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Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

mercredi 8 avril 2026

HAKKA 2025, le pôle motu de JimmyLY

JIMMY MARC LY... for ever

 

         Que tout* écrivain doute de soi... Jimmy LY n’y échappe pas ! Une foi pile ancrée dans la logique des artistes créateurs... proches, lointains, à l’abordage ou dans la mouvance de l’acte  qui inaugure : cette incertitude lui justifie sa légitimité de transcripteur... toujours en quête d’absolu. La griffe JimmyLy !

     Que la conjonction d’alphabets aussi improbables, dans le minuscule creuset insulaire, provoque autant de remous & si peu d’avenir pour toute publication venue s’adjoindre à une contemporanéïté aussi chaotique ! ... renforce ce sentiment d’abandon...Mais...

      Qu’il culpabilise au point d’aspirer à sa "rédemption", comme s’il devait obtenir son blanc-seing pour avoir osé émettre un avis dans le maelström des cultures qui s’emboitent...

 

           Sérigraphe de métier pour la Maison Mère AH YOU, calligraphe à ses heures perdues, attentif au trait, à la couleur locale, à cet humour alerte qui brosse les trames secrètes des légendes urbaines de ses récits & les Sagas d’une réalité socioculturelle émergeant d’un de ces volcans endormis de la Ceinture de feu...

       Telle se révèle la nature effacée de Ly Gnen Sang, mieux connu sous le nom de JIMMY MARC LY, tranchant sur les écrivaillons venus d’on ne sait-où, agitant leurs carillons de réputation langagière –à la manière de quelque catin gouailleuse–, régurgitant quelques pages ressassées & éculées... Pourtant, ainsi s’avère la tragique réalité de notre 21ème siècle...

     Hélas ! les plumes ne s’affûtent que pour insister pesamment sur ce qui est déjà connu & seriné entre coamateurs bibliophiles, non pour faire office de découvreur de talents, dans notre monde délétère... !

     Une personnalité dont la conscience a toujours été de se situer entre deux mondes, cet entre-deux, –déclaré inexistant pour "haute dérangeance diplomato-politique"–. Une identité plurielle que l’opinion publique n’a jamais admise comme polynésien(ne) à part entière... Bien avant que ne soient banalisés pour les 60 dernières années,  Nouvel An Chinois & Miss Dragon... Rien d’apaisant, mais le statut qui vous tire des larmes, vous renvoie à votre apparence, à votre entière différence... au même titre que le mā'a tinitō (adopté pour tous en général, en tant que cuisine chinoise en reo mā'ohi ou langue tahitienne).

Jimmy LY en hakka

        L’univers de nos îles minuscules, ne présentant aucune commune mesure avec l’Art de la miniature ni la délicatesse de la porcelaine mais relevant de la grossièreté intrinsèque aux jouisseurs d’empires, imbus de leur supériorité mercantile jusqu’au bout des ongles.

        Car la reconnaissance d’une minorité sino-polynésienne –native jadis du HAKKA ne s’officialise enfin que dans la 2nde moitié du 20è. siècle : bien après les dernières indépendances coloniales de 1962 ! Et encore n’est-elle qu’administrative ! Ce qui signifie qu’elle fut longtemps imposée comme une sous-citoyenneté d’apatride, sans même d’immatriculation... à peine dotée d’un "semblant d’identité chinoise" (T.2 p16). 

      De cette communauté trans-culturelle, l’auteur en tirera sa force mais aussi énormément de faiblesse touchant au désespoir traumatique.

    Avec son récent ouvrage, –Tribulations polynésiennes d’un PAK KUI TSAI HAKKA : Le Tifaifai des Choses de Ma Vie–, réparti en 2 tomes A4 d’environ 350 pages chacun, Jimmy Ly se libère de toute contrainte qui aurait pu l’entraver depuis sa jeunesse & se livre à visage découvert, en s’épargnant les desiderata d’une Maison d’Édition (2025 à Tahiti).

 

L’identité de l’ombre  

          Parcourez les multiples illustrations, au hasard des objectifs, émaillant cet ouvrage, que l’auteur déclare ultime : mais rien n’est moins sûr. Enfin, nous nous sentirions à la fois, indignes d’un testament présumé autant que frustrés d’une suite possible. Ce qui constitue le privilège du lecteur !!!!

      Voyez : dès son jeune âge, Jimmy Ly est cet enfant au sourcil froncé, auquel les tiraillements éducatifs & le regard public n’accordent que très peu de place. La preuve ?

       Nous estimons nécessaire de lui attribuer un "blason" à la manière des "graffeurs"  du street art : nous prononçons dans le même souffle "JimmyLy"; pour bien le distinguer par sa couleur asiatique d’un Américain foulant nos plages de sable noir... D’autant qu’il calligraphie à la chinoise... pinceau de martre en main...   



L'éternelle question ...

        Quelle légitimité pourraient s’accorder ses débuts ainsi que sa continuité ? Ni celle de "Sage philosophe", porteur de tout privilège, ni celle du métier, dans la mesure où le lectorat francophone ne lui assure pas son gagne-pain. Car, démuni de toute infaillibilité, affirme-t-il, il se détermine inlassablement en quête de savoir. 

       De même, son vécu –bien qu’il le rende heureux au maximum–, grâce à un caractère agréable & inventif, mû par une insatiable imagination, le trempe-t-il dans "une mosaïque de vies, manière tīfaifai" (T1 p28)–, sans en omettre le sens de "rapiécé, raccommodé", inclus dans cet ouvrage de haute-couture traditionnelle.

       Comment s’y retrouver, dans ce monde à double facette ? 2Chine(s), 2France(s) : l’envers & son décor, le "côté recto" du 1er Tome –celui de l’officiel, celui qui se doit prendre en compte : l’Autre, le Tout-venant– ;  le "côté verso" –, celui où il se révèle au Tome2. Dans ce heurt des Titans, "JimmyLy" se trouve entre marteau & enclume, "parenthèse" (T1 p46) que le cinéma ne console pas.

      Résulte le magistral "complexe" du «colonisé»... autrement perçu par ce titre humoristique à la Jules Verne : des "Tribulations" autrement sino-polynésiennes... avec la découverte de la laïcité, celle de l’injustice, annulant toute ancienne conviction !!!

 

«Noir c’est noir !» 

                    Le retour au fenua–au bled–, sera vécu comme une régression : "Tout est devenu hier" (T2 p16...). "Colonisation des esprits" (T1p149), sans espoir de mutation, duperie suprême, se soldant en "mutismes îliens" (T1p206) : le mouroir, la soumission, le carcan de la rigidité conventionnelle orchestrée de concert par la moindre inflexion tahitienne. "Comment devenir quelqu’un quand on n’est Personne"(T1p209).

        Ne lui resterait que la Musique : seule façon d’exprimer opinions & sentiments sans avoir à les "blanchir", ni à les entériner.

        Reste aussi de se consacrer scrupuleusement aux croquis –silencieux à nuancer–, destinés à la Maison de stylisme de Madame Mère : MARIE AH YOU

      Et là ! pudeur extrême ! ou cérémonial de vénération : aucune des collaborations artistiques de "JimmyLy", –hautement psychédéliques–, ne seront affichées, même à l’ère de l’image... Confidentialité de styliste : mode oblige ! Et son impact ne fut pas anodin !

 

 René Bélance  se dit : « Moi nègre...»

                                         

         Par contre, tout ce qui participe de la Culture du pays, ne peut s’enterrer dans l’oubli : surtout depuis cette mouvance universelle du retour aux sources des années 70 –entre autres révolutions culturelles & humanitaires–, qui en fera partout leur renaissance ; excepté pour la frange hakka, dont l’herbe se voit couper.

        Cette excroissance HAKKA, totalement détachée du continent matriciel, se noie dans les ténèbres, tout comme les parcelles de vastitude auxquelles se rattache la génération de compositeurs dont le trio (Joe Dassin-Brel-Halliday) & l’image d’une Amérique fantasmée à la Norman Rockwell (1894-1978).

      Tout comme une certaine Haïti –île natale de René Bélance (T1 p280) –, revendiquée ouvertement bien qu’occupée par les USA (pendant 19 ans). Des figures à vous forger sans conteste si vous disposez d’un espace plus vaste qu’un vivarium...

      Se pose le racisme rémanent des États Blancs –épinglé par l’anti-impérialisme de Bob Dylan (T1 p308)–, toujours pas plus résolu encore aujourd’hui... le soif de liberté pour tous, pas plus que les inégalités sociales (Gilets Jaunes T1 p325) malgré les brassages constants de populations...

 

À côté de la vraie vie ?

             Serait-il passé à côté de la vraie vie, "JimmyLy", dans la machine à laver des 5 archipels, qu’altère la "défiance atavique des Tinito" ??? La question reste entière depuis Le Crabe-Tambour (T2 p16). Trop petit, trop isolé malgré ses initiatives d’Associations culturelles : l’une à vocation "transmissive", la seconde créatrice. Toutes deux s’appliquant à un creuset en évolution : à coups d’innovations, de découvertes, d’adaptations & de créations d’actualité...

        Éreintant le contre-courant ! Même la musique en général, –au cours de l’accomplissement du jeune JimmyLy–, finit par taire ses paroles contestataires (T2 p58)... & laisse retomber les montagnes d’espoir ! Les "Enfants de la Bombe & d’Euromarché" troquent leur euphorie pour une "lassitude de vivre" (T2 p90).

      Le plus irrémédiable des cancers radio-induits : c’est de se trouver "en exil de [sa] communauté & orphelin de ses utopies". Communauté polynésienne au sens large, s’entend, car métissée dans les faits depuis les plantations (1862), les mobilisations générales pour les 2 conflits mondiaux du 20ème siècle  : eh oui ! C’est que, située du côté du soleil levant, la Polynésie passe à côté de son Histoire... Bien avant toutes les autres nations, & en avance sur son temps !

      "Un errant je suis" (T2p80), constate-t-il, sans pouvoir s’amarrer sur ce qu’il croyait sa Terre, son fenua, sans pouvoir y déterrer quelque racine. Par un tour de passe-passe entre indigénat & citoyenneté... "Le pays que j’aurais tant voulu dire mien"(T2p85) : n’existe pas.

 

Et SI ... à la Kipling .... 

        "Le hiatus continue de s’étendre", l’exil ne s’éteindra... On ne reconstruit pas sur ce qui vous a été dérobé par la force de la politique & le gant de velours des écarts qui ne cessent de se creuser entre les membres échoués au hasard des îles... "Sous-Chinois" (T2 p326..), Sous-Français, Sous-Polynésiens surtout !!!! Il est des deuils qui jamais ne cicatrisent !

       "Un errant hakka"(T2 p80) où la valeur de l’Homme s’est égarée...

      Qu’avons-nous à léguer ? Une culture des morts à réinterpréter... Les jeunes se la réapproprient, déformée, amputée de sa langue : en feront-ils "sauter les carcans traditionnels... au risque de se voir dénigrer" (T2 p329) ?

      Le danger se renforce avec les "TENTATIONS INTÉGRISTES" !!! abondamment répandues, toutes collectivités confondues... Question de racisme sous-tendue par "la course irrémédiable au pétrole" (sic 2025 !!!)

      "Le vieux monde se meurt" ! Resterait alors l’image prophétique : elle a bonne presse en nos temps troublés, face à cette sclérose

       L’écriture révolutionnaire...

       La jeunesse l’écrira peut-être (T2 p 341) ... "sur nos traces effacées"...

 

     À la veille de 2026, année du Cheval de Feu, la jeune génération piaffe d’impatience  à Tahiti, espérant s’accomplir ...

Entre vents & marées... 

     Ne vous reste qu’à vous plonger dans ces deux manuels très clairs & très denses, suffisamment nuancés & documentés pour vous laisser libre cours à la réflexion. L’analyse politico-culturelle qui en découle, ponctuée d’émotions de toutes sortes, vous la personnalise finement en vous ménageant des portes ouvertes...

    Car c’est en son nom seul que JimmyLY s’exprime... sans détour... Sans véhémence ni quelconque forme de harcèlement, il vous invite à parfaire ses allusions... à creuser là où vous pourriez vous indigner... tout en ménageant sa propre discrétion...

   Exercice de style particulier & original... Suffisamment balisé pour vous indiquer les itinéraires potentiels, Il est "bouteille à la mer"...

   (Ne l’oubliez pas !)

    Gigantesque questionnement que l’auteur vous renvoie sans fermer le propos. À vous d’en décrypter les multiples conséquences... & chapitres lacunaires à compléter...

 

Un article de  Monak

 

Tous droits réservés autorisés par l’auteure à toute requête d’utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

* : Parfois, certaines allégations, d’une utopie crasse, imputent aux dispensateurs d’écrits une innocence vertueuse dont la probité se salit de médisances de boudoir... faute de pouvoir les noyer dans le lagon ! Mais il est tellement réconfortant d’en être persuadé.e que le lagon puisse continuer à s’endormir tranquille. Que les qualités de JimmyLy puissent affecter ses détracteurs ignares, ne changera pas la face de ce ramassis d’"influenceurs" véreux...

 

Un livre toujours inachevé...

PS1 - Il est des vérités qui suintent... à nous de les transmettre... quand la bienséance n’en autoriserait que le quart du millième... & encore !  sans  ponctuation !!!

PS2 - Se décrocher de cet article ? &... la quotidienne fréquentation –plaisir partagé entre les pages, au long des lignes, entre les lignes –, avec mon interlocuteur d’encre & de plume, s’achève d’un coup... Comme s’arracher d’un coup au dialogue... de l’interlocuteur muet ...


 

jeudi 19 février 2026

23èFIFO-OFF apologiste


CASSER LES CODES
 

Autant le IN 2026 dénonce –faisant office de réquisitoire–, autant le OFF "enfonce le clou", avec de véritables opérations de défense ou de résistance... d’affranchissement ou d’émancipation. Normal, territoires comme espaces marins se trouvent assujettis depuis plusieurs siècles par un nombre restreint de dominants : & le FIFO n’est âgé que de 23 ans...

Ainsi, est-il rappelé, que les colonisés d’Océanie ne sont pas des déficients intellectuels (malgré la réputation qui leur est assignée) et ne se trouvent pas tous en état de «servitude volontaire», ainsi que La Boétie catégorise ce renoncement à l’intégrité & cette acceptation réflexe à la soumission...    

 

Les mots qui blessent  

L’éveil des consciences, quel que soit le problème qui entrave le bien-être sociétal, économique ou politique, inscrit les plus belles pages de l’Histoire des Peuples, autant qu’il peut se vérifier actuellement par sa précocité.  

 

Du savoir-vivre à la corruption...

LES MOTS QUI BLESSENT, d’Audrey Berti & Tetiamana Hergueven (PF), montrent à quel point les collégiens sont lucides, savent se reprendre en main, & sont capables de convaincre, si la "libre parole" leur est octroyée. Corps pédagogique & psy se sont rangés aux décisions des Jeunes du collège Maco Tevane de Tahiti –réputé pour ses innovations culturelles–, pour concevoir un spectacle  du Heiva des écoles, dansé-chanté-intrumentalisé, scénarisé & scénographié jusqu’au moindre détail...  : quel instrument représente quel personnage... ; quel geste chorégraphié correspond à quelle attitude ou sentiment... et où le choix des bourreaux féminins n’est pas conventionnel... La gravité se trouve affrontée & authentifiée d’entrée de jeu sur scène, par le décès du jeune souffre-douleur (ni happy end, ni happy start). La mort : car c’est le risque réel...

Avec le témoignage de jeunes  victimes collègues de classe (!!!!), l’accent est appuyé, dès le début par la mise en scène du flash-back, –ce qui constitue un renforcement de l’image tragique, avec les costumes des "deuilleurs" autour de la dépouille mortelle–.   Un "SPECTACLE COUP de POING", destiné à marquer les esprits pour modifier les comportements discriminatoires acquis (ou imposés?) dès l’enfance....

 


 L’HÉRITAGE DES LAPITA de J-F Benhamza (PF) remet les pendules de l’intelligentsia mondiale à l’heure, en réajustant l’évolution des peuples de nomades marins  –ou Lapita– (datant de 3000 ans avant notre ère),  au contexte environnemental ! Entre poteries à l’ouest (Tonga) & sculptures sur bois à l’est du Pacifique (Marquises...)

 

FENUA VICE de Denis Pinson & Suliane Favennec (PF), pousse au maximum les délires mortifères d’adultes malades de pouvoir & de sordide... envoyant leurs enfants à la mort... Le narco-trafic touche toute la population : certains adultes s’en servant pour déconnecter leurs enfants hyper-actifs !!!!

 

Quand culture signifie "égalité "

L’aurait-on oubliée, cette courte période des magnifiques utopies scellant le «bien-vivre sociétal» entre dominants & dominés ? Évidemment, toute trace se trouve effacée, de la mémoire, voire éradiquée des pages transmises actuellement par ceux qui voudraient diriger l’opinion publique actuelle !!! LES FOULARDS ROUGES, L’HISTOIRE OUBLIÉE de Dominique Roberjot & Christine Della Maggiora (Nouvelle-Calédonie)

À l’époque (des années 70) où se joue le renouveau culturel, retour aux origines compris (de l’extrême Occident US –Joan Baez, Bob Dylan, etc–, comme ailleurs avec Henri Hiro, Bobby Holcomb, etc...), ainsi que les réflexions autour du meilleur régime politique (Guevara & son influence en Afrique comme ailleurs...), le monde estudiantin universel à Paris (Néo-Calédoniens inclus) en repense les bases... Comment cohabiter dans le même territoire, à pied d’égalité...

Le collectif pacifiste & inclusif des Foulards Rouges –initié par Nidoish Naisseline–, en propose les termes, comme une fête de la décolonisation. La Nation calédonienne est un tout, multiculturel... Mais face aux ambitions métropolitaines fondées sur le nickel & les mesures qui s’en suivent,  l’identité culturelle Kanak –ou de l’Homme libre–, se heurte à une répression qui tuera ce rêve égalitaire... 

 

Les Foulards Rouges 

  Oubliée cette notion d’équivalence entre les cultures qui a habité la période de la Renaissance... mais certainement pas assez longtemps pour faire mouche... ou plutôt extrêmement gênante pour les bâtisseurs d’empire que sont les colonisateurs... Il fallait bien un prétexte à main basse sur toute Terre émergée entre autres...

La 2nde moitié du 19ème siècle connaît une période extrêmement troublée,  due à l’implantation des colons français sur des zones dites rurales, et celle des «colons pénaux», répartis sur les différents bagnes alors récemment construits en Nouvelle-Calédonie. HORTENSE (ou Kanedjio), LA REINE de l’ÎLE DES PINS (ou Kunié) d’Alexia Klinger & Fabrice Gardel (N-C) démontre bien, s’il était utile de le faire, que le rôle d’une monarque est de négocier la gestion des terres susceptibles de lui être enlevées, ainsi que le bien-être de son peuple, sur un territoire que l’État colonisateur transforme en bagne politique sur l’île de Kunié... tout en évitant un conflit armé qu’elle n’aurait pu endiguer...  

Qu’elle ait réussi dans son entreprise diplomatique, tout comme pour son accession au trône, tiendrait de la qualité de sa plume ou de la déférence de son destinataire ? Un épisode de l’histoire qui s’interroge sur sa «missive intitulée : pétition» ...

 

Au podium des pires horreurs

Atteignant la destruction à la chaîne, trois documentaires s’attaquent à la qualité de la vie :

- Le 1er, démonte les raisons d’État... qui assurent la force de dissuasion du nucléaire... Il met en cause les soi-disant "négligences ou ignorances" des retombées radioactives, vu ce qui était connu de mortel ou de contaminant depuis Hiroshima (1945) puis Reggane (essais nucléaires au Sahara). DE GAULLE, LA BOMBE à TOUT PRIX!!! de Lionel Boisseau (PF), soulève la contamination de la Polynésie de 30 ans d’essais nucléaires. Sous l’inénarrable prétexte d’une revanche à prendre sur les alliés de la 2nde Guerre Mondiale –poliment nommée suprématie d’une puissance mondiale–, le documentaire nous met au parfum de toutes les combines –soit-disant humanitaires–, pour lancer un projet mortifère...

 

- Le 2nd soulève l’intoxication d’une bonne partie de la planète se propageant depuis près de 30ans ! L’alarme d’une mortalité galopante en Baie de Wreck (Australie), contaminée par les mousses à incendie (PFOA), utilisées dans les centres d’entraînement des Pompiers australiens... rejoint le combat de l’avocat US, Rob Bilott, face à une multinationale quasi intouchable... Il remonte jusqu’à la Maison-mère Dupont & 3M (Minnesota) ... Un polluant chimique indestructible... HOW TO POISON A PLANET de Katrina McGowan (Australie), montre la dévastation insoutenable qui ne cesse de se propager...

 

L'atoll de Moruroa en cours de destruction 

  - Le 3ème, FATAL WATCH de Mark Benjamin & Katie Carpenter (USA), vous plonge en plein thriller : la mort en direct par caméra de surveillance !!!  Depuis 2009, se compte une douzaine d'observateurs des pêches, "supprimés" en pleine mer... Cet «emploi de technicien biologiste consiste à collecter des données scientifiques à bord de navires de pêche industrielle et à documenter le respect des règles de conservation et autres réglementations»,  

La mafia est en mer, y réside annuellement à l’abri dans les transbordeurs, écume tous les océans & affame les petites nations côtières... du Ghana à Kiribati, de Panama à Fidji. Pavillons improbables ou fluctuants... tentatives de sur-pêche, de trafic de substances illicites, d’espèces protégées, voire de personnes... Aucun "observateur" ne dispose d’une réelle protection. Aucune Compagnie maritime ne se trouve pénalisée par les décès plus ou moins déguisés des surveillants...

«Elizabeth Mitchell-Rachin, membre du conseil d'administration de l'Association for Professional Observers, organisation à but non lucratif basée dans l'Oregon (États-Unis)», enquête & combat pour les droits des observateurs. «Observatrice de 1983 à 2008, elle connaît les dangers pour l'avoir vécu : menacée réellement d’être jetée par-dessus bord».

« En tant qu'observateur des pêches, vous vivez avec les personnes que vous surveillez », explique Osvaldo Alaniz, ancien agent spécial du FBI. «Lagi Toribau, ancien cadre dirigeant de Greenpeace, milite pour la protection des océans...»

 

Que peuvent les organismes écologiques... contre les trafiquants mafieux ???

 

 

Ainsi, face à la carte mondiale des profiteurs... le FIFO poursuit sa tache de lanceur d’alerte international... Vous avez dit activiste ? 

 

 

Un article de  Monak  

Tous droits réservés à l’auteur requis avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

lundi 16 février 2026

23èFIFO Palmarès Engagé

Le  FIFO bouscule les codes 

 

Inattendu mais plus que souhaité le palmarès du FIFO 2026, est tout à l’honneur du Jury ... Engagé, bousculant le conformisme ambiant de Tahiti comme de l’ensemble de l’Océanie... il ouvre la brèche vers des lendemains qui fredonnent, faute de chanter à pleins poumons ... Mareva Leu à qui cette session est dédiée, l’inspirerait-elle ?

 

Mise en avant de petites nations (Samoa, Fidji), comme de l’usage réel de la liberté a contrario de la mise en moule social, réprobation de certains ordres établis au profit des minorités autochtones, reconnaissance du devoir de réparation concernant les grandes nations qui, depuis des décennies, polluent le Pacifique  de leurs engins de guerre incontrôlables...  reconnaissance culturelle mutuelle & mise en lumière promise de minuscules îlots...  Le vote du public, notamment plus que l’an dernier, poussera à quelques aménagements sociétaux...  Une rétrospective qui suit le podium à la lettre...

 


                                                 Et si...  cultiver le feeling  ...

Et en pleines intempéries qui ont précédé l’ouverture du FIFO 2026, exactement le 26 janvier, Samoa annonçait le décès de Sia Figiel dans sa cellule, bien qu’aucune condamnation  n’ait encore été prononcée...

Nous ne saurions assez remercier la réalisatrice Kimberlee Bassford (Hawaï) qui pendant 8 ans a su nous rendre proche les 2 écrivaines Sina & Sia, amies de toujours, amies de 30 ans,  désunies par le drame mortel du 26 mai 2024. (SINA ou Caroline Sinavaiana-Gabbard) : ce qui révèle une approche exceptionnelle dans ce domaine peu exploré de la Littérature océanienne contemporaine...

 

L’Île sous la Lune de Sia Figiel, d'après le New Zealand Herald, relate : « une société patriarcale marquée par de profondes disparités entre les sexes, une violence autorisée par la famille, et une identité individuelle toujours dominée par la communauté ».

Et selon le résumé d’Actes Sud : «Derrière les plages du Pacifique, le soleil et les Tropiques imaginés par les touristes, des femmes se font battre, des enfants se prostituent, des prêtres écrasent les âmes, et l'influence américaine abîme le reste.»

 Avec une écriture de la révolte, de quoi "exploser"  littéralement !

 

Palmarès au complet  

Ce Festival du 23ème FIFO, couronne ses lauréats, une semaine après le lancements des 1ères soirées spéciales...  Ce qui nous paraît toujours trop court ...

Le Grand prix du jury FIFO - France Télévisions à "Before The Moon Falls", de Kimberlee Bassford (Hawaï)... où l’écriture ne se présente pas sans danger...

Le Prix du Public à "Ma Rue", de Mathilde Zampieri et Elia Merlot : quand  le manque de domicile est un piège de l’enfermement urbain

Le 2e prix spécial du jury à The Haka Party Incident, de Katie Wolfe. (Aotearoa), entre arrogance & condescendance d’un racisme culturel... qui enfin s’est remis en question, non sans mal...

 Le Prix Ananahi / Demain à "The War Below : Restoring Hope in the Solomon Islands", de Tuki Laumea, dans un univers où les belligérants irresponsables, prolongent leurs destructions près d’un siècle après !!!

Le Prix du meilleur short documentaire à "Nothing is Impossible: The Primanavia Story", de Caleb Young (Fidji), pour une prise de conscience & de confiance en soi...

Le Prix de la meilleure short-fiction à "Pākehā", de Mana Hira Davis (Aotearoa) ou le racisme à l’échelle individuelle peut se plaquer sur l’étrangère à peau blanche...

L’Oceania Impact Pitch for Indigenation 2026 pour le projet The Canoe is the Future, conçu par Alejandro Agulto et Sylvia Frain, (Guam et Mariannes) : avec son jury Pitch (Julie Grivaux, Adam Piron, Opal Hope Bennett).

 

Les artistes  du Centre  des Métiers  d’Art.... de Tahiti...

 Il suit de près la grande inauguration de cette 23è SESSION : l’introduction au FIFO, concoctée déjà depuis 2 ans, grâce à Wallès Kotra SR, fondateur toujours aussi actif  du FIFO, mobilisateur & animateur de ce  FIFO TALK du jeudi 12 février 26, avec pour thématique : "COOPÉRATION RÉGIONALE / SOUTIEN ET DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE AUDIOVISUELLE DANS LE PACIFIQUE"

«À l'heure du numérique, de nouvelles libertés narratives émergent : formats courts, écritures innovantes et diffusion web offrent des opportunités inédites pour raconter le réel. Quel rôle jouent ces nouveaux formats dans la préservation de la parole autochtone ? Et comment le service public peut-il accompagner ces évolutions pour propulser ces récits singuliers sur la scène mondiale ? »

 

Une Coopération Océanique en Audiovisuel ...

Wallès Kotra SR nous présente Véronique Roger-Lacan, Ambassadrice de France pour le Pacifique –basée en permanence à Nouméa–, Hitiura Chang (du cabinet de l’audiovisuel du Gouvernement Brotherson de Polynésie française), Emile Kairua, Président du Council of Pacific Arts and Culture (CPAC) et Secrétaire du Ministère du Développement Culturel, Îles Cook et Aaron Salā, Directeur du Hawai’i Visitors & Convention Bureau et président du Jury... Il faut imaginer derrière eux les quelques 27 pays ("+ou -" les USA de Trump) de la Communauté du Pacifique (CPS), dont le siège est à Nouméa.

Un Fonds de soutien à l’audiovisuel pour l’Océanie vient de voir le jour, avec les premiers deniers attribués par la France & l’Australie... pour toucher la Communauté du Pacifique : financement, professionnalisation grâce à des formations.

Annonce de l’engagement français en faveur du FIFO,  avec le lancement de “Pacific Echoes”, un programme régional de soutien à l’audiovisuel et à la préservation des archives culturelles du Pacifique. Reste que le fonds s’accroisse avec les autres contributeurs de la région...

 

Un Talk qui  en dit long sur l’avenir ???

C’est que la concurrence externe s’annonce rude & ne laisse que peu de place à la visibilité des pays du Pacifique... Que la multiplicité des réalisateurs actuels exige une vitrine de diffusion conséquente... Que  les problèmes politiques ou économiques se doivent d’être dénoncés à travers les documentaires... Que le îles minuscules ne disposent ni de moyens, ni de plateformes adéquates...

Car la Culture du Pacifique est avant tout une «CULTURE du PEUPLE qui lutte contre le système»...,  qu’elle a des exigences que ne peuvent véhiculer d’autres formes d’approches qui ne soient profondément ancrées dans le mode de vie qui est le nôtre...

C’est que «l’identité reste une valeur non-négociable», conclut Wallès, citant un ami Samoan.

 

 Alors... des perspectives qui se justifient dans un monde aussi fluctuant que le nôtre....

 

 

Un article de  Monak  


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