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jeudi 29 août 2013

Travailler dans les territoires français du Pacifique Sud


Est-ce possible ?

Ils sont en effet très nombreux, les Français métropolitains qui rêvent de venir s’installer dans l’un ou l’autre des territoires français du Pacifique Sud. C’est possible, mais sous quelles conditions ?


La France du Pacifique

Eparpillés à la surface du plus grand des océans de la planète, les territoires français du Pacifique représentent bien peu de choses en terme de population.

Avec un peu plus de 265 000 habitants (chiffres Insee 2008), la Polynésie française est le plus peuplé des trois. Vient ensuite la Nouvelle Calédonie avec 245 500 âmes (2009) et enfin Wallis et Futuna, le plus petit, qui compte seulement 13 445 résidents (2008).

Cherchez les territoires français du Pacifique Sud…
Bien que ces trois territoires fassent bien partie intégrante de la République française, ils ont des statuts très différents.

Ainsi, la Nouvelle Calédonie est une Collectivité d'outre-mer (COM) en attente d'un référendum d'auto-détermination (prévu en 2014) sur l'accession ou non à l'indépendance.

Wallis et Futuna, bien que Territoire d'outre-mer (TOM), bénéficient d'un régime totalement à part puisque le pouvoir local est conjointement détenu par le haut-commissaire de la République et les trois rois de Wallis.

Avec son statut de Pays d’outre-mer (POM) obtenu en février 2004, la Polynésie est sur la dernière marche statutaire avant l'indépendance. Cependant, contrairement à la Nouvelle Calédonie, aucune consultation électorale n'a eu lieu à ce jour pour demander aux Polynésiens quel était leur désir quant à ce choix crucial, et aucune n'est prévue, que ce soit à moyen ou long terme.

Venir travailler dans le Pacifique

Faisant constitutionnellement partie de la République française, il n'existe donc, en principe, aucune barrière juridique empêchant un Français métropolitain de venir travailler dans l'un des trois territoires français du Pacifique.


Cette situation s’étend d’ailleurs théoriquement à tous les ressortissants européens puisque, faisant partie intégrante de la République, l’ensemble de l’outre-mer français est tenu d’appliquer la législation européenne sur les frontières et la libre circulation des personnes.

Mais les choses sont-elles vraiment aussi simples que cela ?

Trouver un emploi à Wallis et Futuna

Avec moins de 14 000 habitants répartis sur deux îles, les royaumes coutumiers de Wallis et Futuna s’apparentent plus, d’un point de vue économique, à une toute petite ville de province métropolitaine.

Wallis et Futuna : un autre monde !
            Les expatriés métropolitains y représentent à peine 2,7% de la population, soit moins de 380 personnes, enfants compris.

Concrètement, les seuls emplois que l’on peut espérer y obtenir sont ceux de la fonction publique nationale, et ils ne sont pas bien nombreux.

Les administrations concernées sont la gendarmerie, l’éducation nationale, la santé, les douanes, les affaires maritimes, la justice et la santé.

Il est toutefois à noter que chacun de ces services ne représente que quelques postes soumis à des règles administratives strictes qui limitent notamment la durée des séjours.

Poi, la capitale du royaume de Futuna
En dehors de ces possibilités pour le moins réduites, le seul moyen de venir travailler à Wallis et Futuna consiste à y créer une entreprise…

Travailler en Nouvelle Calédonie

Depuis 1999, le droit du travail et son application relèvent de la pleine compétence de l’Assemblée territoriale de Nouvelle Calédonie.

La Nouvelle Calédonie : un caillou pas comme les autres
Hormis les emplois relevant de la fonction publique d’Etat dont les nominations sont proposées par la France et validées (ou non) par les autorités néo-calédoniennes, le marché du travail est régi par le principe de la «préférence territoriale».


Ceci posé, la Nouvelle Calédonie connait un boom économique sans précédent lié à l’exploitation du nickel et de très nombreuses offres d’emploi ne peuvent être satisfaites localement. Il y a donc un fort mouvement d’immigration depuis quelques années.

Nouméa, El Dorarado calédonien ?
Pour en savoir plus sur les possibilités d’emploi en Nouvelle Calédonie, le plus simple est encore de se mettre en contact avec les services de l’emploi mis en place par le gouvernement néo-calédonien.

En Polynésie, un marché de l'emploi sinistré

Au grand dam des hommes politiques polynésiens, et tout particulièrement des indépendantistes, le principe de la préférence territoriale ne s'applique pas (encore ?) en Polynésie française, sauf pour les emplois publics locaux (loi de Pays du 19 mai 2009).

La Polynésie française vue du ciel
Rien n'empêche donc, en théorie, n'importe quel ressortissant français, où qu'il réside, de postuler pour un emploi à Tahiti où dans n'importe quelle autre île du Pays. Rien si ce n'est un marché de l'emploi totalement sinistré...

En effet, depuis 2004, tous les indicateurs économiques sont dans le rouge et aucune embellie n'est envisagée dans aucun secteur. Les chiffres sont sans appel : alors que plusieurs milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, ce sont plusieurs centaines d'emplois (dans tous les secteurs) qui sont détruits chaque mois depuis 2004.

Au moment où ces lignes sont écrites, le Sefi (Service de l'emploi, de la formation et de l'insertion professionnelle) n'affiche que 204 offres d'emploi à pourvoir pour environ 7 500 demandes...

Papeete, ville sinistrée ?
Toutefois, un certain nombre de compétences très spécifiques sont totalement absentes dans la population locale.

Il est donc possible, pour quelqu’un possédant des compétences rares et ayant nécessité de longues études, de trouver un emploi intéressant en Polynésie française.

En effet, les jeunes Polynésiens, outre le coût prohibitif d’une année d’études loin de leur fenua, répugnent à rester trop longtemps éloignés de leurs îles et de leurs familles.

Ainsi, pour tous ceux qui ne sont pas fonctionnaires d’Etat ou militaires, si le rêve « lagon-cocotiers » est accessible, il signifie tout de même un parcours du combattant nécessitant beaucoup de patience et de ténacité.

Mais qui a parlé du « Paradis polynésien » ?
Mais… si Paris vaut bien une messe, le rêve polynésien vaut bien quelques sacrifices…

Un article de Julien Gué



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