Publicité

Publicité
Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

lundi 8 septembre 2014

Othman Babba : l'interview insolite


Spectographie de la Tunisie

Othman Babba, -sa conscience, sa ténacité, ses écrits et ses peintures-, se taille des brèches dans les murailles de l’immobilisme pour faire « entrer le soleil », affranchir les façades de la grisaille des temps et graffer la couleur de l’espoir.

M’étant engouffrée brièvement dans ses « Chroniques d’un âge de poussière », publiées au printemps 2014,  je régurgitais dans un précédent article et à sa suite les tonnes de fossiles, de débris et d’ordures dont il dépoussière la Tunisie. Gardant, pour la bonne bouche, cette « auto-interview » dont  l’auteur lui-même m’a fait cadeau : je la partage avec vous, chers lecteurs, dans son intégralité ; car la tronquer d’une gorgée, m’aurait « fendu le cœur ».

Asma Rammah : le calvaire des enfants violés sous la férule des prêcheurs…
J’avais croisé Othman Babba, au hasard d’événements culturels à Tunis… Tendre, effacé, modeste, je ne lui connaissais pas cet humour. Place donc à un talent de journaliste atypique, car il ne fait pas de narcissisme. Son « fan club », vous en découvrirez quelques figures dans les commentaires qui sont ici affichés. Des femmes… pour porter sa parole. Bel hommage, s’il est besoin de le préciser !

« Othman Babba, et si on parlait ? … »
Divan ou introspection ? Othman Babba s’attèle au difficile exercice de se dire en toute transparence tout en établissant le dialogue. Tout commence donc par une adresse :
« Merci MoniQ Akkari. Mes racines ont poussé par-là, entre Monastir et Mahdia, à Moknine, à quelque centaine de mètres du lieu du culte juif ! Depuis.... bien des rivières ont coulé ! »

Ecrire, est-ce si important pour vous ?  
« Très important. Ecrire c’est rattraper le temps qui passe, c’est saisir un moment précieux de notre vie qui risque de sombrer dans l’oubli, écrire c’est dénoncer des injustices subies par nous-mêmes ou par d’autres, c’est élever à la place qu’ils méritent ou qui leur revient de droit certaines personnes et certains faits que les circonstances avaient lésés ou méconnus.

La Tunisie entre passé et avenir…
« Ecrire aussi et surtout est le miroir dans lequel se mire notre âme. Les mots que nous traçons nous dessinent les contours, les méandres, les profondeurs de notre être. C’est cet acte qui nous permet, entre autres, de devenir meilleurs, de chercher à nous mettre au service de ceux qui ont besoin de nous et de découvrir que nos différences sont des richesses que nous pouvons aisément mettre en commun.  

Quand vous n’écrivez pas, que faites-vous ?
« Je continue, comme pendant l’acte d’écrire, à regarder au fond de moi-même, au fond de ma tête si pleine de souvenirs et de rêves et je dessine. Je troque la plume pour le crayon ou le clavier pour le pinceau.

« L’essentiel c’est de s’exprimer, de tenter d’établir un lien avec l’autre, cet autre encore inconnu de nous, qui nous lira plus tard ou qui regardera nos tableaux plusieurs mois ou plusieurs années après leur réalisation. En fait, j’écris et je dessine aussi bien pour moi que pour un lecteur potentiel encore inconnu de moi en espérant que les mots nous rapprochent davantage et nous révèlent que chacun de nous suit une route différente mais qui conduit inévitablement vers un même but.

Selwa Ben Hamid : des aberrations toujours actuelles qui dérangent
« Ecrire, peindre, comme chanter, danser, faire de la musique ou monter sur une scène de théâtre sont des outils, des moyens qui nous permettent de comprendre un peu mieux le monde dans lequel nous vivons, de nous rapprocher un peu plus de notre semblable qui est si différent de nous, de découvrir en nous-mêmes cette énergie qui nous pousse à changer le monde et à créer un espace où vivre ensemble, avec les autres, est si agréable.

Votre premier roman : une autobiographie fictive ?
« Je peux affirmer que tout ce qui y est dit est la pure vérité. Aucun événement relaté ne relève du domaine de l’imagination. Sauf que les personnages ne portent pas les noms qu’ils portaient de leur vivant où qu’ils portent encore s’ils sont toujours en vie. Ils n’exercent pas, dans le roman, les métiers qu’ils exercèrent ou qu’ils exercent dans la réalité et n’ont pas avec le narrateur les rapports familiaux, d’amitié ou de voisinage qu’il leur a attribués.

« Certains événements ont été vécus par certaines personnes mais furent attribués à d’autres.  D’autres, par contre, ont été vécues par d’autres et le narrateur les a attribués à lui-même, etc.  Le village n’est désigné par aucun nom ni par aucune coordonnée géographique et de ce fait il peut être n’importe quel village dans un pays où règnent la pauvreté, l’analphabétisme et la ségrégation entre hommes et femmes.

Les 4 saisons de la Tunisie, à perpétuité…
« Les événements ne sont pas narrés selon l’ordre chronologique de leur déroulement mais selon les caprices de ma mémoire et mes sautes d’humeur. Ainsi, le lecteur, tout comme moi-même, peut découvrir à quel point la fiction est proche de la réalité et à quel point une vie tout à fait « ordinaire » peut ressembler à celle d’un personnage de roman.

Les Chroniques d’un âge de poussière auront-elles une suite ?
« Oui. J’y travaille. Mais est-ce que cette suite sera publiée ou non, tout dépend de l’accueil que feront les lecteurs à ce premier livre.

Ema Berg : Des mots qui font grincer…
« Moi, je continue à écrire, c’est une nécessité, un besoin. Les mots libèrent l’esprit et l’évocation du passé donne des couleurs au présent. Je suis persuadé que chaque phrase qu’on écrit est une trace sur les chemins qu’emprunteront les générations futures ; ils pourraient leur être utiles, on ne sait jamais !

Ecrivez-vous pour ces générations, vos contemporains ou vous-même ?
« Pour eux, pour moi, pour nous tous. Chacun de nous a besoin de l’autre. En racontant une vie qui côtoie plusieurs autres, on aide ceux qui la découvrent à mieux gérer la leur, à mieux mesurer les distances qui les séparent de leurs grands-parents et arrière grands-parents…

«  …à prendre conscience de l’évolution de la société dans laquelle ils vivent, etc. Le lecteur apporte lui aussi son aide à l’auteur par l’accueil qu’il réserve à l’ouvrage, mais surtout par les critiques et les reproches qu’il lui adresse.

Le Sable en mal de bonheur
« Je crois qu’un livre, comme un tableau de peinture, ne s’accomplit et ne prend toute sa dimension que par le regard de l’autre et par l’intelligence de l’autre. Et c’est dans ce sens-là que l’écriture comme la peinture sont des moyens de communication entre les hommes et dont on ne peut jamais se passer.

En fait, avez-vous un autre dessein en écrivant ce livre ?
« Le village où j’ai situé l’action, ressemble, comme je viens de le dire, à des centaines d’autres villages et ses habitants ne sont guère différents des habitants de ces autres villages. Si cette description était mon but j’aurais donné plus d’indications sur ce village, précisé ses coordonnées, mentionné son nom, etc.
« Ce que j’ai voulu faire c’est décrire la situation de la femme dans les années cinquante et l’état d’infériorité dans laquelle elle était maintenue. J’ai voulu dénoncer la bêtise et l’hypocrisie surtout quand elles se déguisent avec les habits de la religion et servent à maintenir, à consolider ou à élargir les pouvoirs des plus riches, des notables, de ceux qui se considèrent, pour une raison ou une autre, supérieurs au commun des hommes. 

Dorra Chammam : L’émotion à cœur ouvert
« J’ai voulu bousculer le tabou de la sexualité et montrer que c’est un sujet dont on peut parler, un élément qui participe à la construction de notre personnalité et de notre sensibilité. Mais faut-il qu’on soit convaincu que le sexe ne constitue pas un moyen pour exploiter les femmes et les plus faibles ; ne pas s’en servir comme moyen d’agression ou d’interdit ; ni en parler pour en faire un objet d’élucubration pornographiques de bas étage. Ces sujets sont toujours d’actualité.
« La sexualité ne doit plus rester comme tabou et faire partie de ces non-dits… On doit en parler et l’expliquer avec mesure, avec pudeur, avec une certaine sensibilité pour ni choquer les uns, ni flatter les bas instincts des autres.

« La situation de la femme a évidemment évolué énormément. Mais il lui reste encore du chemin à faire pour parvenir à réaliser l’égalité parfaite entre elle et l’homme. Aujourd’hui, ses acquis sont menacés et elle doit faire preuve de vigilance et de combattivité. La religion est un élément de cohésion sociale et un ciment qui consolide l’édifice national, malheureusement, certains continuent à l’utiliser soit pour accéder au pouvoir, soit pour servir des intérêts personnels et d’autres moins avouables. 

Plume & pinceaux aux sangs mêlés…
« C’est dans ce but que j’ai écrit les Chroniques d’un âge de poussière. Ce n’est pas un livre qui prône une idéologie quelconque, ni un écrit didactique ou moralisant… C’est juste un récit où la réalité et la fiction s’entremêlent et où le narrateur lui-même se confond avec un personnage de fiction, un pur produit de l’imagination de l’auteur. »

Othman Babba n’en finit donc pas de nous surprendre. Tout aspect anecdotique évacué, cet entretien se consacre à l’unique question qui préoccupe les Tunisiens : comment ne pas retomber dans cette grossièreté commise et réitérée par l’Histoire du monde maghrébin, arabe et méditerranéen ? Il appartient aux artistes de l’imaginer pour qu’elle s’écrive autrement. Othman Babba, parlons-en…

Propos recueillis par  Monak

Voir aussi l’article : « Othman Babba : Tunisie de cendre » par Monak.

Tous droits réservés à Monak. Demandez l’autorisation de l’auteur avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.



mercredi 3 septembre 2014

Othman Babba


Tunisie de cendre…

Avec « Chroniques d’un âge de poussière », Othman Babba prend la parole après avoir pendu la toile aux cimaises tunisiennes pendant une vingtaine d’années. S’il entre en littérature au printemps 2014, ses peintures ont toujours dialogué avec les mots, en particulier ceux des poètes (Prévert, Souf Abid, René Char, etc.)

Ne croyez surtout pas que le chroniqueur prenne le voile. Au contraire les pages de son recueil tombent le voile, comme un vieux costume momifié. Sa parole est libre, sans détour, elle dénonce. Elle dépoussière le gentil conformisme moral dans lequel on fait croire, sur le territoire et internationalement, que se complaisent les Tunisiens. Ce récit recouvre la génération des enfants de la lutte pour l’Indépendance en Tunisie, soit, approximativement, à partir des années cinquante.

Un récit que l’édition enregistre
Dans cette mise en lumière de plus d’un demi-siècle d’événements attestés, c’est le voile du temple du silence qu’il arrache : alors se soulèvent des colonnes de poussière qui habillent les « Chroniques » d’un panel de couleurs pesantes, de « Couleurs en fureur », comme l’exprime son exposition de 2008 à l’Espace Sophonisbe. Les couleurs, les mots sont-ils porteurs d’émotion ? Oui, car ils sont terriblement humains chez notre artiste.

D’ombre et de poussière…
Les premières lignes à peine découvertes, se pose l’architecture d’un livre qui, jusqu’à son point final, s’étaye sur les différents sens du mot « poussière ». Ce n’est pas artificiel, ce n’est pas fastidieux. Chaque évocation propose une image, comme pour la composition d’un tableau. Ne l’oublions pas, Othman est plasticien.

L’écrivain brosse des portraits précis et tranchants de la société tunisienne, de son histoire et de ses héritiers. Poignants, ils s’emboitent et se succèdent avec rapidité. Le récit est bien mené. Mais toujours sur le fond hélas rédhibitoire de ces individus laissés pour compte ; de ces espoirs à l’abandon, de cette usure de l’être qui s’effrite, cette absence d’éclat, de la misère, cette poussière dont on ne se lave pas. C’est hélas, loin de l’espace infini qui mène aux possibles, de la magique « poussière d’étoiles », du rêve…
 
« Et comme si la femme était un festin »
Elle recouvre, déforme et cache la honte, l’ignorance, la violence, le scandale du sexisme et de l’exclusion : elle est poussière du temps, poussière âcre qui suffoque, poussière aveuglante qui brouille la vision et occulte les vivants, poussière sombre qui enveloppe comme un suaire.

Elle s’écoule, ne peut se retenir, se délite, à l’image de l’individu fragilisé, terrassé, anéanti, celui qui compte pour rien, qui mord la poussière et baise la semelle des parvenus. Elle est aridité de l’air, des relations, des croyances, de l’avenir inscrit chaque jour sur la dune et qui s’ensevelit, de l’inutile. Elle est enfin signe d’un pays qui se meurt : s’éparpille et tombe en poussière. Symbole de l’humain « né poussière et redevient poussière ».

L’artiste “macule la surface blanche” (L’herbe rouge)
Parcourir les tableaux et le site d’Othman Babba, nous conduit à reconnaître la même fougue : Ronz Nedim taxait son « inspiration de joie de vivre », je suppose à cause de l’éclat des couleurs. Mais je pense qu’il s’agit plutôt de rage, d’explosion : elles se retrouvent dans le déséquilibre volontaire de ses compositions picturales, dans le heurt des couleurs, dans le « criard » dont il tient à « maculer » ses œuvres, ses titres, ses écrits.

Une herbe qui naît de la pierre.
Sa gouache « L’Herbe Rouge » nous renvoie à ce brin révolutionnaire qui germine bien au-dessus du dôme des mosquées et des mausolées. Car ses chroniques, Othman Babba ne les écrit pas pour se plaindre ou se faire consoler d’une enfance miséreuse, mais pour porter haut et fort le plaidoyer d’une société reproduisant les clivages de la colonisation française ; une culture qui disparaît aussi sous le pouvoir informel de la collectivité et de coutumes qui ne se justifient plus.

Un magma « d’hommes qui ressemblent à des êtres humains dès qu’ils vous regardent dans les yeux, l’espace d’une seconde, puis s’effacent dans l’anonymat de la multitude ». L’auteur n’aligne aucune explication, aucune excuse, aucune justification à ce culte de la domination masculine et de la mauvaise foi, sacralisé depuis des millénaires : « au pied de la muraille imprenable du machisme, celui (l’éternel visage) de l’amour dont l’homme s’empare et qu’il transforme en silence, en absence et en manque de reconnaissance. ».

Les lendemains sont des oiseaux …qui planent
Les Chroniques ont en effet ceci de particulier qu’elles sont un constat du vécu, du passé : inchangeable, clos. L’écrivain ne lui pardonne rien, se montre intransigeant, de cet hier et de ce proche présent qu’il sanctionne d’un « âge des cavernes ». A contrario, Othman Babba tente en partie, dans la création de ses tableaux, de suggérer un autre monde, celui du futur. « Les lendemains sont des oiseaux …qui planent aussi haut que nos rêves » (OB, 27.05.2014), commente-t-il.  

 « Où es-tu ? »
En tant qu’intellectuel issu d’un milieu modeste, tout comme Bourguiba (un voisin natif de la même province) il ne peut qu’envisager une révolution des mentalités et des systèmes politiques, tribaux et familiaux. Mais l’inertie culturelle est inébranlable. L’auteur ose s’attaquer aux sujets tabous, jusque-là bien gardés par « l’honneur des familles ».

Ce qui me touche au plus haut point, c’est la sincérité des propos tels qu’ils sont relatés, à visage découvert. Nous avons tous entendus, dans nos familles, les mêmes témoignages dégradants. Nous ne pouvons que reconnaître le courage de l’auteur d’avoir publié la litanie des exactions auxquelles sont soumis les humiliés du petit peuple : les adolescentes devenues épouses forcées ; les gamines de quatre ans, employées de maison, violées par leur maître ; les provinciaux bafoués par les collégiens de la capitale ; le viol conjugal perpétré malgré le Code du Statut Personnel.

Les dames de cœur
Othman Babba raconte, se raconte. Il est le porte-parole de ses amis d’enfance, de jeunesse, d’adulte. Il ne prend pas parti. Il livre de façon brute la voix des démunis. Il nous laisse juste réfléchir… et avec un peu de chance, nous déterminer : pour que les choses changent. Il écrit pour les faire exister, tous : ces hommes et ces femmes.

Les portes du silence
Il transmet, sans langue de bois, en un langage des plus familiers et du plus trivial, la détresse de ces jeunes femmes dont le salaire sert à élever le reste des frères et sœurs, géniteurs y compris et dont le mariage, alors qu’elles sont mineures, rapportera au père :

« Je serai une chienne qui élèvera des chiots, une chienne qu’on bat parce que l’hiver est trop rude ou parce que l’été est torride, une chienne qui se nourrit de restes et se couvre de haillons, une chienne qui n’aura ni le droit de mordre ni celui d’aboyer, une chienne qu’on rejette si elle met bas des femelles et qu’on affame si elle ne tombe pas enceinte dès le premier mois du mariage. »

Zohra, la jeune « bonniche » comme il se dit en Tunisie, « bonnicha », prend la valeur d’emblème de ces femmes de cœur, ces « Dames de Cœur », qu’on joue aux cartes et qu’on vend : « Une statue, Zohra, celle du silence ou de la résignation, celle de la révolte ou de la sagesse, celle de la femme combative ou celle de la jeune fille exploitée ».

« Pinceau & plume » témoignent…
Sur sa page internet « Pinceau & PLUME », Othman Babba cite Léo Ferré : « La poésie ne prend son sexe qu'avec la musique comme le violon avec l'archer qui le touche ». Car sa partition est artistique.


Un article de  Monak

Tous droits réservés à Monak. Demandez l’autorisation de l’auteur avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.




samedi 30 août 2014

Street Art in Tahiti


Lagoon Graff
The Graffiti, or Street Art, is caught in spatial planning policy in Polynesia nowadays... like everywhere else. It reconnects with this very prehistoric "rock paintings". It’s sprayed on the stone, concrete, metal, by thin layer and transmits a visual, graphic, ethical or aesthetic discourse...

On May 2014, the first international festival of graffiti "ONO'U" in Papeete, is not in fact the first intrusion of what belongs to the spray-painting, mural, stencil, bonding line, collage, all what’s penciled and so on, onto the walls and facades of the capital and other Polynesian islands. It follows two decades with many "wild" achievements; but also with framed artworks by associations of graffiti artists, cultural events or works commissioned by individuals.

A Street, a perspective
Has it the Tahitian public space been really rehabilitated in popular attitudes like a place of expression? Has it become currently the springboard that defends the living arts in urban than in rural areas? Did the artists revisited the old and original forms, or have they created a new imaging?

Do the recent pictorial achievements really fit the "street furniture"? How do the Tahitians address the representations that foreign artists have made of them? What are became graffiti...

…By way of extensive beginnings...
For millennia, the volcanic rock, brittle and fragile on Polynesian high islands, has left us some vestiges of petroglyphs: ideograms or pictographs, some of which are indecipherable. Before like now, it appears that the graphic art of the Polynesian islands is dedicated to corrosion: the centuries-old printing woodblocks have resisted rarely, neither the decorated tapa (bark cloth) nor the tattoos, lasting only the time of a skin, of a lifetime...

Carved in lava stone
Walls or natural caves, store fronts or public buildings gables seem to have always done office of speech area, of tribune, individually or collectively, in different periods. After having enhanced the educational purposes in the Middle Ages, the walls are confronted with protester  proposals or reports  (see the matter of billboards that stirred the Renaissance ...).

So let's recall the reactions to the first official stencil graffiti: "NO POSTING",  placarded by the Third Republic in 1881 ... and in the same vein, "some measures of  assimilation, enacted by Jules Ferry, want to prohibit  the Tahitian language and  to francize the "natives"  of the colonies ... That's justifying a certain imperialism. "

It is surprising that the Deixonne Act of 1951, "authorizing the teaching of regional languages, has been applied only in 1981 to French Polynesia." And in this joust of cultures and minorities against the power, the practice of graffiti has been as controversial or chased.

A message, a picture (2011) 
            On the walls of cities, the authority will confirm its role of monitoring and censorship, consumer associations their response to the saturation of urban advertising. The thugs are using them for transmitting information about their break-in, the individual or the anonymous artist to publicize his heart strokes, his protests, his SOS.

Historical outline  

The Graffiti becomes aesthetic representation in the 1900s. The first Atlantic crossing of lettering was committed by Kilroy in 1942. This employee of a factory of military bombs from Detroit (Michigan) attempted to serve his peaceful position by the following markings: "Kilroy was here ", tagged on the hull. In Europe, the soldiers reproduce the tag on the walls still standing. Message received.

The rebellious period of the sixties saw the flowering all kinds of slogans on the walls. Meanwhile the lettering (pure graffiti) is signed by a tag. The works are stylizing. With emblems or chimera the graff spots are diversifying, on movable supports (trucks, cars), on areas deemed inaccessible (tunnel, the top of a building), play the trick of the eye, become airspace art, upset the perspectives and viewpoints.

Before (2011) ... After (2014)...
The Graffiti or Street Art is one of the hallmarks of contemporary aesthetics of the twentieth century. This does not mean that this vast wild and open museum originally have been entitled to something else that "a minimum recognition, a ridiculous and microscopic place in the media, a constant suspicion of prefectures, a permanent rejection of art institutions.

On the other hand, some capitals were sponsors such productions ... to dress their environment. What about now?

Tabu and "octopus"


Graffiti Festival in Papeete
The legal framework is strict: "When they aren't on authorized carriers, the graffiti are for the French or Polynesian criminal law, destruction, degradation or willful damage of property belonging to others." In 2001, the taggers are stuck through the sites, journals, by the device "OCTOPUS (Tool of Centralization and Operational Treatment of Procedures and Users of Signatures)" which has nothing of the harmless octopus.

"Furthermore, the content of the inscriptions (death threats, incitement to racial hatred, defamation, etc.) may be an offense in itself."

In March 2009, the "Town Bulletin of Papeete" began a campaign in these terms: "More than 9,000 "tags" have been identified in the city; it is a scourge! The fight against this eyesore has become a priority for the city of Papeete. These inscriptions attack the eyes and cause a feeling of neglect and insecurity”.

The long hunting of "Tags" on"Te Honoraatira"
An explanation is needed: "If we go by the theory of broken glass developed in the United States, graffiti is a source of insecurity because it lets the people feel that their neighborhood is neglected by public authorities and that the social incivilities go unpunished.”

Anyway, I like to "breathe" cities through windows that the taggers open onto the blind facades, the broken walls in disadvantaged neighborhoods. I resume my pilgrimage, started there three years. Is the urban landscape being changed with the Graffiti Festival 2014?

Forever  or ephemeral?
The Street art is unfortunately perishable. It is not immune to the ravages of time, or the human hostilities. For example, the soul of Beirut, rebuilt at the heart of his injuries, touched me deeply in 2003.  What’s remaining after the 2006 war?

He "may at any time be lost forever." "Under the Street Art Project, the Cultural Institute of Google works with experts from fifteen countries to preserve more than five thousand images of works and exhibitions."
.
A snack on the edge ...
Sometimes designed on surfaces previously occupied, but especially on the gigantic spaces, it begs the question of their effective integration into the outlook of the initial cityscape. Some bring their inspiration BD vision, completely out of line. Others are modernizing their fenua (country in Mao’hi language) vision. Others, finally, play with color or their feelings.

Quickly assimilated into the everyday look, quickly forgotten, some even are overshadowed by the return of the debris. However, they re-driven everywhere on the island of Tahiti, the desire to hide or renovate chipped palisades.

Urban Poetry…ephemeral ...
The Graffiti can it be institutionalized as it was fought. Can it continue when it is an act of the moment?

Games of views ... unreal ... fantasy, future, lightness of humor ... the Graffiti is art of the unfinished, like the poetics.

"... We are told street
This is our stage, our ring, our choice


An article of   Monak


Copyright Monak. Ask for the author’s agreement before any reproduction of the text or the images on Internet or traditional press