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Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

vendredi 11 février 2022

19èFIFO – the island and...


Amelia, Gemma, Johnny

 

Among the Competiting films,  one documentary seems 
to draw its originality from both form and substance :  
the island in me
 
The title could have put us on the way.

 

Gemma Cubero del Barrio

            And as the atmospheres are strong, as the Oceanic rhythm of the images transports us, 
we let ourselves be led without thinking about it further.

 

The impregnation, the suggestion, this delicacy to approach the situation is it not triply feminine? 
don't we owe it to these 3 authors in their field – Amelia, Johnny, Gemma – who come together 
to combine their impression?

 

The island, this entity...

As much as we had entered this world of fluctuations where everything operates and is resolved 
in fluidity: where the aqueous element bathes bodies and places, where the memory of water 
soothes, the size of the island seems to gain volume continuously.

 

About the island in me

The perception of the island seems to oscillate between protection and domination... 
Can we oppose it? Impossible. 
 
She is a refuge, but also a master: She imposes her law on us.
Why ? 
Because it holds the secret of ancestral habits and obligations. 
The owner of the soul of the place. 

 

 

 The island constantly starting over...

The road is long... and cruel. 
The descent itself, difficult. She does not erase the sorrows
And does not rebuild anything on the dross of the past.
 

 


The Island and us...

Mother nature, in all her power. It impresses, overwhelms us, engulfs us in its power.
Benevolent, she presides over our transformation as she did at our birth.
Just like for a cyclone, it is up to us to know how to adapt and not the other way around.

.

Caught up but alive. Crushed but alive...

.

 

 

a paper from  Monak

 

Ask for the author’s agreement before any reproduction of text or images on Internet, traditional press or elsewhere.

 

19èFIFO – ice a gogo


Un fléau qui prospère

 

Il n’est pas en compétition ; du moins est-il sélectionné au FIFO 2022. Et la réalisatrice Lucile Guichet-Tirao, n’en éspérait pas tant !  Drogue dure, toxicomanie participe de cette session éprouvante, en plein environnement Tahitien : chez nous.

 sana le cristal qui consume de Lucile Guichet-Tirao un moment qui déchire.

 

Lucile Guichet-Tirao

 

Un film est toujours une aventure : et celui-là, il s’était d’abord engagé dans le circuit du court. Normal ! toute la partie soins et thérapie est inexistante. Aucun Centre de désintox n’existe sur le territoire et impossible de comptabiliser les victimes décédées.

 

Le sujet est bouclé direct, au bon cœur des familles et le verdict de l’addiction tombe comme un couperet : égrené par la voix volontairement cassante de Chantal Spitz, libre auteure dont le texte et le commentaire nous édifient. 

 

 

 

L’impensable

À part les détenteurs ou dealers condamnés pour trafic illicite, aucune action gouvernementale, sanitaire et sociale ne touche les véritables victimes.  Mais on ne peut se cacher indéfiniment la réalité entre autre les transformations qui opèrent sur les consommateurs.

 

En quelques 30 ans que le phénomène sévit, avec les conséquences de violence, de déréalisation, de dépression, de véritable régression et d’impotence physique, on ne peut éviter de ranger les consommateurs, d’ice ou sana, dans la catégorie de pathologies cérébrales. 

 

Prévention

Eh bien comme souvent, avec les témoignages, un an après son incarcération, Vanina rebondit positivement grâce à la bienveillance de son entourage. Mère de famille, lavée de sa faute, la cohésion familiale peut aller jusqu’à se proposer d’éxécuter la peine à la place du coupable.

 

Dérive sociétale

Dans cette dérive sociétale qui a explosé depuis la mexican connexion tous les repères se sont transformés : et seule le rentabilité du marché l’emporte sur les raisons de l’addiction. 80% des toxico polynésiens le sont à l’ice.

 

Des séquelles irréversibles

Le trafic est sale, entraîne vers la délinquance, la prostitution et autre délits annexes..

.

 

Une fenêtre sur l’humain…

Soit on ferme le couvercle de la visibilité, soit on s’attache à mettre de l’humain. En fait ce film s’est édifié à partir du négatif vers le positif. Un film que j’ai onfié à la parole de toxicos et à l’analyse de Chantal Spitz qui a écrit à l’aveugle.

 

Pour mon 1er long-métrage, on pourrait déplorer le manque de rigueur de ce documentaire. J’en suis conscience…

mais apprécie d’autre part que le film soit demandé dans les collèges, les Associations… Le film voyage comme un cri d’alarme .

 

 

Un article de  Monak

 

Tous droits réservés aux journalistes. Demandez-leur l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

 

 

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/sana-le-cristal-qui-consume-temoigner-pour-mieux-prevenir-1224546.html

https://www.tahiti-infos.com/%E2%80%8BAu-Fifo-la-jeunesse-s-accapare-la-Maison-de-la-Culture_a206961.html

https://la1ere.francetvinfo.fr/methamphetamines-trafic-ice-se-repand-polynesie-673251.html

 

 

jeudi 10 février 2022

19èFIFO – film coup de poing


L'uppercut de "140km à l'ouest   du Paradis"

 

Métaphore de l’existence pour Bertolt Brecht, l’uppercut pourrait être ce que nous avons ressenti  à l’écran avec le long-métrage de Céline Rouzet : la lutte est au quotidien, inégale entre une tribu papoue huli et l’écrasante multinationale Exxon Mobil. Mondialisation, cherchez l’erreur.

 

Tout comme océans apart, au firmament de la corruption et de la curée des petits, 140 km à l’ouest du paradis n’est pas remisé au passé, est d’une actualité brûlante et alerte l’opinion mondiale sur l’une des plus sordides bassesses qui affecte le monde océanien. Si les voix des démunis se font entendre au FIFO  grâce à l’existence même des films, l’impact  dans le pays d’origine est mitigé ou inexistant comme le souligne aussi Alan Clarke dans Inside the doc «  c’est très difficile d’impliquer le public australien dans une histoire comme ça ». L’opinion publique, la justice :  racistes ou muettes comme pour the bowraville murders.

 

L’image incontouable d’un plan séquence “mortel "

Avec son équipe de choc, Zoltán Hauville à l’image, Grégory Le Maître au son, qui a su tenir bon malgré les aléas budgétaires et les pressions sur le terrain, la réalisatrice signe enfin son 1er long-métrage après 10 années d’enquête, d’implication et de ténacité, avec un budget plus que chaotique.

 

À l’image de ce 19èFIFO où l’atmosphère est lourde de drames 140 km à l’ouest du paradis  passe la porte de la compétition officielle.  

 

Film coup de poing ?

Disons-le, ce n’est ni une tournure d’esprit, ni une habitude pour Céline de taper fort à la porte de la contestation. Mais il est des films et des sujets qui se heurtent à la beauté et à l’harmonie originelles que les tribus autochtones ont su établir avec leur environnement.   Tarzan, Mowgli, un mythe à reconquérir pour elle aussi.

 

Une équipe cinématographique qui, familiarisée pendant autant de temps – 10 années interminables –, fort respectueuse de la façon de vivre et des valeurs indigènes a su susciter la connivence, se laisse embarquer à la suite des protagonistes qui réclament leurs biens, leur accorde toute latitude, au feeling quant au déroulé des séquences. 

 

La suffisance des Blancs

Ce qui est très visible à l’écran. Tout comme la détermination de cette minuscule tribu de se faire entendre des décideurs, malgré les risques & complications que cela peut entraîner.  Le film reste donc fidèle à l’engagement, aux revendications qu’avancent les membres de la tribu dans un pays où la violence est incommensurable administrativement et la répression abjecte.

 

Deux mondes qui s’ignorent

Les images parlent d’elles-mêmes. Quoi de plus délicieusement ridicule et hautain que cette prétention des touristes à s’estimer supérieurs aux peuples de la forêt primitive, à commenter avec condescendance, de fausses découvertes, vendues avec le ticket randonnée,  selon cette forme de néo-colonialisme où les Blancs croient toujours détenir la vérité. 

 

Quoi de plus médiocre que de se la jouer à la "bons sauvages" d’alimenter leurs frustrations pour s’arroger le bien d’autrui, les « tenir par de fausses promesses » et accentuer leur rancœur.

 

Le barbelé chez soi

L’équipe cinématographique, à l’écoute de la tribu se laisse mener par leur initiative, n’occulte rien, “porte leur parole”. Question de confiance.

 

Quand la parole est vraie 

Après des années de déboires et de tribulations, de découragement, de dépression, de tentation d’abandon, de colères, de petits miracles qui le tiennent en vie, que 140 km à l’ouest du paradis se trouve sélectionné pour le19èFIFO  à Tahiti tient de la magie…

 

Céline Rouzet au bout de l’aventure

Après s’être engagée dans les paysages fantasmés depuis toujours, Céline Rouzet s’engagerait vers la fiction  fantastique. Mener un long-métrage aussi désespérant ne vous lisse pas sans  stigmates.

 

 

Un article de  Monak

 

Tous droits réservés aux journalistes. Demandez-leur l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

NB – Lire aussi, lire surtout :

 http://tahiti-ses-iles-et-autres-bouts-du-mo.blogspot.com/2022/02/19efifo-petite-histoire.html