Publicité

Publicité
Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

vendredi 9 février 2024

21ème FIFO : les primables


Du film au top niveau 

 

Les perturbations secouant l’atmosphère avec «Nat», la dépression annoncée  sur les îles de la Société, et le temple du FIFO  à Te Fare Tauhiti Nui, brusquement fermé au public par sécurité en ce début de semaine, l’accès en ligne n’étant pas coupé, le festival a pu continuer son aventure. À suivre sur le site du FIFO : avec une abondance de tables rondes, d’animations et autres informations nutritives.

Faut-il souligner que l’équipe organisatrice, ainsi que la météo prédisaient une année exceptionnelle. Heureuse surprise. L‘oracle s’accomplit : les «films en compétition» s’avèrent d’une facture et d’un niveau largement digne d’éloges...

 

 Nous ignorons - bien évidemment -, comment va débattre le jury et quels sont les critères qui emporteront l’attribution des prix, notre analyse n’est que personnelle. Mais la surprise est belle. Le choix des sujets, l’originalité et le parti pris du traitement, leur complexité, les points de vue mêlés, leur tendance à nous baigner dans une ambiance à différents niveaux, nous induisent à percevoir autrement la réalité océanienne.

 

 



Comme un parfum de nuit des temps

L’image, sa finesse, sa valorisation ne nous épargnent pas de la gravité du propos tout en inférant vers une redécouverte de l’espace océanien, une réflexion nuancée, majorant les perspectives futures plutôt que les erreurs du passé : comme pour se réapproprier une page d’histoire autrement que par un hommage funèbre.

Dans la série «chefs d’œuvre», j’opterais d’abord pour ce monument documentaire qui porte habilement ce nom «THE GIANTS», suivi de «TRIBAL SISTERS», puis de «CIRCLE OF SILENCE», de «KAUGERE : A PLACE WHERE NOBODY ENTERS»,  «ELOI MACHORO, itinéraire d’un combattant», avant de poursuivre plus avant.


Le  tissage Nature & Humain 

Qui sont-ils «THE GEANTS» : des végétaux, un humain ? les millénaires eucalyptus Regnans, pins Huon, myrties de la forêt primitive de Tasmanie ou de son sénateur ? Les réalisatrices, Laurence Billiet & Rachael Antony laissent planer sciemment le doute pour qu’on éprouve le besoin de remonter aux sources. Après FREEMAN, nous pouvions nous attendre à un résultat esthétique et hautement poétique : elles possèdent ensemble le sens de la beauté du mouvement physique, corporel. Effectivement, font-elle appel à Alex Le Guillou pour interpréter en traitement visuel, la palpitation , la respiration, les réflexes de préservation des gigantesques arbres.

Du point de vue scientifique, s’entourent-elles de spécialistes en biologie et comportements arboricoles, et multiplient-elles les techniques pour en tirer le maximum de captations. Et parallèlement à la nature, protagoniste à part entière du film, introduisent-elles le militant-politicien écolo Bob Brown, de sa descente par les rapides de la Franklin, à son arrestation rapide pour manifestation, ses victoires politiques pour la préservation de la forêt, à sa retraite active.

Réalisatrices & héros .

Grâce à l’apport de leurs nombreux contributeurs, elles fouillent avec justesse dans les chapitres qui peuvent raccorder l’humain & le végétal, de façon concrète & quotidienne. Ce qui enrichit la perception, la ravive, & leur fournit matière pour se consacrer à l’esthétique du film. Chaque moment est un délice visuel et d’ambiance. Sur une durée de 113mn., pas un instant de longueur ou d’ennui, tant les apports ravivent l’intérêt...

Avec ses 23% de préservation, la Tasmanie survit à la déforestation manigancée un peu partout, ainsi que Bob Brown, réchappé de toutes les insultes, menaces & discriminations homophobes, particulièrement acerbes en Australie.

Et pour soutenir le tout, une bande-son entre feu primordial et «The Seed» de la compositrice norvégienne Aurora, interprétée par les 200 choristes du Melbourne India Voices. Un documentaire capable d’actualiser chaque élément informatif, de philosopher sur la relation spirituelle de l’humain avec son entourage apparemment muet, sachant dynamiser et personnaliser chaque découverte, et nuancer l’effet réceptif auprès du spectateur potentiel : de la graine de chef-d’œuvre !

   

L’effet femme   

Sans uniquement parler du précédent Bob Brown que le soutien féminin a magnifié,  le reconnaît SBS, «TRIBAL SISTERS», ouvre une page lunaire à ce Festival. Là où elles se mobilisent, hors toutes normes et défiant toute habitude communautaire traditionnelle : les «sœurs» de tribus ennemies, vont faire cesser quelques 30 ans de guerres tribales, fondées sur la famine, les terres, un malentendu... et engendrant dans chaque tribu des retombées incroyables. La perte d’un guerrier, par exemple, entraîne la culpabilisation de son épouse soupçonnée de complicité par sorcellerie... Bonjour les dégâts auprès des enfants ! Ce que déplorent aussi certains responsables avisés...

Effet magique que ce combat pacifique féminin en éveillant chez chacun son sens commun, vu les dégâts familiaux s’en suivant...



Sœurs de paix

Il leur a fallu, aux mâles des tribus de Papouasie Nouvelle-Guinée, quelques 6 ans de période faste, tranquille, pour que les honneurs leur soient accordés.  

Autant d’années pour travailler avec les forces de l’ordre, afin de sensibiliser les populations, à abandonner les accusations de sorcellerie entachant les femmes, quand une situation tourne mal... ce fait-là reste encore loin d’être éradiqué.  Se comptent encore 200 cas annuels de violence de cet ordre...

 



Une femme qui ne lâche pas

«CIRCLE OF SILENCE», étonne la gent masculine, car l’enquête est menée par l’une des ex de ces 5 journalistes australiens, exécutés à Balibo au Timor, par les forces du dictateur indonésien Suharto, alors allié de l’Australie. Le gouvernement australien est coutumier de ce genre de fait, à l’international comme au niveau national. Rien ne filtre, sans même de précaution et les aberrations s’exposent au grand jour...

Le volage Greg Schackleton dérangeait les potentiels envahisseurs, convoitant tous 2 le pétrole de ce minuscule pays, parce qu’il dénonçait internationalement à 2 jours de sa mort, l’invasion violente et cruelle de l’Indonésie...

Mais au-delà de la mémoire réhabilitée d’un (de ces) journaliste tombé au nom de la vérité, c’est l’amitié que les habitants du village enfin indépendant témoignent à Shirley S. qui est magnifique. En une cérémonie de partage qui clôt l’enquête, ils la délivrent de son deuil et l’accueillent en «petite sœur» sur les genoux de l’aïeule de Timor...

Une histoire de fraternité qui dépasse les intérêts politicards...  et tant mieux ! Le FIFO 2024 préserve dans son escarcelle bien des histoires de ce genre qui pour n’être pas totalement des contes de fée, laissent augurer d’issues meilleures...

 

Un soleil pour demain ?    

Avec «KAUGERE : A PLACE WHERE NOBODY ENTERS», et «ELOI MACHORO, itinéraire d’un combattant», une action civique au-dessous de tout soupçon et de la réhabilitation dans l’air, pour qui construit l’avenir avec les jeunes.



..Les enfants de demain

Si l’heure semble à la résilience pour les laissés pour compte de «KAUGERE», ce n’est pas sans mal et c’est en prenant lucidement des responsabilités. En Papouasie-NG, inutile de compter sur les instances officielles : elles sont corrompues. On ne la raconte pas au coach de la jeune équipe de rugby, qui a démissionné de la police, car la machine était trop pervertie. Violente, détraquée, «elle harcèle la population» et se couche devant les gangs...

Albert Muri, belle figure de ce quartier sans eau de Port Moresby, porte à bout-de-bras les espoirs sportifs de demain. Ce n’est pas sans échec, ni sans revers, mais certains grands joueurs sont issus de l’équipe...  



Indépendantiste  n’est pas un délit...

En dépit des relents franchouillards imbuvables concernant les indépendantistes, Éric Beauducel réalise un documentaire, extrêmement précis, mettant à contribution des témoignages favorables ou antagonistes, réhabilitant  «ELOI MACHORO» ... à la suite de l’hommage prononcé par Pisani, juste après sa mort...

 

 Les Happy ends figureraient donc parmi les documentaires océaniens de la 21ème session du FIFO.

Un article de  Monak


 

Tous droits réservés à Monak. Demandez l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

mardi 6 février 2024

21ème FIFO : les spéciales


Présidente et Fenêtres sur-courts

 

Briar G-S., 4ème présidente au jury FIFO en 21 sessions... le ton est donné, en cette spéciale «nuit de la présidente» au Petit Théâtre de Fare Tauhiti Nui. 1ère Māori à la barre : voilà qui confirme la règle. «Femme d’exception pour un jury d’exception» le souligne Mareva Leu, jouant de la formule avec humour. C’est que nous ne voudrions pas passer à côté d’une personnalité que les distinctions du métier de réalisatrice ont déjà encensée. Ce qui ne rend pas Briar Grace-Smith moins modeste tout en l’affolant un brin à l’idée de présider ce jury 2024.

 

 C’est avec beaucoup de simplicité et de chaleur que la réalisatrice  du film collectif WARU, le présente et l’assume. Pas si facile effectivement que de sortir un film qui dénonce le laxisme et l’irresponsabilité de toute une communauté à propos des violences mortelles subies par les enfants. Dix ans après le scandale de la mort de Nia en 2007, dont la mélodie habille le film, aucune perspective positive à l’horizon. Démission d’une société qui, comme tant d’autres, lâchement laisse faire et ne prend pas les moyens d’éradiquer un ascendant patriarcal qui refuse toute remise en question.

 

Un fléau récurrent

À l’écran, aucune concession, pas même de détails, une sécheresse tranchante pour renforcer l’effroyable, la monstruosité, la contagion des abus et infanticides. Les coréalisatrices, tablent sur la mémoire collective, le non-dit que chacun cultive pour évacuer une réalité trop brutale. Le film* refuse de s’appesantir sur la pesanteur trop coutumière en Océanie - mais peut-être ailleurs aussi -, d’un silence qui dédouane de toute compromission.

À la différence du documentaire qui nous aurait signalé 84 nouveaux crimes dans la même période, cette expérience créatrice se conçoit comme un dialogue sans précaution entre crime, réception directe du spectateur et déclencheur immédiat de culpabilité.

 

Briar  Grace-Smith

Menée sur le ton du respect pudique et de la cordialité qui s’en dégage, cette interview sur plateau a tenté d’alléger préventivement l’atmosphère de la projection. Précaution bien inutile d’ailleurs, vu la gravité du propos et de l’intérêt qu’il représente dans le contexte océanien.

S’engager dans un tel scénario à voix multiples avec : Chelsea Winstanley, Ainsley Gardiner, Casey Kaa, Renae Maihi, Katie Wolfe, Awanui Simich-Pene et Paula Whetu Jones, c’est faire écho au traumatisme qui continue de secouer la population du territoire d’Aotearoa. Sur le principe de l’instantanéité, en confrontant aux manifestations publiques, la voix de l‘enfant disparu et celles qui n’ont pas osé se révolter, la facture de cette création collective s’est posée en termes d’émotion à fleur de peau. Une forme de cinéma-vérité... À revoir pour s’en imprégner ou le vérifier.

La baie s’étant momentanément close, ouvrons la section FENÊTRE-SUR-COURTS pour replonger dans le cours habituel des documentaires du FIFO.


Les  petits bijoux  entre ART & VIE

Dans la section les COURTS-DE-CHEZ-COURTS, entre 11 & 27 mn., 3 spécimens de documentaires se consacrent à l’art. Et les artistes concernés, bien qu’originaires d’îles différentes, de nations distinctes sont en quelque sorte philosophes et nous transmettent des préceptes de vie, d’un humour plutôt acéré. Artiste signifiant aussi «lucide».

Le 1er de la série se nomme Mike TAVIANI, originaire de Rarotonga. Dans TAONGA AN ARTIST ACTIVIST, de Glenda Tuaine (îles Cook), il n’épargne pas ses faux admirateurs, justes capables de pondre une oraison funèbre, inutile, puisqu’elle se contente de «rebonditr sur le cercueil», quand... effectivement il est trop tard. Avec son parcours atypique où, après ses diplômes universitaires, il contribue pendant une vingtaine d’années au progrès du pays, au Ministère de l’Agriculture... puis se lance enfin dans sa passion de plasticien sculpteur, sérigraphe.

«Taonga» l’art vivant.

Militant contre la corruption, il n’aura de cesse d’accomplir des formations, auprès de jeunes de tous pays, dans différents domaines : langue māori, arts plastiques, conseils économiques, etc... Ses écrits inspirent la politique actuelle. Et son rêve actuel, à plus de 70 ans, porte sur l’envie d’ouvrir son école d’art au 1er, et sa galerie d’expo en plein environnement champêtre... Car l’art se vit, dans la communication du quotidien...

    

Avec TRADEWINDS, nom d’une tendance musicale, chamorro jazz, Patrick Palomo, bourré d’humour, car il possède la modestie des «grands», se révèle le processus d’évolution de tout art où se mêlent jeunes et anciens apports. Le réalisateur Kyle Perron découvre pas à pas, la musique de Patrick Palomo, entre authenticité et modernité à Guam.

Le temps tout de même de nous faire goûter aux compositions actuelles, aux accents traditionnels et aux ébauches futuristes...

 


TRADEWINDS, le jazz océanien
 

UNE ÎLE, UN ARTISTE... TEMOANA, aborde l’art photographique en Polynésie. La tendance actuelle semble se confirmer : l’Art engage. Tout comme nous venons de le voir en musique où l’inspiration locale est privilégiée, en Arts plastiques l’innovation vient y puiser sa source ... Quant à la photographie, elle fixe le contexte originel tout en militant dans une Association de préservation de l’environnement.

Une fois de plus, le réalisateur, en œil attentif à la moindre initiative de Temoana décline les mille-et-une facettes de la palette d’une photo, sa gamme chromatique, de sa partition de lumière, le miracle de l’inouï : en fait, ce que la Nature vierge peut offrir. Et le jeune Temoana est une source vive...

 

Des perspectives ?   

À part, le plus court des documentaires, coproduit par Les Marshall et les USA : IN EXILE. Il lance comme une bombe sa protestation. Normal, Nathan Fitch, réalisateur s’intéresse aux raisons de l’immigration des Marshallais en Arkansas et au non-retour des évacués des essais nucléaires à Bikini.

 

..En exil : jusqu’à quand ?

À l’inverse, HOMESTEADS-MAKIHA, de Piata Gardiner-Hoskins (N-Z), dépayse totalement. Changer de maison constitue un cérémonial impressionnant au pays. L’ancienne maison ancestrale doit être enterrée, après sa démolition, de façon à maintenir la continuité ancestrale. De même faut-il retrouver les pierres protectrices pour les remettre à leur place et faut-il faire la tour de la maison et implorer les forces spirituelles pour augurer du meilleur.

«On ne se débarrasse pas d’hier»... La protection ne peut être que mutuelle...  

 

Demain ... de l’algue aux cosmétiques...

Et pour faire bonne mesure avec la biodiversité, l’exploration de la Nouvelle-Calédonie, montre dans DE LA CRÊTE AU TOMBANT, LA MANGROVE & LE PLATIER... Un jeu d’échange entre le littoral et le lagon...

Encore un titre d’une dimension impressionnante ! PUISQUE C’EST POSSIBLE  : ITINÉRAIRES SCIENTIFIQUES EN NOUVELLE CALÉDONIE. pour le documentaire de Jean-Michel Boré (originaire de France) : peu importe, le jeu en valait la chandelle. Chercheurs en cosmétique, sur terre ou sous la mer... se mobilisent autour de plusieurs unités pour valoriser les richesses insoupçonnées de Nouvelle-Calédonie

 

Dans les deux derniers cas, un avenir professionnel se dessine...

 

Un article de  Monak

 

Tous droits réservés à Monak. Demandez l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

 

NB : * de l’image en cliquant sur le lien ... 

lundi 5 février 2024

21ème FIFO : NUIT de la FICTION


RAGE ET CYNISME À LA CLÉ

 

Au FIFO la 14e NUIT DE LA FICTION pousse le bouchon comme à l’accoutumée. Tout est paroxystique à l’écran comme à Tahiti et en Océanie, semblerait-il. La révolte gronderait-elle en sourdine ? La dérision est à la fête même si, curieusement, un brin d’humanité pointe son nez avec le culte de la B.A. (Bonne action). L’emporterait-elle sur le pessimisme ambiant de cette cuvée à peine âgée de 3 ans ?

 

En gros, quelques 4 heures de projection pour cette avant-1ère du FIFO, tant attendue. Hors-Compétition, cette section, faut-il le préciser, mobilise le public tout en le bousculant avec délice : car elle propose au public, en plus du grand frisson, un vote. La fesse triste, vu la durée de la séance car les sièges du Grand Théâtre de Te Fare Tahuiti Nui ne poussent pas à la sieste. S’associent la clim’ redoutable et la sono à fond : penser à un coussin pour les délicats du "panier" et du reste.

Avec une affluence des grands jours, mais sans excitation, la suprême organisatrice du FIFO, Laura Théron, nous invite avec Heirani Soter, animateur, à la grand’messe du cinéma.

 

Heirani, un animateur peu ordinaire... 

Public actif, il applaudit à chaque fin de film et taille la part belle au rire, voire le plus sardonique. C’est que sur un total de 13 films, l’atmosphère est lourde, l’horizon bas et le spleen au max, seulement 4 courts-métrages (5 à la limite) sacrifient à une forme de sérénité, non sans hésitation. Soit les 2/3 à vous saper le moral.

Pourquoi ? La simple projection des réalisateurs dans le présent ou l’avenir ne les encourage pas à l’optimisme dans la société océanienne actuelle. La création cinématographique restitue l’image de ce mal-être.

   

Noirceur, vous avez dit ?

Le court-métrage de fiction resserre l’impact du propos tenu par le créateur et l’effet coup-de-poing s’en ressent sur le spectateur. Pas de bavardage. Tout est resserré.

Le bandeau sombre amorçant l’article donne le ton de cette soirée de fictions, avec ses ombres, ses fuites, ses floutés : c’est FREEDOM FIGHTER du Samoan-néo zélandais, Tusi Tamarese. Les jeunes générations, encore elles, tributaires du désaccord des nations...

Le pire, le trash, qui ne dure que 6 mn., porte au summum la désespérance, la survie sur une planète dégradée : c’est O2*, du jeune Lino Cosso, que vous pouvez voir sur You tube en cliquant sur le titre. Image, rythme, profondeur du thème semblent prédire un bel avenir à son jeune réalisateur qui présente à la section cinéma du lycée Gauguin, un petit chef-d’œuvre polynésien : percutant à souhait.

«O2» quand le présent assombrit le futur.

Aussi sombre se pose le statut des «demi.es» ou HAFEKASI dans le contexte australien. Une page que l’histoire ne résout toujours pas, du point de vue  du regard externe comme de l’intérieur. Un peu partout en Océanie, en Polynésie en particulier, se pose la question du métissage quand il touche aux catégories jadis ennemies que sont colonisateurs & colonisés.

Injustice, mauvais traitements, humiliations se connotent autrement par des qualités à acquérir comme la : pâleur du teint associé à la propreté, la chevelure lisse à la douceur, la netteté, etc, etc. Le clivage civilisé /sauvage ! ! !

   

«AFEKASI» être soi sans complexe  

Sous l’éclairage des créateurs néo-zélandais, TAUMANU, fait exploser, sur fond de milieu chic, la sauvagerie des crimes colonialistes et la réappropriation des richesses par les populations spoliées. GOOD GIRL, en pleine dérive contemporaine traite avec éclat et dérision de cette sale manie de se couper de la réalité pour s’enfermer entre ses écouteurs. Succulent le paradoxe entre les conseils du podcast et la tranchante réalité ! Dans le même ordre d’idée l’aberrant MINISTRY OF JINGLE introduit le cinéphile dans l’un des plus ridicules réflexes commerciaux du slogan sécuritaire. Nous voilà plongés dans la bêtise inconsciente de notre siècle

Paradise, un prénom impossible !

Le combat sans issue des sans-papiers et le choix d’une liberté au prix fort pour Iuli’a dans FREEDOM FIGHTER, l’exacerbation des nationalismes, de la discrimination, etc...  Toute une recherche sur l’image, l’étrange, l’incohérence à dépayser le spectateur lambda. Un coup de chapeau au réalisateur Tusi Tamarese samoan néo-zélandais, qui ose aborder un sujet brûlant...

Et pour couronner le tout, I AM PARADISE et la rage au corps chez l’une des parias de la misère et de la condition de mère-célibataire ; mais pas que ! Le spectateur aussi, exècre cette  figure récurrente et millénaire de la cruauté sociétale qui forge un enfer pour cette fille-fleur nommée Paradise. 


Pessimisme, que nenni !   

Traiter gaiement de sujets graves, une façon de poser les sujets révoltants et les plus pénibles. Le film utopique de la beauté, de la bonté, de la paix, reste une gentille parenthèse si elle ne s’appuie pas sur un monde à parfaire ou à refaire. Optimisme déguisé ou réelle place à l’imaginaire constructif ?

 Dans l’entre-deux, un semblant de neutralité. Mais bien des problèmes sans réponses retournent le couteau dans la plaie, sans même trouver de solution, avec BIG QUESTIONS (Aotearoa). Le film de Liam Magureen se tisse et s’efface en suivant le cours du graphisme.

La création ...

Comment se consoler avec MILK ? avec autant d’atermoiement pour décider d’un geste de simple humanité... N’appartiendrait-il qu’aux petits de trouver des solutions temporaires pour les nécessiteux ?  

  Quant à THE POLYCEES, le 9mn. de Celia Jaspers, il joue sur le double sens de Poly... et sur le  mot politique toujours au pluriel en anglais... D’autres sens émergent par contamination. Où ce qui reste de cette fonction se perd dans les arcanes des envieux et des mondes parallèles... De quoi surprendre ou inquiéter.

Et si l’océan vous parle, dîtes-le avec des crayons & des couleurs à Hawaï comme ailleurs : là où la vague soulève les surfeurs... avec BLUE COOLER.

 

DIALOGUE*, du même cru lycéen à Gauguin en Polynésie, livre sous forme de métaphore une réflexion sur la création. Avec le bonus d’une composition du réalisateur Matteo Damesin. Le talent à l’état pur... à découvrir sur sa page facebook ; et polynésien de surcroît !

Alors, il resterait AIKANE ! Peut-on évoquer un avenir serein quand sa réalisation passe par la mort, l’exil, la mutation par le monde marin... ? Encore une histoire de métamorphose et de genre, originaire d’Hawaï avec Dan. Sousa, Dean Hamer & Joe Wilson.

 

L’amitié, l’amour, une utopie ? ...

Faut-il passer par la légende, l’imaginaire, la mémoire culturelle où l’humain se dotait de liberté totale... et ne se coupait pas du reste du monde. Doù la notion de fiction... Si proche de la réalité océanienne !

En tout cas, les sujets abordés annoncent les thèmes qui parcourront les documentaires, qu’ils soient courts, en ou compétition.

Un article de  Monak

 

Tous droits réservés à Monak. Demandez l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.

 

NB - * : cliquez sur le titre pour voir le film...