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lundi 18 juin 2012

Le Heiva i Tahiti

Premier festival des arts polynésiens

En juin et juillet à Tahiti, amateurs et professionnels offrent chaque jour d'éblouissants spectacles tous consacrés aux arts traditionnels polynésiens.

Depuis 133 ans, chaque année durant deux mois, toute la Polynésie vibre au son des to’ere*, ce qui fait de l’événement l’un des plus anciens festivals du monde.

Vous chantiez  Et bien dansez maintenant !
Musiques, chants et danses bien sûr, mais aussi des sports traditionnels comme le lancer de javelot, les courses de porteurs de fruits ou le lever de pierres sont à l’honneur à Tahiti et dans les îles de Polynésie française. Mais le point d’orgue de la manifestation, objectif rêvé de toutes les formations de Polynésie française, c’est la compétition officielle qui se déroule à Papeete, au mois de juillet.

Tiurai ou Heiva, qu’est-ce que c’est ?

Initialement Tiurai (qui signifie juillet en Reo Tahiti) ou aujourd’hui Heiva (fête) sont les deux noms portés successivement par la plus importante et plus ancienne manifestation festive et culturelle de Polynésie.

L’histoire commence avec l’évangélisation et ses interdits, matérialisés en 1819 par le code du roi Pomare II interdisant et punissant lourdement (entre autres choses) « chansons, jeux ou divertissements lascifs »… Tous ces interdits ayant été dictés à Pomare par les missionnaires de la London Missionary Society. A cause de cela, bien des choses se sont définitivement perdu des arts traditionnels polynésiens.

La 130ème édition du Heiva i Tahiti
A partir de 1880, c’est curieusement la célébration officielle de la fête nationale française qui permet le retour de manifestations traditionnelles à Tahiti. L’évènement est appelé Tiurai. Ce n’est qu’en 1985 que la manifestation est rebaptisée Heiva i Tahiti.

Depuis la première édition en 1880, il n’y aurait eu que deux années sans Heiva. Et bien que ce décompte soit sujet à polémique, l’édition 2012 est officiellement la 130ème du genre.

Danses, chants, musiques et cetera
Si le point d’orgue de chaque édition du Heiva i Tahiti est bien le concours des meilleurs groupes de chants et de danses traditionnelles, lequel ne représente que sept soirées au mois de juillet, c’est une multitude de manifestations de tous ordres qui sont proposées à cette occasion durant deux mois, à Tahiti et dans les îles.

De nombreuses îles organisent effectivement un Heiva, le plus médiatisé d’entre eux étant celui de Bora Bora et le plus authentique sans doute celui de Taha’a.

Spectaculaire épreuve du lever de pierre au Heiva
A Tahiti, les festivités se déroulent sur les mois de juin et juillet. En plus du concours déjà cité et qui clôture les manifestations, vont se succéder le Heiva des écoles, puis les concours des sports traditionnels et d’artisanat, et enfin le concours des troupes amateurs.

Sports et artisanat traditionnels polynésiens

En premier lieu, les impressionnantes courses de va’a* qui se déroulent dans la rade de Papeete donnent lieu à des empoignades spectaculaires et offrent l’occasion unique de voir évoluer les impressionnantes pirogues doubles à seize rameurs. C’est également l’une des rarissimes occasions de contempler en régate les quelques rares pirogues à voile traditionnelles encore existantes en Polynésie française.

Ces pirogues à voiles ont, hélas, quasiment disparu…
Le lancer de javelot (teka) consiste à percer, avec un javelot en bois de purau* de 2 à 4 mètres de long, une noix de coco au sommet d’un mât de 9,50 mètres dont les tireurs s’éloignent de 20 mètres.

La cible des lanceurs de javelots polynésiens
Les courses de porteurs de fruits consistent pour les athlètes à porter en courant entre 30 et 50 kilos de fruits sur une distance de deux kilomètres. Dans ces épreuves, si être le plus rapide est important, le costume du coureur et son habileté, comptent au moins autant que le résultat final.

Enfin, l’épreuve la plus impressionnante : le lever de pierre (Amora’a ofai). Il s’agit, en trois tentatives maximum, de poser sur son épaule en se tenant debout et bien droit, une pierre posée au sol et pesant de 80 à 100 kilos. Le plus rapide est le vainqueur. Par le passé, pour simplifier les choses, la pierre était enduite de monoï !

Le concours de coprah lors du Heiva 2011

Sont également organisés des concours de coprah ainsi que de très spectaculaires marches sur le feu (umu ti).

Chants et danses polynésiennes au Heiva

Les concours de chants comportent quatre catégories bien distinctes :
- le himene tarava (chants traditionnels) est interprété par tout le groupe de chant et dirigé par le ra'atira (chef de chœur).

Un himene tarava, moment unique du Heiva
- le himene nota (chants religieux plus récents). Ce sont les seuls chants écrits sur des partitions. Il se chante à quatre voix sans accompagnement instrumental.
- le himene ru'au (chants très anciens) s'interprète sans accompagnement à trois ou cinq voix.
- le ute est une chanson rythmée, interprétée par deux ou trois chanteuses accompagnées d'une petite formation d'instruments à cordes (guitare, ukulélé). Les paroles en sont totalement improvisées et basées sur des jeux de mots.

Pouvoir magique des danseuses polynésiennes...
Mais le clou du Heiva reste bien évidemment les concours de danse. Chaque groupe (qui peut compter plus de 80 danseurs et danseuses !) présente une prestation évoquant le plus souvent des légendes anciennes mettant en valeur l’île ou le district dont il est originaire.

Pour l’attribution du titre de groupe de l’année, le jury tient compte de la chorégraphie bien sûr, mais également des costumes, de l’orchestration et des performances des danseurs.

Heiva : un rôle essentiel
Au-delà de son aspect strictement festif, le Heiva joue un rôle primordial pour la transmission du savoir aux jeunes générations en leur permettant d’acquérir le sens des traditions, une préoccupation majeure dans la Polynésie contemporaine.

Le groupe Manahau au Heiva 2011

Accessoirement, le Heiva est également l’un des événements culturels phares de l’année et, en cela, draine une part non négligeable des touristes qui visitent nos îles.

Un article de Julien Gué

Sources :
« Tahiti aux temps anciens » de Teuira Henry
Lexique :
*to'ere : Le to'ere est une percussion creusée dans un tronc d'arbre et dont la sonorité dépend de la taille. Il est frappé à l'aide de deux baguettes et cet instrument est la base de toute la musique polynésienne.
*va’a : pirogues polynésiennes à balancier pouvant compter un, trois, six et jusqu’à douze rameurs.

vendredi 15 juin 2012

Tahiti

L’île de tous les rêves

Qui n'a jamais rêvé au seul énoncé du nom de Tahiti ? Mais que savons-nous réellement de cette île de Polynésie française ?

Tahiti vue par la France Coloniale
17° 31′ 12″ S et 149° 33′ 36″ O… Ne cherchez pas, ces coordonnées géographiques sont celles de l’île la plus mythique de notre vieille planète Terre : Tahiti.

Tout a été dit sur cette île pas comme les autres. Tout, et surtout n’importe quoi.

L’île de Tahiti et les origines

Il est désormais globalement acquis par la communauté scientifique que le peuplement du triangle polynésien (Hawaï, Nouvelle-Zélande, Île de Pâques) a eu lieu entre le 5ème siècle avant et le 5ème siècle après Jésus-Christ.

L’île de Tahiti vue de l’espace
Ces incroyables marins et leurs merveilleuses pirogues de voyages provenaient d’Asie du Sud-Est.

C’est aux environs du  3ème siècle après J.-C. qu’ils s’installèrent sur l’île de Tahiti, dont ils étaient les tout premiers habitants.

Histoire de Tahiti à partir du contact

Le premier Européen à mouiller dans ces eaux de manière avérée fut le britannique Samuel Wallis. C’était le 17 juin 1767 dans la baie de Matavai.

Le va’a, indissociable des lagons polynésiens
Le 2 avril 1768, c’est le Français Antoine de Bougainville qui lui succède, exactement au même mouillage. Lui ne reste qu’une dizaine de jours, mais en ramène le nom de « Nouvelle Cythère », donnant au passage naissance au mythe polynésien et à celui de la vahine.

Il est suivi en avril 1769 par l’Anglais James Cook…

C’est là que Cook et Bougainville mouillèrent pour la première fois
Un peu plus tard, dans les années 1790, Tahiti devient une escale incontournable pour les baleiniers en route pour leurs campagnes de chasse. Ce sera le premier véritable bouleversement dans la société tahitienne.

Les premiers missionnaires de la London Missionary Society débarquent à la pointe Vénus le 5 mars 1797. C’est le second bouleversement, certainement le plus profond et le plus total, qu’aient jamais connu les Polynésiens depuis leur installation sur cette île.

Souvenez-vous du capitaine Cook
Tahiti, alors royaume de Pomare VI, est officiellement annexé à la France par l’amiral Du Petit-Thouars le 6 novembre 1843.

De 1963 à 1995, la Polynésie devenue française accueille le Centre d’essais du Pacifique (CEP). Autrement dit, le territoire devient un laboratoire pour la bombe nucléaire si chère au général De Gaulle.

Depuis 2004, la Polynésie française jouit du statut de Pays d’Outre-mer (POM), un statut spécialement conçu pour elle. L’île de Tahiti en est le centre économique et politique.

Géographie de l’île de Tahiti

De très loin la plus grande de toutes les îles de Polynésie française, Tahiti offre 1045 km² de terre émergée partiellement protégée par une barrière de corail.

Mais il ne faut pas s’y tromper: de cette surface, seuls 150 km² sont habités et exploités. En réalité une étroite bande côtière faisant presque le tour de l’île.

Tahiti vue de l'intérieur
Le reste, tout l’intérieur de l’île, est formé de montagnes abruptes offrant sommets acérés et pentes vertigineuses, vestiges des volcans qui formèrent Tahiti.

Ainsi, les Mont Orohena (2 241 mètres), Mont Aorai (2 066 m), Mont Marau (1 493 m) et le Diadème (1 321 m) sont les plus hauts sommets de toutes la Polynésie.

Tahiti est formée d’une île principale (Tahiti nui*) et d’une presqu’île (Tahiti iti**) reliées par un isthme très étroit. Sur cette presqu’île se dresse le Mont Ronui qui atteint 1 332 mètres. La presqu’île est la partie la moins peuplée de Tahiti.

Tahiti : les lumières de la ville

Lors du recensement de 2007, sur les 259 706 habitants de Polynésie française, 178 173 vivaient à Tahiti, soit presque 70% de la population globale des 118 îles polynésiennes…

La ville de Punaauia depuis le Mont Marau
Au nord-ouest de l’île se trouve ce qu’il est convenu d’appeler la zone urbaine. Cette agglomération regroupe, autour de la capitale administrative et politique qu’est la ville de Papeete (26 050 habitants) et en partant de l’est, les communes de Mahina, Arue, Pirae, Faa’a, Punaauia et Paea.

Ces sept communes abritent à elles seules plus de 130 000 personnes.

Se trouvent également dans cette même zone urbaine le seul aéroport international de Polynésie (Tahiti - Faa’a), le seul port international capable d’accueillir des pétroliers et des porte-conteneurs (Papeete), les services douaniers, l’ensemble des pouvoirs politiques et des services administratifs ainsi que l’essentiel des activités commerciales de Polynésie.

L'aéroport de Tahiti - Faa'a
On y trouve également les seuls cinémas, salles de spectacles et boites de nuit du Pays, ce qui explique que la jeunesse des archipels éloignés ait tendance à vouloir s’y installer plutôt que de rester sur ses îles d’origine.

Il est également vrai qu’en dehors de Tahiti, il y a peu d’espoir de trouver un emploi.

Visiter Tahiti

Les premiers contacts avec l’île de Tahiti se font à travers la zone urbaine ce qui, il faut bien l’avouer, ne donne guère envie d’en voir plus.

Sans aucun intérêt architectural et sans cachet, cette agglomération mal entretenue présente toutes les caractéristiques d’une cité du tiers-monde victime d’une urbanisation sauvage.

Ça, c'est Tahiti !
Ce serait pourtant une grossière erreur de s’en tenir là. Tahiti cache en effet bien des merveilles offertes à ceux qui se donnent la peine (et le temps) de sortir des sentiers battus.

Si les plages publiques de l’île sont rares et peu engageantes, le littoral sauvage de la côte est et de Tahiti iti offrent des paysages somptueux.

Tahiti, la mer à la montagne
De nombreuses balades en montagne ou dans les innombrables vallées ont de quoi ravir les plus difficiles. Et s’ils sont trop rarement mis en valeur, Tahiti cache également une multitude de sites historiques du plus grand intérêt.

Il est toutefois indispensable de s’assurer les services d’un guide local tant les plus beaux endroits de l’île sont difficiles d’accès et mal ou pas indiqués.

Une des nombreuses cascades de Tahiti
Osez vous enfoncer dans la luxuriance des vallées, et Tahiti vous offrira alors ce qu'elle a de plus merveilleux: la fraicheur d'une cascade au milieu d'une végétation exubérante imprégnée de fragrances inouïes...


Lexique :
*Nui : grand
**Iti : petit
Sites à consulter :

Un article de Julien Gué

mercredi 13 juin 2012

Les trucks de Polynésie

Un bonheur de transport en commun

Condamnés à disparaître, les trucks de Polynésie restent pourtant l'un des meilleurs moyens de visiter les îles avec les Polynésiens.

Dans les années 50, un truck Citroën à Moorea
L’automobile n’a commencé à vraiment se démocratiser à Tahiti qu'à la fin des années 1990, avec une explosion entre 2000 et 2010. Jusque là, et aujourd’hui encore ailleurs dans les autres îles de Polynésie française, il n’y avait d’alternative à la marche à pied que le vélo, les taxis (rares et chers) et les trucks.

Un truck, qu’est-ce que c’est ?

Si la recette a connu un succès phénoménal en Polynésie française, elle est pourtant toute simple: prenez le châssis, la cabine et le moteur d’un petit camion de 3,5 tonnes, confiez-les à un préparateur polynésien quelques semaines et le miracle a lieu ! Une superbe cabine en bois peinte aux couleurs de votre choix occupe maintenant toute la longueur de votre châssis, débordant très largement au-delà de l’essieu arrière, permettant d’accueillir jusqu’à 40 personnes. Curieusement, elle est toujours agrémentée, sur ses flancs, d’ailerons rappelant étrangement les ailes arrières des Simca Chambord et Versailles de la fin des années cinquante. Le toit, dans son entier, est une galerie permettant de transporter toutes sortes de colis volumineux, des cages à poules jusqu’aux vélos…

Années 60, un truck au marché de Papeete
Pour pénétrer à l’intérieur de l’espace dévolu aux passagers, deux possibilités: une porte est ouverte dans l’arrière de cette cabine et deux autres sur le côté droit: une sur l’avant pour monter et une autre à l’arrière pour descendre. Cette cabine est entièrement vitrée sur la moitié supérieure de sa hauteur. En réalité, des panneaux de plexiglas, en général ouverts en grand, sauf lors des averses tropicales, évidemment. La principale caractéristique de l’aménagement intérieur réside dans la disposition des sièges. En effet, Deux banquettes sont installées face à face le long des parois et une autre, beaucoup plus large, va de l’avant à l’arrière. Cette disposition, si elle va à l’encontre de toutes les règles de la sécurité routière moderne, permet aux passagers de se faire face. Ce qui, vous en conviendrez, est bien plus agréable pour faire la conversation!

Comment se déplacer en truck ?

Voyageurs qui montez dans un truck, laissez au bord de la route tout ce que vous croyez savoir des transports en commun.

Les trucks, spartiates mais tellement conviviaux
Si les choses ont été largement normalisées dans la zone urbaine de Tahiti, les trucks n’étaient soumis à aucun horaire ni itinéraire. Et c’est toujours le cas dans bien des îles. Les chauffeurs sont propriétaires de leur véhicule et leur propre patron. Dès lors, l’heure du départ et le trajet précis restent soumis à l’humeur du jour, voire du moment. Et il en va de même pour les arrêts: les trucks s’arrêtent à la demande pour prendre ou laisser descendre les passagers. Ces derniers annoncent leur destination au chauffeur en montant et, le plus souvent, règlent la course avant de descendre. Il arrive que, pour rendre service à un passager, le chauffeur fasse un détour totalement imprévu. Il arrive aussi qu'il s'arrête pour parler avec un ami ou pour faire quelques courses. Depuis toujours, beaucoup de chauffeurs de trucks sont des femmes.

Irremplaçable ambiance des trucks de Tahiti
Tous sonorisés, il est bien rare aujourd’hui de voyager en silence. D’autant que, dans le passé et toujours aujourd’hui lorsque la sono est en panne, il n’est pas rare que l’un ou l’autre des passagers fasse chanter son ukulele, entraînant les chants de nombre d’autres voyageurs. Hélas, les boom-blasters diffuseurs de méga-basses ont tendance à remplacer trop souvent ces formations improvisées.

Il est par contre bien rare de voyager en truck sans qu’une conversation ne s’engage avec d’autres passagers.

Le truck, outil idéal de la découverte

Même si, à Tahiti, ils sont peu à peu remplacés par d’énormes engins modernes et climatisés qui encombrent les routes, s’arrêtent aux arrêts officiels et sont censés respecter des horaires, il reste encore beaucoup de trucks en service, notamment en dehors de la ville de Papeete. Si l’on n’est pas pressé et que l’on accepte l’idée de changer de truck au minimum une fois, on peut ainsi faire, tout seul, un tour de l’île plein de magie et de surprises.

Un truck et son remplaçant moderne
D’autre part, divers opérateurs organisent régulièrement des « tours de l’île » en truck, avec un petit orchestre traditionnel et bringue à bord, des arrêts dans divers sites culturels, historiques ou archéologiques et, bien évidemment, une longue pause au bord du lagon pour savourer un bon ma’a tahiti (repas traditionnel polynésien).

Enfin, il est bon de savoir que le prix d’un billet de truck reste encore très modeste : 150 Cfp (environ 1,26 €) pour un trajet d’une dizaine de kilomètres en zone urbaine. Il faut quand même savoir qu’en dehors de Tahiti et de Moorea, les services de trucks sont extrêmement aléatoires. Mais ils existent dans les plus importantes des îles de l’archipel de la Société.

Les trucks condamnés par la modernisation

Ce moyen de transport convivial et si particulier est pourtant destiné à totalement disparaître dans les quelques années qui viennent. « Progrès » oblige, les trucks sont peu à peu remplacés par des autocars ultramodernes aux vitres teintées, climatisés, équipés de ceintures de sécurité sur tous les sièges alignés dans le sens de la marche et pouvant transporter plus de 60 passagers. Au-delà des conséquences sociales de cette évolution imposée sans concertation par les pouvoirs publics au début des années 2000, c’est un des aspects particulièrement charmants et originaux de la Polynésie qui va disparaître.

Autre déclinaison du concept du truck
Cependant, aujourd’hui encore, la quasi-totalité des transports scolaires sont effectués par des trucks. Il en va de même pour les déplacements de la plupart des associations sportives et culturelles se rendant à un événement ou un autre. Enfin, certains opérateurs locaux se battent contre les pouvoirs publics pour conserver la possibilité d’offrir ce plaisir unique à leurs clients. Avec succès, pour l’instant…

Les derniers trucks racontés par Lili Oop dans l’émission Ta’ata
Bien que d’un autre temps, ce moyen de transport manquera terriblement dans le paysage et la vie quotidienne des Polynésiens qui y sont, comme moi, très attachés.

Un article de Julien Gué