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vendredi 23 mars 2012

Petite histoire de l'île de Pâques

L'île des Moaï et des légendes

Aujourd'hui rattachée au Chili, elle s'appelle en réalité Rapa Nui (la grande rame) depuis le XIXe siècle. Mais elle a connu d'autres noms et bien des vicissitudes.

Lors de la colonisation espagnole en 1770, elle fut baptisée île San Carlos. Mais on lui connaît au moins deux autres noms plus anciens: Mata Ki Te Rangi, ce qui signifie «les yeux qui regardent le ciel» et Te Pito O’te Henua: «l’utérus de la terre».

Rapa Nui ne compte qu’un seul village
Bien que connue dans le monde entier par les légendes liées aux célèbres Moaï, l’Île de Pâques mesure à peine 16.628 hectares. Elle est aussi la terre habitée la plus isolée de la planète puisque la côte la plus proche, en l’occurrence le Chili, se trouve à 3.700 km!

L’annexion par le Chili

Ce n’est qu’en septembre 1888 que Don Policarpo Toro prit officiellement possession de l’île au nom du Chili. Elle est aujourd’hui un département de la province de Valparaiso (cinquième des douze régions chiliennes).

Don Policarpo Toro Hurtado (1856 - 1921)
Quant à son nom d’Île de Pâques, elle le doit au premier Européen à avoir touché ses côtes, le Hollandais Jacob Roggeveen, tout simplement parce qu'il fit cette découverte le jour de Pâques. C’était en 1722.

La fin du peuple pascuan

En 1863, des bateaux péruviens débarquèrent pour réduire la population en esclavage. L’opération se traduisit par la disparition de 80% de la population, dont tous les chefs et leurs familles, ainsi que l’élite de l’île: vieux sages, savants, prêtres, etc… C’est cette sanglante opération qui a anéantit la culture et les traditions pascuanes.

Jean Baptiste Onesime Dutrou Bornier, roi de Pâques
L’an 1870 fut une autre année noire. C’est là que se situe le sinistre épisode du français Jean-Baptiste Onésime Dutrou-Bornier qui s’autoproclama «Roi de Pâques» avec, semble-t-il, l’aide des Tahitiens Salmon et Brander et de leurs familles. Il réduisit toute la population en esclavage avant de se faire assassiner.

Un cheval pour deux hommes

Aujourd’hui, Rapa Nui ne compte plus guère que 3500 habitants et 1500 chevaux! Sur cette population, seule une quarantaine de personnes peuvent prétendre être de pure souche pascuane. Le métissage est en effet fortement favorisé par les habitants pour lutter contre les problèmes de consanguinité.

Les célébrissimes Moaï de Tongariki
On estime que dans une génération, deux tout au plus, il ne restera plus un seul pur Pascuan.

La catastrophe écologique

Le deuxième drame qu’ait connu Rapa Nui fut d’ordre écologique: la déforestation. Initialement très boisée, le patrimoine forestier connut sa première attaque lors des dernières glaciations, il y a environ 12.000 ans. Mais beaucoup plus récemment, c’est l’homme qui est responsable de la disparition de la forêt pascuane.

D’abord, il y eut les incendies. Les volontaires, dus aux cultures sur brûlis qui échappaient au contrôle des paysans, et les involontaires, dus aux incessantes guerres tribales. Ces incendies étaient attisés par les vents permanents qui balaient l’île et empêchaient de les maîtriser. Il y avait aussi les rituels funéraires qui imposaient la crémation des morts sur d’énormes bûchers, eux aussi gros consommateurs de bois, et qui avaient tendance à échapper à tout contrôle, gagnant la forêt voisine.

Pour finir, de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1985, l’île entière a été transformée en un gigantesque élevage de mouton (jusqu’à 55.000 bêtes en même temps) qui ont achevé de détruire la végétation.

Une économie sous perfusion

L’économie pascuane repose entièrement sur le tourisme et elle est totalement dépendante du Chili pour ses approvisionnements.

Hanga Roa, le seul port de l'île de Pâques
Le seul port de l’île ne peut accueillir que des petites embarcations. Les deux cargos annuels mouillent au large et ce sont de petites barges qui transfèrent les cargaisons jusqu’à la côte, opération très périlleuse qui est impossible dès que la mer est un peu trop forte.

Heureusement, la compagnie aérienne Lan Chile assure deux vols hebdomadaires sur la ligne Santiago-Hanga Roa-Papeete.

Développement et protectionnisme

En ce début de millénaire, seul le village de Hanga Roa appartient aux Pascuans. La quasi-totalité du reste de l’île est propriété de l’armée chilienne. Ce particularisme a permis de conserver à l’île un environnement très protégé, à la fois de la pollution et de l’urbanisation sauvage.

La seule plage de Rapa Nui
Il est aussi à l’origine d’un politique d’immigration extrêmement restrictive puisque le seul moyen de vivre à Rapa Nui est de se marier avec un ou une Pascuane.

Depuis un peu moins d’une dizaine d’année, l’armée libère des terres au compte goutte sous la pression des insulaires. Ce phénomène s’accompagne de transformations très profondes et sans doute irréversibles, tant de l’île elle-même que de sa population et de sa culture.

Promenade à l'Île de Pâques
Aujourd’hui encore, le nombre de touristes par an est limité à quelques milliers, et la durée des séjours est strictement limitée à une semaine, deux au grand maximum. Ce qui rend extrêmement difficile de pouvoir assister au merveilleux festivalqui se tient une fois par an pour quelques privilégiés.

Liens :

Un article de Julien Gué

2 commentaires :

  1. genial !! en fait je suis d'ile de paques j'adore vos article :)

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    Réponses
    1. Merci : rien ne peut me faire plus plaisir que ce genre de compliments, soyez-en assurée.

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