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lundi 12 janvier 2015

Alternatiba de Tahiti



Une île pour les enfants ?

« Alternatiba », monte sa toile de par le monde depuis 2013… Elles sont une soixantaine, ces petites cellules autonomes éco-solidaires qui tissent la géopolitique de demain.

Certains l’appellent « Village ou Festivals des Alternatives ». Certaines municipalités s’édifient peu à peu sur ce modèle. Alternatiba est un processus, une autre façon de voir la citoyenneté, de l’engager… une volonté de changer de système politique, énergétique, éducatif, économique et social… Tout simplement, changer de vie !

P’tit Louis et Tahiti les pieds dans l’eau…
Et plutôt que de se retrouver les pieds dans l’eau, accroché à son cocotier, quelque part sur Tahiti ou ses îles, mieux vaut envisager une solution, viable, une alternative : “alternatiba”, comme on dit en basque. Car la première initiative concrète est originaire de Bayonne et date des 5 et 6 octobre 2013.

Déjà se mettent en place des propositions, des associations, des activités écologiques et solidaires pour pallier la crise financière et industrielle qui conduit notre planète à la catastrophe… Alternatiba Tahiti joue à plein les solutions de remplacement, car les îles polynésiennes sont au premier rang de la montée des eaux…

Un monde d’espoir
Peut-on espérer ?

« Tu peux oublier les cyclones, sculpter le bois de ton fare
Cueillir au passage des embruns le baiser des mārara »*
Pour nos enfants…
Notre génération a laissé passer de nombreuses menaces qui ont commencé à déstabiliser la planète. Sous prétexte de progrès elle s’est trouvée assujettie au diktat du libéralisme, du lobbying de la santé et du détournement mental (éducation), des chaînes de l’agro-alimentaire, des nuisances énergétiques, etc. Après avoir subi le pire des dispositifs pernicieux car il a confisqué l’exercice réel de la démocratie, il était normal que cette génération se colle à imaginer les solutions.

On les croyait utopiques, les opérations de substitution ; surtout, on était persuadé par les contre-publicités que l’avenir écolo, ce serait le retour aux cavernes. En fait, tous les projets présentés à ces différents festivals que sont les Alternatiba sont rôdés, gèrent les progrès techniques et le mieux-être et fonctionnent de façon optimale.

Un programme mobilisateur
Ce n’est pas comme dans “Le petit Poucet”, on ne cherche plus à se débarrasser des plus jeunes, faute de pouvoir subvenir à leurs besoins. Mais on n’en est pas encore à l’heure où tout soit enfin conçu et tourné vers les héritiers.

Rêvons avec les enfants :        « La saison est revenue du bouche-à-bouche des pétales 
Des bosquets au bord des sentes
De l’ombrage des feuillages et des jardins suspendus »*

L’autosuffisance alimentaire en voie de recouvrement
La Polynésie se suffisait à elle-même avant l’intermède récent de l’économie nucléaire (de 1966 à 1996, essais aériens et souterrains dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Moruroa et Fangataufa). On y trouvait du café, de la farine de uru, des légumes et des fruits tropicaux, de la noix et de l’huile de coprah.

Le développement du Centre Expérimental du Pacifique, le déplacement des populations vers des zones urbanisées loin de leur terroir et l’impossibilité de réintégrer leurs pénates ensuite, et enfin l’augmentation des importations (en équipement et en alimentaire)  désemparent totalement l’équilibre économique. Le pays se rend complètement dépendant de l’industrie alimentaire externe et, en conséquence, des circuits et monopoles à grand profit de la « mal’ bouffe » (denrées reconstituées, additifs bon marché, Mac Do, Coca, etc.)

Le nouvel ordre écolo-solidaire
Sur une population polynésienne qui compte en 2012, 34% de moins de 20 ans, un enfant sur trois était en surpoids, les derniers chiffres en comptent plus de 70%, d’après les médias. Alternatiba Tahiti, ce sont tous ces ateliers destinés aux enfants pour qu’ils apprennent à réguler leur alimentation, à redécouvrir les goûts et les saveurs d’ici…

« Imaginons ! » comme l’a proposé à cette occasion « Slam de Cocotiers » à Alternatiba Tahiti :                                                      « La brise marine jongle avec les graines 
Et les baies cabriolent à pleins becs
Tu ensemences tes îles sur les ailes des oiseaux »*

Espace vital, espace viable…
L’accession à l’espace vital, à l’espace viable, ne touche pas tout le monde. Ce n’est pas que les îles se soient mises à fondre brusquement, grignotées par la mer, mais le chômage entraîne les familles à s’agglutiner dans les zones urbaines de l’île capitale de la Polynésie : Tahiti. Les abris de fortune pullulent et, parmi les squatteurs, les enfants ne sont pas épargnés, trouvant des combines pour survivre.

Vivre !... 
D’une part, l’énergie est chère et tout le monde ne dispose pas d’un toit ni de conditions de vie décentes. Même si les sources d’énergie sont en reconversion, les enfants se trouvent à hauteur des ferments de pollution, comprimés sur les minuscules surfaces que constituent les zones habitables ou habitées des îles. Les servitudes comme les voies sans issues sont mal ou pas drainées et les dépotoirs utilisés comme asiles.

Le remède se trouve dans les sources d’énergie renouvelables présentes sur les îles et leurs littoraux. Mais elles n’en sont qu’à leur balbutiement. Le solaire tend à autonomiser les foyers, mais la démarche, souvent individuelle, n’est pas encore devenue réflexe et se trouve en butte à tracasseries administratives.

Des solutions énergétiques (TEP & Bien-être) ?
Face à la gestion des scories, presque sans issue de par l’insularité, les associations tentent tant bien que mal de développer les méthodes naturelles ayant trait à la santé et au bien-être. Supprimons les intermédiaires, les grands noms du cosmétique qui puisent dans les ressources et évincent les artisans locaux du massage traditionnel, les herboristes dont les produits sont récupérés par les laboratoires d’Occident, les produits d’entretien corporel (aloe vera, monoï et autres).
« Et l’écume de mer nous laverait des scories
Nous blanchirait du sang des guerres  
Cadenassées sous le lagon »*

La finance en monnaies libres et en troc
Ce n’est pas un jeu. Même si les adultes prennent exemple sur cette propension qu’ont les enfants à vouloir échanger… Leurs valeurs n’étant pas fiduciaires mais fondées sur celles du cœur et du plaisir…

Les échanges de services, c’est peut-être ce qui fonctionne le mieux à Tahiti depuis les initiatives Colibris et PolySel… Ils ne résolvent pas tout… Ils constituent juste quelques parenthèses de consensus solidaires qui peuvent améliorer le quotidien (échanges de plantes, de matériel, de déplacements, etc.) et resserrer les liens sociaux.

Des services au troc…
Le recyclage et les réparations, voilà qui porterait un coup fatal au consumérisme… Les « repair cafés », les produits de substitution, les aides personnalisées… Toutes ces valeurs de coopération et de partage remettent à l’honneur une culture fondée jadis sur ces principes.

« Le conciliabule des mânes interpelle les vivants
Et la chaîne se renoue en nos esprits égarés
Le ciel apaisé te tresse des couronnes étoilées 
Qui éclosent à l’aurore…  en parfums »*

Vivre et survivre pour les « écolo-kids »
Eco-citoyens, eh bien oui ! Ne négligeons rien pour nos jeunes têtes, qui n’ont plus rien à faire du fatras d’idées conformistes dont on les a gavées pendant des siècles.

Une kid éco-citoyenne
La démocratie directe ne peut s’exercer qu’à condition de l’avoir éprouvée et expérimentée en toute connaissance de cause. Autant proposer aux enfants un mode pédagogique qu’ils peuvent gérer de façon autonome. Autant faire ses expériences quand elles n’ont d’autres conséquences que celles d’un champ scolaire. Après, il est trop tard ! Nos politiques sont incapables de se dépêtrer des situations sans issues qu’ils ont provoquées.

L’autonomie n’attend pas le nombre des années
C’est toute une révolution copernicienne que de supprimer l’émulation, les conflits engendrés par la course au meilleur, au plus admiré… Il est autrement plus constructif de se fixer lucidement son épanouissement personnel et d’y introduire un parfum de générosité pour les plus démunis !

Une vraie fête que de s’accomplir, de réaliser ensemble des rêves de paix et de bonheur planétaires ! De coopérer pour harmoniser les attentes de chacun et résoudre les nécessités de la survie de la planète. Les « kids polynésiens » savent déjà y répondre.

Une culture solidaire
Pour ce « festival écolo & solidaire », ce ne sont pas les décideurs pourvus de moyens considérables qui se soient le plus engagés dans cette manifestation qui préoccupe au plus haut point l’humanité entière. Les artistes de la scène, bien que dépourvus de réels moyens de subsistance, ont cependant répondu présents, à sueur et art, pour animer la journée.

Les groupes de musique Vaiteani, Cachou, Fayawaya, Takanini, Radiantchild, Pool bar for a polar Bear, Batukaina et Slam de Cocotiers… Seraient-ils assez fous ou utopistes pour y croire ?

« Tu sais où il est ? Le paradis de tes ancêtres ?
Sur les pentes velours de tes volcans,
dans l’œil bleu indigo des atolls »*

Un article de  Monak

* … : extraits de « Imagine-Slam » de Monak, au « Slam de Cocotiers » du 29 nov.2014 pour Alternatiba Tahiti.
Mārara : exocet ou poisson volant en reo Tahiti.


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