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lundi 8 avril 2013

Les pirates du Mérou Bleu


Les très étranges habitants de Rangiroa

 

Et si l’atoll de Rangiroa offrait au visiteur bien plus que quelques uns des plus beaux sites de plongée de la planète ?...

Bien des gens passent Noël sous la neige, en montagne, blottis devant une cheminée… Pour ma part, en cette fin d’année 2012, j’ai eu le privilège d’être invité à passer quelques jours à Rangiroa, plus grand atoll de l’archipel des Tuamotu

A la frontière de trois univers : le Mérou bleu
« Maeva i Rangiroa, Julien ! » Ainsi ai-je été accueilli à l’aéroport de Rangiroa par l’adorable Sonya Friedrich. Une fois mon sac embarqué dans sa voiture, nous voici engagés pour le long périple de 5 km qui nous mène, après la traversée du village, sur le bord de la passe d’Avatoru. Autrement dit : le bout du bout monde…

La traversée d’Avatoru
De l’aéroport au village, les quelques kilomètres de ligne droite font prendre pleinement conscience de ce qu’est un atoll : à gauche de la route, des cocotiers émergent d’une végétation clairsemée et laissent entrevoir les bleus improbables du lagon. A droite de la route, la même végétation coiffée des mêmes cocotiers découvre discrètement la barrière de corail et sa crête blanche de l’écume du géant Pacifique.

Une boutique à Avatoru, et la gentillesse des Paumotu
Sans que rien ne le laisse présager, nous voici dans le village. Fare blottis dans les bras d’une végétation pauvre et luxuriante à la fois, silhouettes furtives glissant dans l’ombre pour éviter la chaleur écrasante de ce milieu d’après-midi, Avatoru donne un peu la sensation d’une cité fantôme. Notre halte pour acheter quelques fruits montre combien il ne faut jamais s’en tenir à ses impressions premières…

Nos emplettes terminées, nous reprenons la route, passons devant la mairie, les magasins chinois, l’église (déserte elle aussi à cette heure-là) et nous nous engageons sur un chemin qui zigzague entre les arbres et les fare. Nous n’irons pas bien loin…

Au bout du sentier : la passe d’Avatoru
En effet, la route (en soupe de corail) s’arrête ici : frontière improbable entre la terre, le lagon et l’océan Pacifique.

 

Le Mérou bleu

            Nichée au creux des filaos et des cocotiers, la pension Le Mérou Bleu cache ses bungalows traditionnels au bord de la passe d’Avatoru, comme pour ne surtout pas déranger les dauphins qui jouent avec la vague quand les surfeurs ne sont pas là. Car nous sommes juste devant l’un des spots de surf les plus prisés de l’atoll.

Les dauphins dans la passe d’Avatoru
            Sans que je m’en aperçoive, j’ai dû pénétrer dans une carte postale. Il y a en effet quelque chose d’irréel, de magique dans cet endroit.

            Certes, la construction traditionnelle des fare couverts en niau comme blottis dans la végétation doit y être pour quelque chose. Comme le regard débonnaire des chats à moitié endormis en divers endroits du lieu.  Il est vrai qu’ici, il est bien difficile de savoir où s’arrête la nature et où commence le domaine des hommes. C’est un peu comme si les fare étaient les fruits même des arbres…

Mais où s’arrête la nature et où commence le domaine des hommes ?
            Ici, le temps lui-même n’a plus le même sens. Il en va ainsi de certains lieux auxquels les occupants ont su insuffler quelque chose d’indicible que d’aucuns appelleraient une « âme »…

            Mais ce qui fait du Mérou Bleu un endroit exceptionnel, au-delà de tout ce qui a été dit jusqu’ici, tient je crois à des êtres étranges nés de l’imaginaire et des mains de Sonya et dont elle me dit qu’ils sont les gardiens et les protecteurs du lieu…

Les pirates du Mérou bleu
            En vous approchant du cœur de l’endroit, je veux parler du fare de Sonya, il vous est impossible de ne pas les voir.

Première rencontre avec les pirates du Mérou bleu
            Impassibles gardiens de la sérénité des lieux, silencieux, ils se balancent mollement au gré de la brise. Mais ne vous y trompez pas : sous leurs airs débonnaires ils sont capables de bien des maléfices pour peu que vous tentiez de porter atteinte au bonheur tranquille qui vous entoure.

D’ailleurs, par crainte de provoquer leur courroux, je vais m’en tenir là dans mes propos. Il se pourrait en effet qu’en les dérangeant ils décident, à l’avenir, de m’interdire l’accès à leur domaine, m’interdisant par là-même de revoir mon amie Sonya…


Les pirates du Mérou bleu…
            En guise de conclusion, je ne puis que vous conseiller d’aller leur rendre visite, à eux et à Sonya. Mais surtout : soyez prudents ! Ne les dérangez pas. Ni eux, ni elle…

            Nul ne sait vraiment de quoi sont capables les pirates du Mérou Bleu…

Un article de Julien Gué

Un immense merci à Sonya Friedrich pour son accueil et sa gentillesse. Et merci aussi aux pirates du Mérou Bleu de m’avoir toléré et laissé repartir…


5 commentaires :

  1. merci pour la visite..on repart sur la pointe des pieds pour ne pas déranger l'harmonie des lieux...

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  2. Je transmets... La demande est dans l'air... je n'hallucine ni ne suis sous le coup des maléfices des "Pirates du Mérou Bleu"
    mais ... les adultes qui n'aiment pas lire, ainsi que les enfants à qui j'ai lu ton article, ont senti le bonheur d'entendre ta façon de conter...

    aventures d'un voyageur à la rencontre des esprits marins, venus d'ont ne sait où, écumeurs des mers, défenseurs de l'île protégeant la sauvageonne Sonya

    (je ne fais que reprendre le résumé d'un enfant de 5 ans ... )

    Merci à Sonya pour ses petits êtres mythiques
    Merci aux charmes de l'atoll de Rangiroa
    Merci à toi Julien

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  3. "comme si les fare étaient les fruits même des arbres…" ( énonce Julien), voilà pour un article envoûté... apparemment et pleinement en communion avec la "pirateuse", l'atoll, et ces incursions d'aventuriers mythiques... déposés par le vent marin... Très fort, l'article, envoûteur! Du coup tu nous a plongés dans une légende à faire... d'habitude elles sont noyées dans le passé... Ici, la sauvageonne dialogue avec ses fétiches et demain est un mystère ! La suite, monsieur le conteur, pourrait-on te demander : en fait tu nous as donné tous les ingrédients pour que notre imagination fasse le reste ... (la Légende en train de se faire, comme le Livre en train de se faire)..."Les pirates du Mérou Bleu" restera (resteront), à l'instar de la merveilleuse" Histoire sans fin", la légende qui ne lasse pas, car elle prend les couleurs changeantes du reflet des vagues ... et des bribes de paroles envolées... Merci

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  4. Que de souvenirs à Rangiroa...
    J'avais passé un séjour magnifique, tous invités chez les parents d'un élève de ma mère dans un tout petit fare.
    On avait pêché 50 fois de suite le même requineau avec le gamin !
    Et les baignades dans la passe au milieu de sees congénères plus gros, fabuleux !
    J'en garde un souvenir merveilleux...

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