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lundi 27 février 2012

La Tunisie septentrionale

D’eau, de vert et de grain

Du nord au sud de la Tunisie, les paysages évoluent du vert méditerranéen -le Tell : hauteur-,  passent par l’ocre de la steppe et virent au blanc désertique.

La Tunisie de la source d’argent : Aïn Draham
Le Tell septentrional, c’est cette région en bout de chaîne montagneuse de l’Atlas : une dorsale orientée du Sud-ouest au Nord-est et adossée à la frontière algérienne. Les sommets arrondis se couvrent de forêts de pins d’Alep, de chênes et de chênes-lièges et ne culminent qu’à 903 m (Jebel Bou Goutrane) ; c’est plus au sud que le Tell se relève et atteint 1295 m au Jebel Zaghouan.

Les hautes plaines s’adonnent aux cultures d’orge, de blé et d’oliviers ; les vallées de la Medjerda, à la polyculture. Irriguée, drainée, alluvionnée, elle constitue la principale zone céréalière.


La Khroumirie des sources
Eucalyptus et mimosas, sur les pentes escarpées, conduisent au berceau de cette « petite Suisse » aux fermes de tuiles rouges et à l’élevage bovin. Giboyeuse à souhait, la forêt recèle des haltes décorées de trophées. Mais plus de trace de félins africains, attestées par les mosaïques romano-puniques (Maison de la Chasse), ni depuis ce dernier lion, ou cette panthère, dont la légendaire présence tient depuis un siècle !

Tunisie verte et giboyeuse : Aïn Draham
Aux hivers souvent enneigés, aux façades et aux balustrades de bois, l’illusion est presque parfaite. A 800 mètres d’altitude, Aïn Draham -la Source d’Argent-, petite station thermale parmi d’autres, surprend par la fraicheur de l’air estival. D’octobre à février, les battues au sanglier ne manquent pas d’en surprendre la quiétude.

Le barrage de Beni M’Tir contraste avec le gros bourg de Fernana -signifiant chêne-liège-, et ses maquignons. Site isolé, contreforts massifs, forêt sombre et miroir lacustre du ciel.

Les vestiges de l’antique Bulla Regia correspondent à ce que viennent y chercher les familles actuelles : la même fraîcheur. Les sous-sols des villas faisaient office de havres climatisés. Et si ce confort antique paraît précurseur, il est le signe des notables : l’origine de la ville vient en ligne directe de ce roi (regis en latin) numide Massinissa.

Les appartements climatisés de l’Antique Bulla Regia
Khroumirs, Kabyles, tribus cousines de part et d’autre de la frontière : elles constituent la souche originelle berbère de ce qui deviendra ensuite la population tunisienne. Cloisonnée dans ses traditions à la rude et ses habitudes vestimentaires de montagnards. Autonome aussi. Car la Khroumirie se serait valu, pour son audace, le prétexte de l’invasion française.

Du « grenier de Rome » au problème crucial de l’eau
Depuis l’Antiquité, la région a bâti sa renommée sur cette terre fertile. Déjà l’Empire Romain en tirait d’abondantes récoltes et érigeait une politique de monoculture. Carthage vaincue est devenue « le grenier de Rome ». Le Protectorat français a intensifié ce principe d’exploitation. La nationalisation des terres (1964), elle, a poursuivi le processus des grands domaines.

Avec le réchauffement de la planète et l’empiètement des terres cultivées sur la zone protectrice de la forêt, la région doit faire face à l’avancée des zones arides. Encore très verdoyante grâce à de la pluviosité, elle n’est pas à l’abri du ravinement des sols dus aux violents orages méditerranéens.

Jendouba au carrefour des reliefs
 Le tiers (environ) de la population tunisienne tire son activité de l’agriculture. La forte concentration paysanne se répartit entre travailleurs saisonniers et petits exploitants miséreux dans les hameaux reculés. Cependant, l’exode rural ne se stabilise pas.

La culture s’adapte aux pistes pierreuses, justes carrossables pour les 404 bâchées, les Isuzu, mais surtout les tracteurs et les ânes. L’habitat est de tourbe et de brindilles : on y dort à même les nattes. Et le Théâtre pour Enfants et Parents dans ces hameaux perchés, - sans électricité et l’eau à la fontaine - se tient de la roulotte de Baba Snichou.

La côte de corail 
Entre forêt et criques rocheuses, sauvages, l’ancien comptoir punique de Tabarka livrait son tribut  -de minerais, de bois, de liège et surtout- de marbre au vainqueur romain. Extrait des carrières de Chemtou -Simitthu- (près d’El Kef, dont nous reparlerons plus tard), il n’engendrait pas l’unique richesse du port et des armateurs de la région.

Dès le XVIème siècle, sous la protection de Charles-Quint, une famille génoise, s’établit sur l’île qui  garde l’entrée du port. La pêche et le corail en firent la prospérité. Il devint objet de convoitise entre la France et les Turcs, deux siècles plus tard et jusqu’au XXème siècle.

Jazz à Tabarka : un certain Fawzi Chekili
Si elle doit sa notoriété maritime au pirate turc Dragut, Tabarka s’est spécialisée dans la plongée sous-marine et le tourisme culturel avec ses festivals de Jazz et de cinéma amateur. L’ancienne basilique chrétienne, comme la ville entière, se meut en esplanades musicales.

Le grand rush des années 70, avec un public foncièrement jeune dormant à la belle étoile, a connu les heures magiques des Temptations, Claude Nougaro, Charles Mingus, Keith Jarrett, Miriam Makeba, Léo Ferré, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Manu Dibango, Kool & The Gang, Barbara Hendricks, Al Jarreau et bien d’autres. Le festival actuel s’oriente de façon plus « rangée », en fonction d’un public de quadragénaires mélomanes.

Un article de MonaK


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