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mercredi 10 juillet 2013

Tahiti en musique

Une  fête parmi les fleurs

          

          Ciel exceptionnel où la lune immense effleure nos rêves. Tout s’inonde de magie. La musique ensorcelle pentes moussues et lagons. Elle arpente sans retenue les îles polynésiennes. Nous sommes corps vibrants aux moindres pulsations qui nous inondent. Comme aux premiers matins du monde.


Au solstice d’hiver (21 juin dans cet hémisphère sud) comme dans cent dix pays éparpillés sur les cinq continents crépite la « Fête de la musique ». Serait-ce, ici, dans ce pays maillé par le Pacifique, l’éclosion d’un bouquet musical incomparable ? Tout semble se décliner à l’unisson des éléments naturels plus que cléments. Trente-et-un ans après sa genèse qu’advient-il de cette jeune tradition du « Faites de la musique » ?

Brandon Tavanae-Tavia, la relève
Plus que partout ailleurs le phénomène, du fait peut-être de l’isolement des territoires, s’appuie sur une base traditionnelle vivace et s’enrichit d’apports les plus divers. Des éléments créatifs vraiment originaux ont déjà fait le tour du monde. Car Porinetia, (Polynésie) est avant tout et au quotidien un peuple qui chante.

Une tradition qui n’en finit pas de se chanter…
Personne ne s’en lasse, tout le monde en redemande. Une véritable foire à la musique, ces grands rassemblements ? Pas tant que ça ! Car au quotidien, les mini-orchestres kaina bercent les marchés, les arcades, les bancs publics, les bittes d’amarrage et les rivages. Les anciens y célèbrent le fenua, en famille de musiciens ou en petites formations avec les instruments traditionnels.

Da Road Side Boyz cantabile à l’hawaiienne
Sur les 118 îles de Polynésie, quelques communes vont cependant renoncer à la célébration de la fibre musicale. La plupart y consacreront un espace municipal. La communauté chinoise n’y a pas ancré une musique particulière mais s’y trouve bien présente dans des orchestres résolument modernes. Ce sont aussi dans les hôtels que les rencontres orchestrales se déroulent. Un label gratuité respecté ?

Kaina sotto voce au Rétro Bar
Dans certaines Îles-Sous-Le-Vent, la composition kaina ou le concours de ukulele commencent dès le 19 juin, comme à Bora Bora ou à Raiatea. Les harmonies ancestrales ont vent en poupe avec les associations culturelles et ne manquent pas d’innover. La musique continue de vivre. A Tahiti, la baguette du chef d’orchestre se lève sur un son « Métal » au Night-Club 106, de la nuit du 20 juin à l’aube du lendemain. La musique « donne » tous azimuts.

Cinq jours de nocturnes musicales dans les îles
Pour une population un peu supérieure à celle de Strasbourg et comme elle, située au carrefour des cultures et des sonorités, la fête de la musique se programme sur cinq nuits. Un avant-goût ou un clin d’œil aux Himene tarava (chants festifs traditionnels) du Heiva (Festival) qui commence à peine treize jours plus tard sur l’île capitale.

Combo Jack, la voix gutturale
Au jour J, la ville de Papeete invite le groupe musical Topatangi de Rapa nui (l’île de Pâques) dans les jardins de la mairie. Place To’ata la musique universelle est conviée avec des groupes polynésiens. Rock, funk, folk, blues, surf music, musique kaina, world music, électro et reggae hawaiien à la polynésienne bien  sûr… : Blues Messengers, Da Road Side Boyz, Honovai group, Tikahiri band, Verua, Orohena Sons.

Blues Rock Offenders allegro
Des points d’audimats officiels, mais la ville fourmille de petits lieux de rendez-vous à la terrasse des restos, des bars, des fast-foods, des bouts de trottoirs. La traversée du tintamarre à déplorer, bien sûr, quand les décibels s’entrechoquent. Car le phénomène mondial qui nuit en quelque sorte à la musique, c’est la saturation des basses !!! Elle vous vrille le cerveau et les sens !

Tout se joue sur le peu’e
A part dans les villes à forte concentration de population et submergées par la déferlante cacophonique des terrasses contiguës où se succèdent les mini-orchestres de tous genres, les places publiques aménagent kiosque ou podium. Au bonheur des langues ma’ohi, anglaise ou françaises, la foule est bigarrée : les filles s’y rendent couronnées de fleurs ou en tenues excentriques, à l’instar du mélange des genres.

Hocus Pocus Taloo crescendo
Qu’y vient-on chercher ? Un lieu de convivialité mélodique. On passe d’un endroit à un autre, peut-être, mais surtout on s’y installe. On y vient en famille, avec son ma’a (nourriture). Ou à proximité des roulottes qui restaurent.

La fête de la musique, telle qu’elle a été initiée en 1982, fait appel à l’initiative libre. Mais elle répond ici à la culture polynésienne des musiciens de rue qui tiennent à sauvegarder tout au long de l’année leur coutume de libre disposition des espaces publics. Sauf qu’elle rassemble un public de plus en plus nombreux et fait appel à des moyens techniques de plus en plus sophistiqués pour en garantir la sécurité.


Plastik Games hard à bloc au Mac DO !
D’une part la musicalité est ce plaisir qui se goûte au jour le jour. D’autre part les jeunes musiciens, adolescents, puisent dans les ressources de leur instruments pour se lancer dans des aventures musicales fécondes, intégrant instruments classiques dans des genres hard. Avec à la clé de sol ou autre, la recherche de la qualité.

Cadre paradisiaque pour Groupes du fenua
Au crédit du Collectif Tahiti Rock, le projet d’excentrer deux soirées de concert dans des parcs de la banlieue de Papeete a offert des moments de pure communion musicale. A portée de tous, reliés à la capitale par les navettes assurées par des trucks, c’est offrir, loin du trafic urbain, deux nocturnes sous les étoiles.

Maeva des Freelanders et Gaëlle Da Capo
Renouant avec cette symbiose entre musique et nature, la beauté du cadre avivant le plaisir du mélomane, l’idée de Léo Marais (l’organisateur), c’est de privilégier l’aspect humain pour ces veillées. Sur l’herbe du Royal Tahitien à Pirae et du Tahara’a à Arue, un espace vital destiné à mille puis trois mille spectateurs, un vrai succès.

Gracioso, la fête en fleurs
Pas moins de six heures de concert grandiose, et pas moins de sept groupes se relaient la scène. Certains même l’ont partagée dans quelques duos impromptus : Maeva des Freelanders et Gwen Luna des Lolita.

Quant au déploiement de la manifestation, la sponsorisation y tient une place incontournable. On y rencontre des orchestres qui nous emmènent dans les hautes sphères de la musicalité et qui mettent leur touche bien personnelle à des répertoires connus : Combo Jack, Hocus Pocus Taloo group, Blues Rock Offenders. Seul le groupe Maruao semble vraiment inventif et mener un parcours hors des sentiers battus. Un genre bien spécial mêlant envolées vocales, guitares, harmonica, didjeridoo…


Maruao con fuoco
En commun, ils manifestent la même proximité vis-à-vis de leur public. Pas de distance, l’inconnu n’est pas anonyme. La communication est pleine d’humour, chaleureuse. Ils n’hésitent pas à prendre des risques et les performances sont largement applaudies.

La musique en Polynésie ? Un art de respirer ensemble, de s’abreuver ensemble de rythmes et de mélodies. Un art de vivre. De vivre ensemble aux mêmes refrains, de les chalouper. Une harmonie qui nous submerge.

La musique se fête aussi en Polynésie…


Lexique :
Rapa Nui : Île de Pâques
Peu’e : natte
Fenua : pays

Un article de  Monak

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