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dimanche 25 mars 2012

Pour la fête de l’Indépendance

La Tunisie laïque était dans la rue

Dans une Tunisie que les stigmates des affrontements récents, tatoués salafisme, hérissent de herses et de chars autour des bâtiments gouvernementaux, le 20 mars 2012 s’est fêté dans une liesse sans compromis.

Fleur rouge à la tourelle
A l’affiche de cette journée nationale qui affranchit historiquement le pays de toute forme de joug étranger – un certain printemps 1956 -, « l’indépendance en toute indépendance », clament les manifestants.

Un pays qu’on enchaîne ?
Pas si sûr ! Les fantômes ébène se terrent à la coupole d’El Menzah ! Et la foule les conspue. Bien décidée à ne pas se faire mettre aux fers. Au grand jour, « les cris sourds du pays qu’on enchaîne » deviennent clameur, souligne Tunisie-news.com.

Un document filmique signé du réalisateur Ibrahim Letaïef, participe de ce témoignage. L’estimation du nombre des manifestants sur la capitale oscille de 20 000 à 73 266.  Le consensus est net : « On ne touche pas à nos droits ! »

La chaise éjectable
C’est tout de même une prise de conscience qui se déploie avec la même ampleur sur l’ensemble des grandes villes du pays. La dictature ne passera pas. Ce 20 mars prend les devants et les poings se lèvent aux accents de l’hymne national.

Au palmarès des slogans sans parole, un simple avertissement sans retour. Une chaise, brandie haut, passe de mains en mains : son parcours s’achève par une culbute sous les tollés. Le trône vacille. Et la foule est joyeusement solidaire. Elle n’a plus peur !

Désistement historique de la Constituante
Pour preuve ? La nation est venue célébrer sa victoire en famille. Les victimes honorées appartiennent au passé. « Plus jamais ça ! ». Aujourd’hui, la leçon de l’indépendance est pratique : elle se transmet d’ancêtre à nouvelle génération. Elle s’intitule citoyenneté.

Un même voile, le drapeau.
Au fronton des aberrations anticonstitutionnelles, le désistement d’un gouvernement devenu invisible à l’occasion, fera date dans la suite des atermoiements et autres lâchetés dont il fait preuve depuis plusieurs mois.

L’indépendance a été flétrie par le pouvoir en place. Prudemment s’est-il éclipsé. Craindrait-il de se montrer en public ? Chancellerait-il tant à l’ombre du palais pour ne plus proclamer victoire ?

En sourdine, bien sûr, des fanions ténébreux obscurcissent certains minarets. La capitale ne flambe pas du rouge des drapeaux. La richesse de Carthage, la pourpre, escamotée pour une question de tissu ?

Un même voile, le drapeau !
Tandis que les citoyens paradent sous les plis du drapeau, les banderoles officielles sont rares. Les employés municipaux exemptés d’accrochage. Etrange mutisme des murailles !

Chechia au top !
A la rambarde, au parvis du Théâtre, le pétale rouge éclot. En cape, en voile, en tunique, T-shirt, toile, carton, chechia, tunique, le quidam est étendard, gonfalon, oriflamme.


Il n’est pas que les pancartes qui parlent. Chacun vient couvrir de sanguine la page blanche de l’Histoire. Liberté, parité, démocratie. Un prénom, une signature, une goutte d’acrylique pour conjurer le « monument des vivants ».

Démocratie pour tous
Achevée, l’ère des martyrs. Les voix se font entendre. Venues du plus profond des souffrances secrètes. Les victimes des salafistes dénoncent. Leur harangue reprise en écho.

Voix de Femmes de Nabeul
La chaîne des bravos se cadenasse et se solidarise. Les « Voix de femmes de Nabeul » révoquent les « mutilations barbares », invalident les « pratiques indignes », les « anathèmes » de l’humiliation, exigent « respect » de leur intimité.

« Parité », comme leitmotive de cette autonomie mutuelle ; « chariâa abolie », « esclavage, ravage ! », « dictature, dégage ! ». Le ton monte. Avec lui, cette lueur d’espérance (Amel) comme un refrain d’avenir.

Alors, chapeau les Tunisiens !
Face à la démence mortifère, l’Indépendance a pris couleur de vie. Celle du sang qui bouillonne, mais ne se répand pas. « Une fête de l'indépendance vraiment indépendante! »


Un article de MonaK

  

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