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vendredi 10 mai 2013

1er Mai 2013 à Martigues



Quel avenir pour les chômeurs ?

 

Entre Méditerranée et « Mer de Berre », ses deux îles en son centre, son « miroir aux oiseaux », polders, marais salins, ruisseaux, canal, la « Venise provençale » ne s’endort pas sur sa « Côte Bleue ». Martigues s’engage plus que jamais dans la défense d’un fleuron industriel qui lui a assuré prospérité.

A quoi d’autre pourrait servir le défilé du 1er Mai, sinon à déclarer publiquement que la population, ici à majorité ouvrière, ne peut survivre sans être assurée de la décence d’un emploi ? 2013 ne s’annonçant pas dans les meilleures perspectives, la manifestation prend toute sa valeur revendicative. N’est-ce pas là le sens du 1er Mai, fête des travailleurs ?


Genre humain : un programme !
Place Jean Jaurès ! Les Martégaux s’y sont rassemblés nombreux pour clamer le respect de leur droit au travail. Puis ils ont déambulé par les rues de la ville, de l’île aux collines, achevant leur périple au soleil des jardins du prieuré.

 

Tristes mines

Ce n’est pas la grisaille du matin qui plombait les expressions en cette journée de congé légal, mais les différents grains qui se profilent à l’horizon. Ils ont pour nom « métropole », taxes à la retraite, licenciement, austérité. Martigues a des raisons de craindre la spoliation.

 

La ville, riante d’aspect, le doit à une politique de qualité de vie et d’environnement menée depuis plus de 50 ans. Assainissement des sites industriels, préservation des territoires naturels terrestres et marins de la pollution autant que de la spéculation : maintenir la localité dans sa fonction d’unité de vie. La sauvegarder de l’anonymat des villes-dortoirs et entretenir une dynamique d’échanges solidaires.

 

Gaby Charroux : l’enjeu culturel

Tout l’effort culturel prodigué ces dernières années tend vers ce même but. Animer la ville d’un élan instructif et formateur passe par les pôles de l’éducation, de l’ouverture d’esprit partagée, de la pratique des activités du patrimoine provençal vivant (implantation de lycées, de centres de formation, de musées, de théâtre ; soutien des associations de loisirs à vocation spécifiquement traditionnelle : veillée félibriges, festivals, joutes provençales aquatiques, rameurs vénitiens en barque martégale, chant et danses, etc.)

 

 

Métropole et proximité

Toute cette gestion de la ville passe par les services de proximité : privilégier l’humain, ménager entre la ville et ses administrés des relations personnalisées qui ne les rende ni anonymes, ni exclus. Quatrième ville du département des Bouches-du-Rhône, Martigues se voit ramenée à une période antérieure de son histoire, dans sa concurrence avec Marseille. C’est Colbert qui avait choisi, mais en démocratie tout se négocie autrement.

 


Contrecoups de la précarité

En cas d’englobement de la Communauté d’Agglomérations du Pays Martégal (CAPM) par la capitale marseillaise, nombre d’institutions administratives et sociales seraient appelées à disparaître. Sans parler des dérives d’investissements qui dénatureraient l’équilibre de « L’étang des rochers » (nom originel de Martigues : Marticum), nous voilà donc à plein dans la politique d’austérité à l’œuvre avec le gouvernement actuel.

 

Toni Brest : des rives pour tous

Ne parlons même pas de la paupérisation culturelle qui s’en suivrait, ni même de la politique sociale de Martigues en matière de logements (pour les salariés, comme pour les retraités), destinée à sécuriser les salaires ouvriers. Ne parlons pas non plus des actions menées pour éviter la flexibilité de l’emploi, ni même des actions de solidarité face aux menaces de licenciement. Ils en ont parlé, ils l’ont même inscrit sur les banderoles du 1er Mai !

 

Echantillon de générations

Au rendez-vous du 1er Mai, l’échantillonnage est parlant. La population active, les chômeurs et leur famille en galère, les travailleurs en instance de licenciement, les retraités, les enfants. A la question : « Pourquoi êtes-vous là ? », la réponse de certains jeunes collégiens nous en apprend sur leur conscience. « C’est important de connaître les soucis des adultes et c’est l’occasion de se retrouver ensemble pour le savoir. Même si on ne comprend pas tout ! »

 

Un autre, plus jeune, ne sachant pas trop quel métier exerce son père, semblera établir le lien entre « plus de vacances depuis l’an dernier » et « peut-être que ses parents ne veulent pas le mettre au courant de peur de l’inquiéter ». Quant aux plus jeunes encore, ils profitent de l’aubaine de cette journée où « on rencontre les enfants des amis de nos parents » et l’espace de jeux aménagé bénévolement, pour les tout-petits, sous le marabout.

 


« L’étang des rochers » et de la pétrochimie

« Heureusement qu’on a la mer ! » rajoute le jeune fils du licencié. Toni Brest, conseiller municipal de la Couronne-Carro insiste dans l’entretien impromptu que nous avons eu, sur l’importance « du libre accès à la mer pour tous, la préservation du « littoral sauvage », la complexité de la gestion d’une population aux maigres revenus, le maintien de l’intégrité publique des terrains communaux, et la nécessité d’y accueillir des entreprises. »


Echos des anciens

S’ils opinaient du chef aux différentes allocutions, dont celle du maire, Gaby Charroux, les commentaires restent amers. « A quoi ont servi nos luttes pour passer plus ou moins au travers des difficultés, si nos enfants sont radiés de leur emploi du jour au lendemain ! J’étais déléguée syndicale, mais c’était dans le secteur public. Tous les secteurs sont touchés maintenant, mais dans le privé, on ne fait pas de quartier ! »

 

« Demain ! », prononce le maire, comme un maître-mot. « Aujourd’hui ! » répondent les slogans. Et les participants interviewés d’insister : « pas dans un avenir proche, là, quand on se réveille après les cauchemars de la nuit ; parce plus rien ne tient, même pas les droits que nous avons acquis ! ». Puis la Marseillaise a envahi le pays des olives et elle a pris tout son sens brutal : qui sont ces ennemis qui arrachent la vie ? Les profiteurs du labeur humain ?


Qui sont ces ennemis ?

Cette année encore, le 1er Mai se justifie sur ce bassin de la pétrochimie, l’un des trois plus grands sites européens. Les dégazements intempestifs et toxiques des torchères. Mais pas seulement, la ville en mutation s’appuie sur un secteur plus vaste, lui aussi en retrait, semble-t-il. Un sexagénaire se déclare inutile, trop tôt mis à la retraite, pour malversation du patron dans le bâtiment.

 

Trop de débordements d’une part, le laminage individuel d’autre part. Un père fait la grève de la faim, jusqu’à ce qu’on retrouve le corps de son fils disparu dans la dernière tempête du printemps. Tant d’incertitudes conduisent-elles à tant de désespoir ?


Quel avenir pour eux ?

Aux accents occitans du groupe engagé Massilia Sound System, le couple de pêcheurs et leur capouliero (filet de pêche typique), sis sur le canal Caronte, se demande en regardant la foule si la nouvelle pêche « est aux droits » ?

 

Un article de Monak

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Lire aussi :

Voir « Les filles de la CGT » : http://youtu.be/NEa8nwvykfM

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