient Pierre Loti en littérature ou Paul Gauguin en peinture, de très nombreux artistes ont décrit ou peint le pareo, le rendant indissociable du mythe de la vahine.


Un article de Richard Lévy-Bossi


Lexique :
Chevrette : crevette d'eau douce
Fare : maison
Heiva : fête annuelle célébrée en juillet
Tamure : danse de Tahiti
Tapa : tissus de fibre végétale
Vahine : femme
Pour visiter une des dernières fabriques de pareo à Tahiti :


Tous droits réservés Richard Lévy-Bossi et Julien Gué (pour les photos). Demandez l'autorisation des ayant-droits avant toute reproduction du texte ou des images sur Internet ou tout autre support.


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