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Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

jeudi 14 février 2013

From raw fish up to exotic fruits


Polynesian specialties

Traditional Tahitian cooking or Ma'a Tahiti, incorporates many starchy foods such as taro, yam, ufi, tarua, sweet potato...

Tahiti cuisine excels by soft and subtle flavors owed both to product quality as preparing and cooking practices.

If each of the five Polynesian archipelagoes offers its own specialties, included ingredients are almost the same: lot of fishes, a little meats, the whole range of vegetables and tropical fruits.

Meats and fishes edible in Tahiti
The Polynesian staple food comes from the sea. Thus fish and shellfish pride upon most local recipes. Fishes are classified in two broad categories: high seas fish and lagoon-fish. Freshwater shrimp species called “chevrette” (prawn) delight by itself the local cookery.

Wonderful fishes of Polynesian lagoons
Before the cold chain allowed the massive importation of beef (ox) or mutton (sheep) the only meats consumed in Polynesia were chicken and feral pig.

Until recently, the most popular dish was turtle flesh. This uptake is strictly forbidden and severely repressed now.

Polynesian vegetables
If today the rice became the main component of daily meals, the generous nature provides many food accompaniments, charm of Polynesian cooking. The main one, uru (fruit of the breadfruit tree), has long been a basic food of the Polynesians. There are about forty different varieties.

Nowadays it’s strongly challenged by taro, because this tuber grows easily in swampy coastal areas. Its root is used as such, and so the young leaves called pota. In Marquesas, the fermented seasoned paste is named popoi.

Taro, the magic root
Taro is also used for the preparation of poe, a very popular sweet. At last, one of the many kinds of taro is grown for its leaves, eaten as spinach called: fafa.

Then again,  fe'i, yams and sweet potatoes add to the range of accompaniments. The fe'i is a sort of banana that is eaten cooked only.

Insular fruits
The coconut is omnipresent in the Polynesian gastronomy, with its flesh and milk.

Local fruits should be distinguished from those more recently imported. Among the former, furthermore coconut and uru already mentioned, there are the ambarella ("cythera apple or vi Tahiti") and the mape. Numerous imported fruit superbly adapted to these climates. So too does with banana, citrus, pineapple, papaya and mango.
  
Tahitian traditional cooking
Back to olden days, grilling, baking, stewing and boiling are only used for cooking. Hence, fine sweet flavors gastronomy highlights the particular taste of each product entering the composition of a dish.

The most known of traditional Polynesian dishes is raw fish. In fact, this term is unfit, as the fish is marinated a few hours in a lime, coconut milk, and various spices with vegetables chopped very finely preparation. Like the most national dishes, there are as many recipes as families or almost.

All kinds of fruits: common or strange
Today the ahima'a (Tahitian oven) remains the top of the Polynesian gastronomy: it is only built for festive meals because of the time needed to set up. It’s a full meal once. Ahima'a backs in the mists of ma'ohi time. "Ahi" means fire and Ma'a, food. All foods are stewed in a large pit dug in the ground. The wood and porous volcanic stones are laid out before lighting the fire. When the embers are red foods are carefully placed, wrapped in banana tree leaves or inside coconut sheets baskets summarily braided.

Among the most popular dishes that compose an ahima’a: fafa chicken, fish, suckling pig, shrimp and lobster, different po'e (banana, papaya...) and the full range of local vegetables.

All that is covered with banana leaves or purau (tree of hibiscus tiliaceui). A final layer of soil ensures the tightness of the oven. Four to six hours are necessary for an optimal cooking.

A great jubilation punctuated by songs while opening the oven. The various dishes are arrayed in umete (wooden dish) on large tables, alongside raw fish and fafaru. The fafaru is a preparation of fermented raw fish in seawater. Formerly, Polynesians ate it and used the water for seasoning other dishes. But if the population of these islands likes fafaru, few visitors appreciate it. Its smell greatly influences their judgment.

Fruits and vegetables, for every taste
Even so, come to Polynesia and not taste fafaru would like to go to France and not eat cheese!

An article of Julien Gué
Translated from French by Vanaa Teriitehau


Copyright Julien Gué. Ask for the author’s agreement before any reproduction of the text or the images on Internet or traditional press.

mardi 12 février 2013

A Sidi Bou Saïd, en Tunisie

Un Maire : l’Histoire

Le promontoire marin de Sidi Bou Saïd, coiffé de dômes blancs, ses vantaux du fameux «bleu», avait pris le vent de l’histoire. Au service de la liberté recouvrée et de cette nouvelle citoyenneté assumée, un certain Dakhlaoui.

Raouf de son prénom, « Si Raouf ! » ainsi que le saluent ses compatriotes à Sidi Bou Saïd. Car s’il en est le fils, il en est devenu le maire. L’ancien conseil municipal volatilisé en 2011, dissous avec le précédent régime. C’est à un mandat de 5 ans de reconstruction que s’attèle l’édile.

Raouf Dakhlaoui, une ville vibrante
Le « village », comme il se plaît à se désigner, pas seulement pour son cachet typique mais son esprit bien trempé, le doit-il depuis longtemps à la particularité de son passé ou plus récemment à sa situation, entre l’ex-résidence d’un certain « dégagé » et le palais présidentiel de Carthage ? Ainsi n’est-il pas à l’abri des embruns.

 

La Salle municipale, c’est la vie

Si les administrés ont retrouvé la parole au grand air, et pas seulement dans les petits cafés et les recoins des ruelles, il en va de même dans les locaux administratifs. Et la vie y entre par toutes les portes. C’est ainsi que Raouf, toujours abordable, les reçoit, sans rendez-vous. Journées longues, étirables à volonté, toujours sur la brèche.

Mais cette « délégation spéciale de mairie » peut sauter n’importe quand, sous les affres d’un gouvernement provisoire chaotique. Cette réalité, il en prend compte au quotidien. Dans les termes d’une loi rarement respectée par les fonctionnaires eux-mêmes.

L’Histoire au quotidien
Chargé de fonction municipale, Raouf  Dakhlaoui, formation juridique à la clé,  s’y implique. Comme l’indique crucialement l’étymologie du mot, « le municipe, garde son autonomie de cité, même conquise » (sous l’empire romain, déjà !). Mais n’est–on pas en plein contexte d’assaut et de conquête, en ces temps troublés ?

Ceint de l’écharpe bicolore, bénévole de surcroît, il s’en tient à ses principes : applique la loi sans laquelle, entre autres, Sidi Bou, ne pourrait « convoler en justes noces ». Quant au reste, il faut faire avec les séquelles d’antan.


« Je n’y gagne que d’abandonner ma liberté »

A l’emporte-pièce, Raouf Dakhlaoui définit ainsi sa condition. Car il fait partie de ces « élus », dans tous les sens du terme : mandataire d’une population hétéroclite (tous milieux confondus) et « exception qui confirme la règle », de ces rares « élus intègres ».

L’Art, miroir de la vie
C’est donc pour une question de «morale politique» que le mandaté intérimaire s’est engagé. La gestion de la « polis » (communauté civique en latin), soumise à l’éthique du droit et du devoir, ne dispose toutefois d’aucun moyen réel de son application. 

En toutes affaires, il privilégie la « transparence » : joyeux casse-tête ! En toute légitimité -illégitime, car la Tunisie vit à l’heure des plus profondes contradictions- il assume sa fonction jusqu’aux prochaines élections sans cesse repoussées (!!!) jusqu’aux calendes grecques !

C’est ainsi que Sidi Bou Saïd subsiste et reste ce fief à l’abri des « forces antagonistes ». Et il le prouvera.

Le désaveu

Sidi Bou Saïd, malgré les pyromanes de l’épuration sectaire, vient donc de témoigner de sa santé mentale. Le marabout où repose le soufi Abou Saïd, depuis 1231, inutilement incendié par des salafistes (le 12 janvier 2013), la population réagit d’elle-même.


Quand la population s’en mêle
Agglomération littorale, endeuillée depuis des siècles par la perte de ses marins-pêcheurs, elle ressent d’autant plus l’offense. Attachée à leur protecteur, Abou Saïd dit « Maître des mers », elle refusera que quiconque s’en mêle.

Et c’est dans la plus profonde colère, exprimée par tous qu’elle ne laissera aucun membre de l’actuel gouvernement, en cheville avec les profanateurs, pénétrer dans son périmètre sans qu’il lui soit signifié de « dégager ».

Le maire utilisera la voie légale de la plainte, pour en référer aux responsables.


Un écœurement populaire
La suite, il ne la connaît pas. 

Un engouement, le livre

Par choix, par délassement, il substitue au livre de la loi ceux de tous les ancrages et du dépaysement… ou, plus exactement, il cultive le livre comme un art. Art de vivre, art du vivre. Car il est libraire de profession.

Dans la petite officine qu’il a montée, la même passion de la transmission, du contact : entre lecteur et écrivain, entre artiste et public, entre lecteurs. Un bail que cette aventure ! C’était déjà avant la révolution. « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. » avait écrit l’auteur de Salammbô. C’est à Salammbô.

Le cafetier, arôme de la librairie
Ainsi, la petite boutique, devenue foyer culturel de poche, anime et s’anime dans l’un des quartiers défavorisés de la banlieue nord de Tunis. Rendez-vous mensuels à l’étage pour des compte-rendu, des signatures, des vernissages.

A la mezzanine, on y évolue, on s’y invite, on dit, on échange : ateliers-chorale, théâtre, expos, ciné-club, peinture, musique, etc. En bas, on s’exprime. On y compulse livres, imprimés dans les deux langues. On y feuillette des affiches, on s’y attarde, avec thé ou café.

Que ne serait tout lieu de convivialité en Tunisie, sans la présence amène du cafetier ! La place est aux jeunes employés, leurs visions, leurs aspirations : on est artiste, on touche le pinceau aussi à Art-Libris. On délègue… Le Capitaine et ses mardis ! Et puis ce brassage des communautés qui ne se dévisagent pas entre elles.

Une vitrine haute en culture
Admises toutes les « ouvertures »... sauf  les œuvres « d’auteurs encourageant à la haine », anciens ou actuels. Un espace « infidèle » en toute fidélité.

 

Un article de Monak

 

Tous droits réservés à Monak. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet ou dans la presse traditionnelle.


A consulter : 

http://www.spotmag.info/actualite/actualite-nationale/fathi-laayouni-va-porter-plainte-contre-raouf-dakhlaoui/

hhttp://www.googlewww.tunisie-radio.com/TunisieNumerique/2013/01/14/tunisie-video-marzouki-se-fait-degager-de-sidi-bou-said

http://www.africanmanager.com/146236.htm



samedi 9 février 2013

Costa-Gavras

Capital, l’obscène

Avec « Le Capital » du réalisateur franco-grec Costa-Gavras, qui ne se serait cru aux meilleures heures de la contestation et de l’engagement ? En ce 2 décembre frisquet, Paris ne s’éveille plus… reste frileux, amorphe, désengagé.

La critique emboite le pas à une opinion publique dépolitisée : Costa-Gavras s’en est pris à l’ordre établi, il doit payer.  La finance fait plier le politique et asservit les États, les médias à ses bottes !

Un cinéma de créateurs
Pour preuve de ce genre de dérives ? Mediapart -journal en ligne et chroniqueur en live-, aux créneaux de la diatribe tous azimuts, n’échappe pas aux réflexes du surbooking. Au Cinéma des Cinéastes, une trentaine d’invités ne verront pas la projection du Capital.

 

Salle Etienne Jules Marey

La salle des premières cinématographiques est comble : 314 fauteuils et pas un de plus. Sécurité oblige ! Les trente « péquins » massés sur le devant de la scène, munis de leur réservation Mediapart, sommés de quitter les lieux pour que la projection démarre, battront en retraite.

Costa-Gavras, un engagement public
Mais ils se verront conviés à participer aux débats. Entre temps, ils se dispatcheront dans les salles du Ciné-Club, gracieusement invités par la direction du Cinéma des Cinéastes. En ce dimanche, la messe est dite.

Au programme de la séance du Ciné-Club de l’ARP (Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), le film Pas très catholique (1993), en présence de la réalisatrice, Tonie Marshall. Personnalité attachante qui verra son public subitement déserter au générique de fin. Quelle époque !

Salle Etienne Jules Marey : on refuse du monde
Quant à Etienne Jules Marey, c’est l’incomparable initiateur de la chronophotographie révélateur du mécanisme du vol des oiseaux. Ces images au « fusil photographique » qui fragmentent point à point le processus du mouvement.

Tonie Marshall, « Pas très catholique »
Que de découvertes, pour un jour de repos dominical ! Jour du somme feint du Cac 40 ! Ou de la surexploitation de vos comptes bancaires. Au choix !
. 

En terre de fiducie

Revenons donc au vif du sujet par le biais de ce débat public. Et analysons les motifs qui, en ce jour des seigneurs du fiduciaire, orchestrent le lynchage du film. En ce jour donc, 5ème anniversaire de la crise économique mondiale, la confiance des petits épargnants est émoussée, et la situation des classes moyennes plus que tragique.

Jean-Claude Grumberg, le scénariste,  souligne que « ce qui était honteux devient une valeur ». Le clinquant, comme les signes extérieurs de richesse « imposent le respect ». La destruction de l’humain, dissimulée derrière le « chewing-gum » de l’apparat.


Costa-Gavras : la banque, le politique, l’obscène
Vanité et vénalité des prédateurs en libre circulation viennent engrosser les paradis fiscaux. Anéantissement de la démocratie face à la dictature de ce pouvoir incontrôlé des spéculateurs en plein patrimoine virtuel.

 Fallait-il concevoir un film didactique ? Ou affronter la réalité par le détour de la fiction ?

Le pamphlet comme riposte

L’au-delà de la désespérance, c’est peut-être justement le sarcasme. Pousser la logique des «salauds» aux termes de ses limites. Le pamphlet ne ménage aucune nuance. Il martèle sans laisser d’issue, dans le plus grand bonheur de l’indécence du jeu.

Edwy Plenel, débat ouvert…
Le roman dont est tirée l’intrigue démantèle le système et ses combines sans le moindre atermoiement. Œuvre d’un spécialiste, Stéphane Osmont, ex-haut-fonctionnaire du ministère de l’économie, elle est éditée quatre ans avant la crise. Cependant, elle en préfigure les ingrédients.

Moralité ? Pas l’ombre d’une. Dans le monde du capital, la dette est capitale, les bénéfices faramineux, les moyens capitaux, la morale absente.

Une certaine ressemblance en jet…
Alors, c’est cette référence qui dérange ? Elle choque le Bobo ?

 

 

Un article de Monak

Tous droits réservés et Julien Gué. Demandez l'autorisation des ayant-droits avant toute reproduction du texte ou des images sur Internet ou tout autre support.