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dimanche 5 mai 2013

…à Lotfi Dziri



Lettre vers l'au-delà

Lotfi,
Tu aurais  pu t’abstenir de mourir en mai !
Ce n’est pas la meilleure idée que tu puisses avoir eue.
Mais chacun porte le revers de ce qu’il est
Flambeur jusqu’au bout
Et tu lèves ton chapeau : Bye bye la vie !
Et basta !

Tu meurs un dimanche, jour pour jour une semaine avant que sorte sur les écrans de Tunis ta dernière apparition à l’écran dans : Une vie plus belle (Denya Ahla) de Chiraz Bou (Atlas Vision)

Monsieur de tous les défis ! Qui a jeté sa pudeur aux orties pour nous offrir une tête tatouée du sceau de la maladie, pendant ce tournage de janvier 2013. Chapeau bas !

Une pensée amère pour demain…!
Tu l’as presque réussi ton rêve : mourir en plein plateau ! Tu en as réussi d’autres, et en partie ton parcours d’acteur engagé Making of de Nouri Bouzid, bien sûr et d’autres encore.  C’est que tu le mènes ferme, ton combat contre l’intégrisme !

Tunisianité est son nom

Il ne faut pas te la faire celle-là ! Côté culture, t’es plutôt du genre imbattable. Alors les prêcheurs, qu’ils rangent les déguisements qui voilent leur inculture et qu’ils « dégagent » !

 

Ta tête a été mise à prix ! Quelle rigolade ! Rien à perdre, c’est ta génération qui doit témoigner de ses engagements ! C’est ce que tu as dit quand « les corbeaux volaient sur le dos » ! Et c’est debout que meurent les héros ! Alors, la provocation : c’est ton pain quotidien. Et tu ne crains pas les tueurs !

 

La Tunisie est Amazigh point barre . : Tiens, la berbérité refait surface, depuis que la parole est recouvrée au lendemain du 14 janvier. Ils te citent même ! « Lotfi Dziri revendique une Tunisianité qui « ne peut se confondre avec un Tunistan, ni admettre d’ayatollah ». Il semble conforté dans l’avis que, dans toute son histoire, le Tunisien ne se laisse pas faire et trouve les moyens de se mobiliser ».

 

Lofti Drizi : Engagé ? Oui !

Là, il faut le reconnaître, c’est ton côté intello qui ressort. Eh oui, tu penses ! Pas selon les schémas d’endoctrinement qu’on voudrait inculquer ! Tu t’affirmes haut et fort : libre-penseur (je décode), athée.

 

Athlète des planches et de la plume

Les livres, tu peux les citer : mémoire d’enfer, faut bien l’avouer. Ton premier spectacle : Ali Parle mettait en scène les prophètes des Trois Livres (Strasbourg, années 70). La rencontre était plutôt cocasse. Prémonition ? Les voilà en conflit sur la terre tunisienne. Moi, ce que j’attends c’est tout de même ton dernier livre : celui qui était presque terminé. Sur le chapitre, entre contes, nouvelles, pièces et essais… tu en as peu publié. Occupé au vivant.

Faut que ça vive, que ça respire, que ce soit libre ! En fait tu as toujours été très « physique ». Le premier article sur toi faisait la couverture du magazine La Tunisie du Corps (Mon.Ak.). Quant à ton retour au théâtre, on t’y avait poussé depuis Femmes de 89. Un bel exemple de cohésion franco-tunisienne. Il avait même failli être censuré ! Olympe de Gouges censurée en 1989, c’était le comble !

  

Ma parole m’appartient

Alors ce soir, on ne pourra faire la fête. On se l’était pourtant juré. Ne me reste, donc, qu’à vider un verre à ta santé. A l’art, à l’Amitié…


 

                                                                                                                  Un article de Monak

Voir et lire aussi :

Un regard par delà les nuages
par Lotfi Dziri (Articles), lundi 28 mai 2012, 16:12
« L'art se meurt dans l'indifférence absolue. Même les hirondelles au nid si abouti, ne migrent plus sous nos cieux. Les résistances se font rares et chacun se contente du confort de sa petite auto. Pendant ce temps-là le cheval de Troie est bien entré dans la cité avec son contingent d'illuminés, prêts à en découdre, par les armes s'il le faut, avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un être humain. Nous sommes déjà entre enfer et paradis, consciencieusement partagés, divisés en deux peuples distincts: les fous de dieu et les naïfs d'ici-bas.
 Et les autres, tous les autres qui parlent de créer un énième parti...ça parle, ça commente, ça analyse, mais hélas ça ne produit rien. Apres avoir été les otages de Ben Ali, le joujou de Essebsi, nous voici, aujourd'hui l'exutoire de l'"émir".
 Et tout là-bas dans les grandes steppes, puisque le vent est mauvais partout, les mirages succèdent aux mirages.
 L'engourdissement total guette sans qu'une seule action salvatrice ne pointe le bout de son nez.
 Faut-il être à ce point inconscient pour ne pas comprendre qu'il nous faut enfanter une seconde révolution. Une vraie qui fera du sang et des larmes mais qui aura l'extraordinaire privilège de signifier à ceux qui croient que le hold-up sur le pays est réalisé que le temps du muguet viendra obligatoirement.
 Nos enfants sont trop importants pour nous, pour qu'on leur laisse en héritage un cimetière  abandonné. »
-          http://www.africine.org/?menu=art&no=9297

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