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samedi 12 janvier 2013

Tahiti se meurt



L’enfer économique du Paradis

 

Les mois passent et les indicateurs catastrophiques concernant la Polynésie s'accumulent sans que les hommes politiques locaux n'en tirent aucune leçon.

Les missions officielles succèdent aux rapports d’enquêtes et aux chiffres en Polynésie française, et le constat est général et sans appel : la situation est catastrophique et empire de jour en jour.

Dernier document en date : le rapport sur les conditions de vie en Polynésie française qui vient d’être publié par l’Agence française de développement (AFD) dont quelques extraits ont été publiés par le quotidien Les Nouvelles de Tahiti.

La une du quotidien Les Nouvelles de Tahiti le 15 décembre 2010

L’une des principales conclusions de ce rapport (réalisé par un organisme dont l’objectivité ne peut être mise en doute) est terrifiante : 42% des foyers polynésiens vivent en dessous ou au niveau du seuil de pauvreté tel qu’il est défini par les critères internationaux officiels.

Être pauvre en Polynésie française
Pour bien comprendre la situation et les implications des données fournies par l'AFD, il faut savoir que le seuil officiel de pauvreté monétaire pour la Polynésie française est établi par les instances internationales à «48.692 cfp de revenus mensuels par unité de consommation», soit 408 euros par mois et par personne.

Ainsi, selon ces critères et les résultats de l’enquête, « 19,7% des ménages polynésiens ont un revenu situé en-dessous de ce seuil de pauvreté monétaire ». Ce chiffre s’établissait à 18% en 2 000.

Le paradis polynésien n'est pas pour tout le monde...

Autre chiffre plus que préoccupant : 28,2% des familles sont considérées comme pauvres en termes de conditions de vie et près de la moitié des foyers du Pays (47,2%) considèrent que leurs revenus sont instables.

Pauvreté et conditions de vie en Polynésie française
L’état de délabrement général de la Polynésie française, de ses infrastructures et de ses institutions est tel qu’un pourcentage non négligeable, mais inconnu car aucune enquête sérieuse n’a été publiée sur ce sujet, de familles polynésiennes vivent dans des habitats insalubres.

Soyons clairs : des milliers de gens, à Tahiti, vivent dans des bidonvilles. Par exemple, dans la nuit du 16 au 17 décembre 2010, un incendie a ravagé quatre fare (maisons) de tôles et de bois de récupération, faisant 53 sans-abris. Aucune de ces maisons n’avait de permis de construire.

L'intérieur d'un logement social polynésien à Papeete
Face à ces quelques éléments, un autre chiffre fait froid dans le dos qui est particulièrement révélateur du niveau de corruption, de clientélisme et d’injustice qui régit la société polynésienne actuelle : les trois quarts des allocations et des aides sociales sont perçus par des ménages non pauvres.

L’enquête montre pourtant de manière très explicite qu’il suffirait de transférer 4,3% des ressources de ces ménages pour maintenir tous les autres au-dessus du seuil de pauvreté. A combien s’élève le montant des aides indûment versées ?

Seuls 6,1% des ménages polynésiens n’ont été à ce jour touchés par aucune forme de pauvreté. Cela veut dire que 93,9% des ménages ont connu ou connaissent au moins un aspect de la pauvreté.

Un fare comme il y en a tant, à Tahiti et dans les îles

Il est intéressant de comparer les 48 692 cfp (408 euros) dont la moitié de la population dispose pour vivre, aux 800 000 cfp (6 704 euros) que perçoivent en indemnités nettes les élus de l’Assemblée de Polynésie, ce qui fait 16 fois plus. Sans parler de tous les avantages qui vont avec.

Rappelons également que dans ce Pays, il n’existe aucune indemnité de chômage d’aucune sorte pour personne, sauf pour les membres du gouvernement.

L’instruction et la pauvreté
Le manque d’instruction est, sans conteste, le facteur déterminant le plus marquant de la pauvreté monétaire. Par exemple, le fait d’avoir le bac divise par deux le risque de pauvreté. Or l’échec scolaire chez les populations autochtones atteint des proportions pour le moins inquiétantes même si, là encore, les autorités locales se gardent bien de mener la moindre enquête sérieuse et approfondie sur le sujet.

Ainsi le taux d’illettrisme est, pour le moins, préoccupant et nombre d’enfants abandonnent totalement leur scolarité à l’âge de 12 ou 13 ans, à l’entrée au collège, quand ce n’est pas plus tôt.

Un graphique qui en dit long…

Pourtant, en Polynésie comme en France métropolitaine, la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans.

Autres chiffres qui n’existent pas : combien de foyers polynésiens survivent grâce à la culture et au trafic de cannabis et combien d’autres grâce à la prostitution de jeunes de moins de quinze ans ?

Le portrait-robot du ménage polynésien pauvre se dessine donc ainsi : il réside dans un logement social de type HLM, le chef de famille se considère comme ma’ohi* avant tout, a un faible niveau d’éducation, est au chômage ou inactif ou, s’il a un emploi, c’est en tant que non salarié. Ce foyer comporte six membres au moins et il s’agit le plus souvent d’une famille monoparentale.

La Polynésie et l’avenir
Pendant que la population polynésienne s’enfonce lentement mais sûrement dans la misère, les élus eux se chamaillent et ne votent pas le budget 2011 du Pays. Une carence dont les conséquences économiques ne manqueront pas d’être supportées par une population déjà exsangue. Il faut en effet savoir que si l’impôt sur le revenu n’existe pas en Polynésie française, la pression fiscale y est plus forte qu’en France métropolitaine.

En Polynésie, les lieux de culte eux sont toujours en parfait état…

Aucun secteur de l’économie n’a résisté aux six années d’une instabilité due exclusivement à l’appétit de pouvoir et d’argent d’une classe politique corrompue et bien loin des réalités que connait la population.

            Rien en effet ne permet, à ce jour, d’espérer une quelconque amélioration avant les élections de 2013. Et encore…

Lexique :
*Ma'ohi : (ou Maori) indigène, qui n’est pas étranger, désigne le peuple polynésien. Les Ma'ohi sont les habitants d’origine de la Polynésie française, les maoris ceux de Nouvelle-Zélande. Mais il s'agit bien du même peuple colonisateur originaire d'Asie.



Un article de Julien Gué


3 commentaires :

  1. j'y ai vécu de 1985 à 1989, déja à cette époque, le tahitien était spolié de beaucoup de ces droits justement par le manque d'info et de personnes prètent à les aider dans le montage des dossiers.
    C'est toujours le cas d'après les commentaires de ci de là, toujours plus aux riches et rien pour les gens modestes.
    A quand une égalité????????????????? ou du moins un réajustement des droits de chacun??????????????
    Merci Julien pour ce partge.

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  2. Malheureusement c'est le triste bilan de nos incapables au pouvoir.
    A croire que dés l'instant ou ils sont investis, ils se comportent comme des morpions, il sucent le sang de la population pour leur permettre de vivre dans l'opulence et ils sont trés doués pour faire croire à une population peu ou pas instruite que leur malheurs viennent de la France. D'aucun croyent que sans la Polynésie, la France serait en faillite (incroyable mais vrai).
    Beaucoup regrettent le temps ou la France gérait nos finances et nos institutions, l'autonomie élargie dont nous bénéficions est détournée au profit de tous les voleurs de l'assemblée.

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  3. voilà 200 ans que la corruption a été un outil de colonisation tout comme les maladies, les religions.
    la corruption, existante dans toute société à divers degré, a vraiment été une échelle dans la société: le favoritisme, le paternalisme, ont été et sont des étapes nécessaires à supplanter les anciennes coutumes! c'est ce qui s'est fait depuis et la mentalité s'en est bien accommodée renforcée pendant le passage de l'ère nucléaire. j'ai vécu "les gens biens" et les " kainas" ça existe toujours mais renversé: les "Maohi" et les "popaas"!
    il y a toujours eu des boites, des classes! ça aussi c'est un trait culturel, agrandi et confirmé par le côté chauvin français: les riches ici, les pauvres, là bas le plus loin possible, le problème c'est que les pauvres qui deviennent de plus en plus nombreux, se voient plus maintenant et ils ne se cachent plus!
    Garder le peuple dans l'ignorance, c'est pas de maintenant! couper les générations de leur langue a créé un vide émotionel, moral, mental vite rempli par divers outils et matériaux aussi inutiles qu'onéreux! voiture 4x4, ciment, soda, punupuatoro, saumon en boite, alcool, tabac, et depuis peu, à Papetoai, bicyclette électrique! les gens ne savent plus manger le Uru sans le punupuatoro qui est plutôt un punu plein de graisse!
    ce qu'il faut savoir aussi c'est que la plupart de ces "pauvres" sont propriétaires de terres! mais ces derniers 50 ans, les gens ont été inculqué que tout leur tombaient tout cuit dans la bouche, ils ne savent plus penser comme des êtres humains "normaux"! ils sortent de l'école vers 15 ans, sans avoir une ébauche d'éducation parce qu'à la maison personne ne leur dit qu'il faut une éducation pour être embauché! on utilise le mot chômage, alors qu'il n'y a pas de caisse de chômage, la population de base a été ignorée du point de vue éducation, santé, ils ont appris à vivre patiemment! j'ai horreur de ce mot! ici, c'est attendre le messie! en regardant les mieux nantis parce que mieux éduqués, aller et venir bien habillés, dans de jolies voitures! c'est aussi ceux qui ont de l'argent pour se permettre du paka et autres drogues, donc les moins biens nantis leur fournissent!
    quand on parle du manque de travail, ce n'est pas tout à fait vrai! ils ne savent pas travailler! ils ne veulent rien apprendre sans être payé! les formations qui sont très bien mais mal utilisées! maintenant ceux qu'on aurait envie d'aider, sont d'une arrogance inouie! l'ère Flosse/Chirac a fait des dégats dont on va payer les pots cassés pendant longtemps, je parle de générations!!

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