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Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

dimanche 23 août 2026

"L’autre chant d’Amour" d’Othman Babba


"AMOUR",  UN ENGAGEMENT  ?

 

              Si "Amour" signifie "Engagement" & vice-versa... Dans ce monde clos, carcéral, traître, cupide, meurtrier, sanglant & en ruines qui nous submerge actuellement, le récent recueil poétique (2025) d’Othman Baba s’inscrit en vers libres, eux ...!  Doté de graphismes picturaux des plus libérés entre surréalisme & combinaisons de plans, transparences, jeux de traits & fusions, il joue les miroirs entre sonorités & clins d’œil. Car un poème se fait d’abord entendre : étouffé ou non, il est clameur !

 

             Si la 1ère partie de L’Autre Chant d’Amour qui ne se distingue pas typographiquement de la suivante–, s’enlise dans un désespoir sans issue, la seconde ressasse, en les perfectionnant, les moyens de combattre le joug, sa sujétion et de parvenir à s’en affranchir...  C’est que l’amour inconditionnel  tout en englobant incidemment le couple–, s’adresse essentiellement à l’entité de la Mère-Patrie : une Terre-Mère, un Pays-Matriciel qui en individualise chacun des ressortissants dignes d’Amour...  mais aussi son partenaire aux visages multiples –le gentilé, le peuple–.

 

Un Amour  "de" ... ou de "La" Tunisie !

        Rien n’est plus ardu que de s’y fier !!! Othman, lui, appartient à cette génération de l’Indépendance. Elle se désigne, en tout bien tout honneur, par les «Fils Naturels de Bourguiba» : toujours vaillants à n’en pas douter. Avec eux tous, l’auteur ne peut que brandir l’oriflamme de la liberté : elle se décline en toute lucidité entre aspirations à l’autonomie de chacun & pleine conscience des manques, des reculs, des retraits & des compromis peu avouables de certains de ses compatriotes...  

             Rien n’est vraiment acquis : au partage s’opposent menace, mensonge, ruptures, cessions...

 

Analyse émancipée

         Rien n’est plus approprié que d’acclimater l’analyse présente, à cette veine d’artistes tunisiens, innovateurs, natifs d’une patrie incomplètement décolonisée ! Je me repérerais donc aux pavés & pierres serties sur ce territoire qu’ils reconquièrent –encore aujourd’hui–, contre les spoliateurs de tous bords... Ni sourde ni aveugle : la Planète n’est pas dupe !

         Les jalons –ici induits–, vous sautent aux yeux, sans même être balisés... Laissez-vous séduire : tout est réel, histoire d’amour. Même dramatique...

         Étonnant, mais surtout stimulant de les voir s’accomplir, leur vie durant, avec cet amour fondateur de la matrice qui les a enfantés...  Amour sans concession, puisqu’il repousse au quotidien naufrage, spoliation, perte, désespoir, trahison, mort personnalisée : «je mourrais» (p.20)...

 

La reconnaissez-vous ?

         Génération du «courage», enivrez-vous d’héroïsme jusqu’à plus soif (26)... Coupole & tombes encerclent votre rêve (31)... à vous rendre malades –vous, votre rêve fondateur, ce pays meurtri par la haine– !  

        À vous de formuler ce que le paysage en vis-à-vis, les silhouettes vous lancent à plein corps, à corps perdu ou retrouvé : flambant la beauté en toute nudité...  l’identité fémino-tunisienne d’une carte baignée (39) de Méditerranée...    

      À vous de goûter la façon dont l’auteur bouscule les habitudes d’une morale déshumanisée & mortifère.. À vous de porter les confidences de cet enfant que le suicide (46) fera oublier ! De redécouvrir la vertu des herbes qui ne plient mais s’accrochent : lèvres aux regains qui livrent parole (cartons 51 à 63)... «en instance de révolte» : entre lune noire, corbeau, araignée & sa toile...

 

Panoramas en mutation...

        Car le langage métaphorique du plasticien-auteur jaillit à grands cris des gouaches sur les panoramas pétrifiés... Si vous vous donnez la peine de les énoncer un à un, ils s’inscriront en lettres de feu. Tandis que les poèmes, se bercent, clapotent ou s’affolent aux sonorités que scandent les écrits... relayés par les «émissaires de la mort» (66), les jours «sans rêve» (68) & autres créatures, autres phénomènes héroïques ou phénix...

         Face à la Flouka (felouque) Tunisie, arraisonnent des flottes de pirates qui lui «ravissent le soleil»... lui dérobent sa «Terre» ; se dressent des murailles de vents, de feux et de citadelles qui l’enferment dans leurs «maléfices»

Derrière la toile ...

          Au «poème qui ne peut s’écrire», à la bien-pensance, s’oppose le manifeste du vouloir-vivre !!! La pauvreté, l’injustice relève cet «enfant des rues» (78), annonçant «la fin de l’hydre» (90), & le «printemps rebelle»(92).

       Au feu du courage, de l’éveil (100), de la «danse» (106), se liquéfient servage, tyrans, peurs, doutes, «morts-vivants» ; «se relèvent les vaincus» ; «se bravent les conquérants»...

 

Sans honte... 

          C’est-à-dire, en toute «dignité», «le terme du cauchemar (136)» se profile : de même que pour les «spoliés de Gaza», l’amour de la Patrie – «déchire le ciel bas & gris» (140)–, «invente le futur». Renvois aux écrivains de la francophonie & d’ailleurs, Othman provoque malicieusement les allusions.

       L’enchaînement des textes conjugue, depuis le début une perception mouvante, à la suite des mêmes titres, «Ma TERRE (142)» –volée, trahie,  corrompue, ruinée, assainie, retrouvée, renouvelée– : cette Entité spirituelle, charnelle, Grandiose Sujet d’Amour où l’Histoire mythique &contemporaine se confondent.

 

Cet  amour  de  librairie  parisienne...

        Toute la symbolique de l’éclosion printanière, «des femmes qui fleurissent les rues» (148), s’oppose à cet enlisement, ce marasme de la décadence, ces «faux printemps» & «leurs charognards» (152) usurpateurs de foi, pour s’achever en manifeste : «Mon Pays, mon parti pris» :  «Ma prison ouverte sur le pays de la vie» ...

         Tout un programme indéfectible !!!

         Soudé à sa Patrie avec ses frères de déception, prêt à Lui donner sa vie, «comme un loup affronte la mort» (156), le livre d’Othman Babba fait son chemin en terre d’Afrique, relayé par cette merveille de librairie arabe parisienne... Ne manquez pas de vous y plonger... Un vrai trésor de doubles-sens...

 

Un article de  Monak

 

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NB -  https://www.facebook.com/editionARABESQUES.tunis/posts/un-bel-article-de-hatem-bourial-paru-ce-dimanche-au-journal-le-temps-livre-un-au/1596125879183223/ 

 

 

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