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mardi 31 janvier 2012

Panorama tunisien


La Tunisie des régions


 Si la Tunisie est découpée administrativement en vingt-quatre gouvernorats* qui portent le nom de leur chef-lieu, on peut les regrouper en unités régionales : leurs spécificités sont  repérables. Elles englobent le paysage, le climat et l’environnement agro-écologique.

Les Gouvernorats Tunisiens, cliquez pour découvrir les différentes régions
Les gouverneurs, nommés par le président de la République sont entourés de Conseils Régionaux chargés « d’examiner toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels. »

La Tunisie peut ainsi se subdiviser du Nord au Sud, en six unités régionales reconnaissables par leurs caractéristiques. Mais il ne faut pas oublier que toute la bordure Est constitue l’essentiel de la zone urbanisée, même si le relief côtier ménage encore des zones libres entre des occupations destinées au tourisme.

Le Nord-Est, entre cité et verte campagne

Le Nord-Est se répartit en deux pôles littoraux : la concentration urbaine de la capitale autour de Tunis et une bonne partie de la contrée horticole et céréalière de la Tunisie.

Le Grand Tunis comprend les gouvernorats de Tunis, de l'Ariana, de La Manouba  et de Ben Arous. Ces gouvernorats marquent la prépondérance de leur activité en matière politique et intellectuelle. Ils rassemblent l’essentiel de la population citadine. Cœur administratif et institutionnel du pays,  ils absorbent la majorité des Centres Universitaires, des Grandes Ecoles et des services du secteur tertiaire.

Les orangeraies du Cap Bon
La population y offre l’un des mélanges les plus évidents : tous les provincialismes s’y trouvent représentés. Son urbanisation retient souvent les jeunes générations après leurs études. Le paysage urbain y présente des innovations architecturales et les manifestations culturelles y sont fortement centralisées.

En prolongement et sur l’arrière-pays, avec les gouvernorats de Bizerte, Zaghouan et Nabeul, la concentration des activités se répartit entre tourisme et horticulture. Le Cap Bon (Nabeul) offre l’éventail le plus varié en productions d’agrumes, mais aussi en vignes et en fleurs à distiller en parfums.

L’habitat s’éclaircit en gros villages et sur la côte particulièrement découpée en criques, les sources chaudes de Korbous, témoignent d’une fréquentation thermale depuis l’antiquité. On y élève des faucons et la pêche au thon prend l’aspect particulier de la matanza. Tunisie des héritages ancestraux et hospitalité réaménagée « à la moderne ».

Le Nord-Ouest, de forêts en falaises 

Le Nord-Ouest découpe ses collines forestières en falaises pour les gouvernorats de Jendouba et de Béja. L’agriculture céréalière y perdure depuis des millénaires. En lisière des terres intérieures, pins et chênes-lièges abritent une faune sauvage dont raffolent les chasseurs de sangliers.

De la campagne à la montagne (El Kef)
Bien arrosée, la région bénéficie d’un climat moins rigoureux que les gouvernorats de montagne qui la côtoient : Le Kef et Siliana. L’agriculture plus aléatoire dans les petites cuvettes, bien que céréalière comme dans la campagne contiguë à l’Est, fait place à un élevage dont les produits dérivés alimentent toutes sortes d’artisanats (de la laine à la corne).

Le Centre-Est, commerce et tourisme

Le Centre-Est littoral est largement tourné vers le commerce maritime depuis des siècles. Au climat qui se réchauffe, les gouvernorats de Sousse, Monastir, adaptent un  tourisme somptueux.

Mais chacun des terroirs se distingue aussi par le patrimoine monumental qui s’intègre à son site. Mahdia restera toujours, dans l’inconscient collectif, un port de pêche… et son « cimetière marin » ne cessera de susciter les événements poétiques que génèrent et font vivre les artistes.

L’oliveraie en plaine côtière
Sfax assied beaucoup plus sa notoriété sur des milliers d’hectares de terre bistre et ocre plantée d’oliviers. Toute l’économie du gouvernorat est dynamisée autour de l’agroalimentaire de l’olive.

Le Centre-Ouest, de montagnes en déserts

Le Centre-Ouest, gouvernorats de Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid subit une aridité qui ne cesse d’augmenter avec l’avancée du désert et l’altitude qui se prolonge. Une steppe d’alfa maintient le paysage dans une sévérité uniforme.

C’est dans le Gouvernorat de Sidi Bouzid, région sans véritables débouchés économiques aux conditions de précarité plus que dramatiques, qu’a démarré la révolution tunisienne, le 17 décembre 2011.

Un coupe-vent en sac d’engrais, le chaperon noir poubelle 
La population ne trouve du travail que dans la région minière qui l’entoure au Nord, mais surtout au Sud et au Sud-est, avec le fer, le phosphate, et plus récemment le pétrole.

Le Sud-Ouest, de désert en désert

Le gouvernorat de Gafsa, région présaharienne entretient une activité industrielle pénible, voire insupportable par manque d’eau. Source de nombreux conflits sociaux, la mine fait l’objet d’un film d’Ali Labidi : Redeyef 54, avec à l’affiche le jeune Abdelwaheb Jemli (trop tôt disparu fin 2011).

L’oasis de Gafsa avec ses plantations d’arbres fruitiers (abricotiers, agrumes), sous palmiers-dattiers et son système d’irrigation paraît un havre bien appréciable.

Plus au Sud, le Jérid surchauffé et désertique -gouvernorats de Tozeur  et de Kébili-,   s’émaille d’oasis, dans un relief accidenté. Les systèmes d’irrigation assurent aux palmiers dattiers cette qualité de « dattes de lumière » (Deglet Nour) et les grands arbres garantissent une fraîcheur vivable.

Une cascade en plein désert
La moyenne annuelle à Kebili est autour de 30°, mais les écarts de température peuvent varier de 50° (en plein soleil) et descendre en-dessous de zéro en hiver.

Le Sud-Est, du désert à la mer

Plus on se rapproche du Golfe de Gabès, plus les plateaux vont s’abaisser et plus le climat subtropical bénéficie d’un peu d’humidité. Les oasis s’entourent d’immenses palmeraies dans la région des Chott et du Nefzaoua.

Le gouvernorat de Gabès est en pleine mutation depuis des années : le nomadisme se perd mais les conditions saisonnières, elles, ne changent pas.

De l’habitat léger de tentes, on passe aux huttes puis aux ksars -greniers fortifiés compartimentés en cellules, ghorfas-. Les plateaux et la « caillasse », entre roc et sable pétrifié,  sont creusés d’habitations troglodytes. Les gouvernorats de Médenine  et de Tataouine constituent la dernière frontière qui sépare la Tunisie de la Libye.

Aux îles de Kerkennah, c’est le retour à la mer
Plein Est, le panorama s’ouvre sur la Méditerranée. Bouffée vitale, elle  baigne un plateau continental peu profond enserrant des îles. La Tunisie : entre vastes espaces vierges inoccupés et hospitalité à la carte, un mode de vie.

L’impression qu’elle serait davantage peuplée, un mirage ?


Un article de MonaK


*Les vingt-quatre gouvernorats tunisiens sont :
Tunis (تونس), Ariana (أريانة), Ben Arous (بن عروس), La Manouba (منوبة), Béja (باجة), Jendouba (جندوبة), Le Kef (الكاف), Siliana (سليانة), Bizerte (بنزرت), Nabeul (نابل), Zaghouan (زغوان), Gafsa (قفصة), Kairouan (القيروان), Kasserine (القصرين), Mahdia (المهدية), Monastir (المنستير), Sfax (صفاقس), Sidi Bouzid (سيدي بوزيد), Sousse (سوسة), Gabès (قابس), Kébili (قبلي), Médenine (مدنين), Tataouine (تطاوين) et Tozeur (توزر)

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