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vendredi 3 février 2012

Tout sur le FIFO 2012


Courts métrages

pour grands bonheurs


Dans un récent article sur ce même blog, nous vous avons présenté le Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO). Nous allons aujourd'hui vous parler dans le détail de l'édition 2012 de ce festival pas tout à fait comme les autres.

La bande annonce officielle du FIFO 2012
            Selon les termes mêmes des organisateurs, cette manifestation "se veut être le carrefour annuel des images océaniennes. Trait d’union entre les peuples de Mélanésie, de Micronésie, de Polynésie et l’Occident, le festival est devenu un lieu privilégié où la parole est donnée à l’homme du Pacifique." Nous reviendrons plus loin sur ce dernier point.

Les objectifs du FIFO 2012
Pour cette neuvième édition, la semaine du festival s'annonce particulièrement chargée et passionnante pour tous les cinéphiles de Polynésie… et pour ceux qui auront eu la chance de pouvoir venir d'ailleurs pour y participer !

L'affiche du FIFO 2012 
En effet, au-delà de la projection des seize films en compétition et des dix-huit hors compétition, le FIFO propose une multitude d'ateliers de réflexion, de formation, de conférences, de débats... qu'il serait fastidieux d'énumérer ici mais dont vous trouverez tout le détail en cliquant ici : sur le site officiel du festival.

Des projections aux horaires et tarifs spéciaux sont organisées pour les scolaires et il est possible de s'initier gratuitement à des techniques très pointues comme l'écriture de scénario, le montage, la prise de vue ou encore la photo interactive avec des professionnels reconnus.

Le jury du FIFO 2012
            Pour cette neuvième édition, c'est sous la présidence de l'incontestable Elie Chouraqui que le jury a été constitué.

            Et il faut bien reconnaître que, d'année en année, la composition de ce jury s'améliore et se débarrasse de personnes qui n'ont, d'évidence, rien à y faire. Pour l'édition 2012, un seul des membres du jury nous amène à nous demander ce qui a bien pu justifier son choix.

Elie Chouraqui, le président du jury 2012
Pour le reste, on ne peut que se réjouir : Marie Claude Tjibaou, présidente du Centre Culturelle Tjibaou à Nouméa et membre du CES; Mariejosé Alie, directrice déléguée à la diversité auprès du directeur des antennes de France Télévisions; la Néo-Zélandaise Cushla Dillon, monteuse de deux films primés au FIFO  (Trouble is my bussiness et This way of life); Yann Samuell, scénariste et réalisateur (L’âge de raison, My sassy Girl et Jeux d’enfants); Fabrice Puchault, directeur des unités de programmes documentaires France télévisions; l'Australien Stuart Menzies, ancien responsable des programmes documentaires d’ABC et nouvellement nommé responsable des programmes sur ABC2 Australie; le Hawaïen Rick Blangiardi, directeur général de la chaîne d’information « Hawaii News Now », Le jeune Samoan Jacob Luamanuvae, spécialiste des effets spéciaux en 3D, qui a collaboré à de prestigieux films d’animations (Le seigneur des anneaux 2&3, Happy Feet, Avatar et plus récemment Tintin); Le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Paris, Thomas Grenon, qui devrait accueillir dans les années à venir des opérations du FIFO hors les murs à Paris; La polynésienne Tumata Robinson, écrivaine et directrice de la troupe de danse Tahiti Ora et, pour conclure : Pierre Ollivier, délégué général du FIFO de 2004 à 2011 mais qui fut surtout la cheville ouvrière de la création de ce festival à ses tous débuts.

Le Comité de sélection 2012
            Il aura fallu cinq mois au comité de sélection pour visionner et trier les films que nous pourrons voir au cours de cette semaine de festival. Sept mois de visionnages et de débats acharnés pour que le FIFO réponde aux exigences de qualité exprimées par un public de plus en plus averti.

L'interview de Michèle de Chazeaux
            Ce comité de sélection était composé comme suit : Michèle de Chazeaux, productrice et animatrice de radio; l'historienne Marie-Noëlle Frémy; l'anthropologue et réalisateur Jean Philippe Joacquim; Hina Sylvain, responsable des programmes de Polynésie 1ère, Richard Mai de la Maison de la Culture de Papeete; Benjamin Picard, réalisateur membre de l’ATPA, Guy Wallart, réalisateur; Eric Bourgeois, de l'Institut de la Conservation Audiovisuelle (ICA) polynésien et de Sindy Mathews, une résidente australienne en Polynésie.

            S’il est incontestable que la qualité des œuvres présentées par le FIFO, que ce soit pour les films en compétitions ou les autres, est en amélioration constante d’année en année, le programme 2012 pose une question de fond. Si l’on en croit les organisateurs, « le festival est devenu un lieu privilégié où la parole est donnée à l’homme du Pacifique ». Alors pourquoi y a-t-il autant de films produits et réalisés par des cinéastes et des sociétés non océaniens, Français et américains notamment, alors que d’excellentes productions du Pacifique ne sont pas retenues ?

Les films en compétition
            Pour l’édition 2012, les jurés devront se prononcer après avoir visionné seize documentaires. Parmi eux, logiquement, les Australiens se taillent la part du lion avec huit films en compétition, les Néo-Zélandais suivent avec trois films, à égalité avec deux productions chacune la Polynésie française, la Nouvelle Calédonie et… la France !

Tous les films en compétition pour le FIFO 2012
            Il n’y aurait donc pas eu un seul film documentaire de qualité produit dans l’ensemble des républiques insulaires du Pacifique Sud cette année, Indonésie et Hawaï comprises que l’on aille chercher deux films français ?

Les films hors compétition
            Dans cette catégorie, au programme pourtant très alléchant, la question posée précédemment se pose de manière encore plus flagrante.

            En effet, sur les dix-huit films en compétition, si l’on ne trouve que quatre films Australiens et cinq Néo-Zélandais, il y en deux venus de Nouvelle Calédonie et un seul pour la Polynésie française et les îles Fidji. Par contre, ont été sélectionnés quatre films français, un américain et un anglais…


Tous les films hors compétition pour le FIFO 2012
Au-delà de toute polémique, ce constat pose réellement la question de la sincérité da la profession de foi du festival. D'autant que certains films cent pour cent océaniens étaient candidats, dont certains de particulièrement grande qualité.

Mais nul doute que, dans les années à venir, les choses iront en s’améliorant. En attendant, il ne nous reste plus qu’à savourer notre plaisir de cinéphiles durant une semaine. Et soyez assurés que nous reviendront vous faire partager nos coups de gueule et coups de cœur !

Un article de Julien Gué

 


 

mercredi 1 février 2012

Arts et histoire aux Marquises


Le festival des Arts 2011


Avec le Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO) et le Heiva i Tahiti, le Festival des Arts des Marquises est l’une des trois manifestations culturelles polynésiennes les plus connues dans le monde.

L’affiche du Festival des arts des Marquises, édition 2012
Elle est incontestablement la plus authentique des trois, mais aussi la moins accessible et donc la plus convoitée par un public venu du monde entier.
           

Un peu d’histoire

La manifestation a été initiée en 1986 par l'association culturelle Motu Haka o te Fenua Enata, sous l’impulsion d’un homme aujourd’hui vénéré par tous les Marquisiens : Lucien Kimitete, dit Ro’o, disparu bien trop prématurément dans le même « accident » d’avion qui emporta le prometteur homme politique Boris Léontieff le 23 mai 2002, en pleine campagne électorale.

Lucien Kimitete, inventeur et fondateur du Festival
Le but initial poursuivi par les inventeurs du Festival des Arts des Marquises était très simple et très ambitieux à la fois : il s’agissait de célébrer la culture marquisienne sous toutes ses formes, mais aussi et surtout de la maintenir en vie pour la transmettre aux jeunes générations.

A l’origine, il était prévu que le festival se tienne tous les deux ans sur une île différente de l’archipel. La première édition ayant eu lieu à Ua Pou en 1987 sous le nom de Matavaa o te Henua Enana (L’éveil des îles Marquises).

Pour des raisons évidentes de facilités d’accès et surtout de capacités d’accueil, il a depuis été décidé de cantonner le festival sur les trois îles les plus accessibles de l’archipel : Ua Pou, Nuku Hiva et Hiva Oa.

Ua Pou, l’île de la première édition du festival
C’est, par contre, pour des raisons financières qu’il a été décidé d’abandonner la fréquence bisannuelle pour adopter un rythme d’une fois tous les quatre ans. Cependant, intercalé entre ces éditions quadriennales, a été mise en place une édition moins importante du festival qui, elle, se tient alternativement dans toutes les autres îles habitées de l’archipel : Tahuata, Fatuiva (Fatu Hiva) et Ua Huka.

En raison de ces changements de périodicité, il n’y a donc eu, depuis la première édition en 1987 à Ua Pou, que neuf éditions du Festival des Arts des Marquises : 1989 à Nuku Hiva, 1991 à Hiva Oa, 1995 à Ua Pou, 1999 à Nuku Hiva, 2003 à Hiva Oa, 2006 à Tahuata, 2007 à Ua Pou et enfin 2011 à Nuku Hiva.

 

Un festival qui se mérite

Si le Festival des Arts des Marquises est une manifestation exceptionnelle, pouvoir y assister n’est pas chose donnée à tout le monde, et ce pour bien des raisons.

Le public de Nuku Hiva pour le festival 2011
La première est due à l’éloignement et l’isolement de l’Archipel des Marquises. Ainsi, l’île de Nuku Hiva (la plus importante et la plus habitée des Marquises) se trouve à 1600 km de Tahiti, seul aéroport international de Polynésie française. Ce sont les ATR 42 et 45 de la compagnie intérieure locale Air Tahiti qui assurent la liaison à raison de 1 vol quotidien en temps normal. Bien sûr il y a des vols supplémentaires pendant le festival, mais il faut s’y prendre très longtemps à l’avance si l’on veut y obtenir une place. A cela il faut ajouter le prix prohibitif des billets dû à la position de monopole de la compagnie polynésienne. Ainsi, il coûte aussi cher, voire plus, d’aller de Tahiti à Nuku Hiva (1 600 km) que de Tahiti à Los Angeles (6 600 km)

La deuxième raison est le manque cruel d’infrastructures hôtelières et d’accueil sur l’archipel. Essentiellement en raison du coût des transports, de l’éloignement géographique, mais aussi d’une volonté délibérée du gouvernement central à Tahiti durant de très longues années, le tourisme est en effet peu développé aux Marquises. On n’y trouve donc quasiment pas d’hôtels et très peu de pensions de familles.

La troisième raison est une conséquence directe de l’importance du festival pour les Marquisiens eux-mêmes. Il n’est en effet pas une île, pas une vallée, pas un village de l’archipel qui supporterait de ne pas être présent au festival. Il faut donc, avant toute chose, assurer l’accueil et l’hébergement des artistes eux-mêmes et de leurs accompagnateurs.

Jour et nuit, la foule des spectateurs…
Ensuite, et en cela l’objectif premier des fondateurs du festival est largement atteint, le public marquisien se déplace lui aussi en masse pour participer aux festivités et assister aux nombreux spectacles. Et notamment les très nombreux Marquisiens vivant à Tahiti ou dans d’autres archipels polynésiens. Il faut en effet savoir que la diaspora marquisienne représente au moins deux à trois fois la population vivant aux Marquises…

Il reste donc peu de possibilités d’hébergement, et elles sont prises d’assaut de longs mois à l’avance.

Le festival : l’affaire de tous
Au-delà de la participation de tous les Marquisiens, d’où qu’ils soient, le Festival des Arts est aussi et avant tout l’affaire de toutes les générations.

Ainsi, lors de l’édition 2011, Heetoua un jeune Marquisien de Ua Pou haranguait ainsi la foule des spectateurs : « Garder notre culture unique au monde, la fierté que nous portons en nous, nous la partageons avec les autres peuples. Les six éléments qui composent les six îles de l'archipel sont réunis aujourd'hui. Nous sommes vivants et nous posons toujours les questions fondamentales : Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? Ce festival est déjà une réponse. Nous sommes fiers de notre passé, de notre langue et de nos danses. Les sites sacrés revivent et nous les avons toujours respectés. Ils nous transmettent toujours des messages que nous donnerons aux nouvelles générations. »

Le festival n’est pas une affaire d’âge !...
A chaque nouvelle édition, les groupes de danse, les musiciens, mais aussi tous les artistes plasticiens (sculpteurs, bijoutiers, tatoueurs, etc.), sortant d’une démarche strictement traditionnelle, sont de plus en plus nombreux à proposer des créations originales, bien sûr directement inspirées de la tradition, mais tournées vers l’avenir. Et cela est peut-être la plus grande réussite des fondateurs.


Les impressionnants danseurs de Oparo (île de Rapa)
D’autre part, à chaque édition depuis quelques années, les Marquises s’ouvrent aux autres cultures insulaires du Pacifique Sud. Ainsi a-t-on pu découvrir, au fil des ans, des délégations des autres archipels de Polynésie française, mais aussi de Hawaii, des Samoa, de Nouvelle-Zélande.

Pour l’édition 2011, ce sont les cousins de Rapa Nui (l’île de Pâques) qui ont ébloui spectateurs et participants par leurs danses très particulières, et surtout par leurs incroyables peintures corporelles.

Le Festival des Arts des Îles Marquises 2011 s’est achevé dans une apothéose que nul de ceux qui ont eu la chance d’y assister n’oubliera jamais.

 
Quelques images du Festival des Arts 2011

          Il ne me reste plus maintenant qu’à souhaiter une très longue vie à cette manifestation exceptionnelle et tellement représentative de la créativité du peuple marquisien et de sa volonté de survivre, au-delà de toutes les pressions de la mondialisation…

Quant à vous, n’oubliez pas : si vous souhaitez vivre cet évènement hors du commun, commencez déjà à vous y préparer et à vous organiser, il n’y aura pas de place pour tout le monde non plus en 2015 à Hiva Oa !


Un article de Julien Gué



mardi 31 janvier 2012

Panorama tunisien


La Tunisie des régions


 Si la Tunisie est découpée administrativement en vingt-quatre gouvernorats* qui portent le nom de leur chef-lieu, on peut les regrouper en unités régionales : leurs spécificités sont  repérables. Elles englobent le paysage, le climat et l’environnement agro-écologique.

Les Gouvernorats Tunisiens, cliquez pour découvrir les différentes régions
Les gouverneurs, nommés par le président de la République sont entourés de Conseils Régionaux chargés « d’examiner toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels. »

La Tunisie peut ainsi se subdiviser du Nord au Sud, en six unités régionales reconnaissables par leurs caractéristiques. Mais il ne faut pas oublier que toute la bordure Est constitue l’essentiel de la zone urbanisée, même si le relief côtier ménage encore des zones libres entre des occupations destinées au tourisme.

Le Nord-Est, entre cité et verte campagne

Le Nord-Est se répartit en deux pôles littoraux : la concentration urbaine de la capitale autour de Tunis et une bonne partie de la contrée horticole et céréalière de la Tunisie.

Le Grand Tunis comprend les gouvernorats de Tunis, de l'Ariana, de La Manouba  et de Ben Arous. Ces gouvernorats marquent la prépondérance de leur activité en matière politique et intellectuelle. Ils rassemblent l’essentiel de la population citadine. Cœur administratif et institutionnel du pays,  ils absorbent la majorité des Centres Universitaires, des Grandes Ecoles et des services du secteur tertiaire.

Les orangeraies du Cap Bon
La population y offre l’un des mélanges les plus évidents : tous les provincialismes s’y trouvent représentés. Son urbanisation retient souvent les jeunes générations après leurs études. Le paysage urbain y présente des innovations architecturales et les manifestations culturelles y sont fortement centralisées.

En prolongement et sur l’arrière-pays, avec les gouvernorats de Bizerte, Zaghouan et Nabeul, la concentration des activités se répartit entre tourisme et horticulture. Le Cap Bon (Nabeul) offre l’éventail le plus varié en productions d’agrumes, mais aussi en vignes et en fleurs à distiller en parfums.

L’habitat s’éclaircit en gros villages et sur la côte particulièrement découpée en criques, les sources chaudes de Korbous, témoignent d’une fréquentation thermale depuis l’antiquité. On y élève des faucons et la pêche au thon prend l’aspect particulier de la matanza. Tunisie des héritages ancestraux et hospitalité réaménagée « à la moderne ».

Le Nord-Ouest, de forêts en falaises 

Le Nord-Ouest découpe ses collines forestières en falaises pour les gouvernorats de Jendouba et de Béja. L’agriculture céréalière y perdure depuis des millénaires. En lisière des terres intérieures, pins et chênes-lièges abritent une faune sauvage dont raffolent les chasseurs de sangliers.

De la campagne à la montagne (El Kef)
Bien arrosée, la région bénéficie d’un climat moins rigoureux que les gouvernorats de montagne qui la côtoient : Le Kef et Siliana. L’agriculture plus aléatoire dans les petites cuvettes, bien que céréalière comme dans la campagne contiguë à l’Est, fait place à un élevage dont les produits dérivés alimentent toutes sortes d’artisanats (de la laine à la corne).

Le Centre-Est, commerce et tourisme

Le Centre-Est littoral est largement tourné vers le commerce maritime depuis des siècles. Au climat qui se réchauffe, les gouvernorats de Sousse, Monastir, adaptent un  tourisme somptueux.

Mais chacun des terroirs se distingue aussi par le patrimoine monumental qui s’intègre à son site. Mahdia restera toujours, dans l’inconscient collectif, un port de pêche… et son « cimetière marin » ne cessera de susciter les événements poétiques que génèrent et font vivre les artistes.

L’oliveraie en plaine côtière
Sfax assied beaucoup plus sa notoriété sur des milliers d’hectares de terre bistre et ocre plantée d’oliviers. Toute l’économie du gouvernorat est dynamisée autour de l’agroalimentaire de l’olive.

Le Centre-Ouest, de montagnes en déserts

Le Centre-Ouest, gouvernorats de Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid subit une aridité qui ne cesse d’augmenter avec l’avancée du désert et l’altitude qui se prolonge. Une steppe d’alfa maintient le paysage dans une sévérité uniforme.

C’est dans le Gouvernorat de Sidi Bouzid, région sans véritables débouchés économiques aux conditions de précarité plus que dramatiques, qu’a démarré la révolution tunisienne, le 17 décembre 2011.

Un coupe-vent en sac d’engrais, le chaperon noir poubelle 
La population ne trouve du travail que dans la région minière qui l’entoure au Nord, mais surtout au Sud et au Sud-est, avec le fer, le phosphate, et plus récemment le pétrole.

Le Sud-Ouest, de désert en désert

Le gouvernorat de Gafsa, région présaharienne entretient une activité industrielle pénible, voire insupportable par manque d’eau. Source de nombreux conflits sociaux, la mine fait l’objet d’un film d’Ali Labidi : Redeyef 54, avec à l’affiche le jeune Abdelwaheb Jemli (trop tôt disparu fin 2011).

L’oasis de Gafsa avec ses plantations d’arbres fruitiers (abricotiers, agrumes), sous palmiers-dattiers et son système d’irrigation paraît un havre bien appréciable.

Plus au Sud, le Jérid surchauffé et désertique -gouvernorats de Tozeur  et de Kébili-,   s’émaille d’oasis, dans un relief accidenté. Les systèmes d’irrigation assurent aux palmiers dattiers cette qualité de « dattes de lumière » (Deglet Nour) et les grands arbres garantissent une fraîcheur vivable.

Une cascade en plein désert
La moyenne annuelle à Kebili est autour de 30°, mais les écarts de température peuvent varier de 50° (en plein soleil) et descendre en-dessous de zéro en hiver.

Le Sud-Est, du désert à la mer

Plus on se rapproche du Golfe de Gabès, plus les plateaux vont s’abaisser et plus le climat subtropical bénéficie d’un peu d’humidité. Les oasis s’entourent d’immenses palmeraies dans la région des Chott et du Nefzaoua.

Le gouvernorat de Gabès est en pleine mutation depuis des années : le nomadisme se perd mais les conditions saisonnières, elles, ne changent pas.

De l’habitat léger de tentes, on passe aux huttes puis aux ksars -greniers fortifiés compartimentés en cellules, ghorfas-. Les plateaux et la « caillasse », entre roc et sable pétrifié,  sont creusés d’habitations troglodytes. Les gouvernorats de Médenine  et de Tataouine constituent la dernière frontière qui sépare la Tunisie de la Libye.

Aux îles de Kerkennah, c’est le retour à la mer
Plein Est, le panorama s’ouvre sur la Méditerranée. Bouffée vitale, elle  baigne un plateau continental peu profond enserrant des îles. La Tunisie : entre vastes espaces vierges inoccupés et hospitalité à la carte, un mode de vie.

L’impression qu’elle serait davantage peuplée, un mirage ?


Un article de MonaK


*Les vingt-quatre gouvernorats tunisiens sont :
Tunis (تونس), Ariana (أريانة), Ben Arous (بن عروس), La Manouba (منوبة), Béja (باجة), Jendouba (جندوبة), Le Kef (الكاف), Siliana (سليانة), Bizerte (بنزرت), Nabeul (نابل), Zaghouan (زغوان), Gafsa (قفصة), Kairouan (القيروان), Kasserine (القصرين), Mahdia (المهدية), Monastir (المنستير), Sfax (صفاقس), Sidi Bouzid (سيدي بوزيد), Sousse (سوسة), Gabès (قابس), Kébili (قبلي), Médenine (مدنين), Tataouine (تطاوين) et Tozeur (توزر)