Ce blog a pour vocation de découvrir Tahiti et ses îles, bien sûr, mais bien d'autres endroits et bien d'autres choses aussi partout ailleurs. Et puis, surtout, les gens qui font que le monde est ce qu'il est.
Histoire(s), géographie, modes de vie, cultures et phénomènes de sociétés : Le monde est vaste et riche et ses habitants tellement beaux et divers, alors laissons-nous aller à leur rencontre...
Des journalistes voyageurs vous parlent de la Terre et de ses habitants à leur manière…
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En ce matin ensoleillé du 25 janvier 2022, après une
semaine en alertes rouges et autres, les Membres officiels de l’AFIFO –
Association organisatrice du FIFO – nous livrent le Programme du festival
devant un parterre clairsemé. Crise sanitaire oblige, les invités sont rares au
Petit Théâtre de la Maison de Culture Te Fare Tauhiti Nui.
Faisant suite à la conférence
de presse du 9 déc. 2021 qui lance la 19ème session du Festival
International du Film documentaire Océanien, c’est dans une ambiance feutrée où
le cadre de scène s’habille d’arcades bleutées, projetées par une découpe que
nous parviennent reconductions et innovations. D’une part, l’équipe du FIFO, de l’autre les
partenaires piliers de l’événement : Te Fare Tauhiti Nui et Polynésie la 1ère
L’AFIFO dans ses œuvres
Miriama Bono,
Présidente de l’AFIFO, Mareva Leu, déléguée générale, Marie Kops, coordinatrice
du programme professionnel, démontrent d’une main de maître leur détermination
à s’adapter au mieux aux circonstances et à valoriser un événement-phare dans
le monde de la culture du Pacifique. Privilégiant de nouvelles perspectives
malgré les aléas de la 5ème vague du covid.
Les bonnes nouvelles
Reconnaissons à l’équipe du FIFO, son souci de la diffusion de la Culture
pour tous et partout. S’il faut déplorer du côté des politiques le mépris quand
il ne s’agit pas d’abus de pouvoir, privant une partie de la population de
l’accès aux lieux de culture, notamment les restrictions concernant les
réfractaires à la vaccination, notons que l’AFIFO réagit intelligemment :
en maintenant l’accessibilité tous azimuts et en augmentant la diffusion
numérique aux publics d’Outre-Mer…
Ainsi, l’accès gratuit aux sections Off, « Fenêtre-sur-Courts »
et à la « 12ème Nuit de la Fiction » viendra certainement
promouvoir l’engouement des amateurs pour le cinéma made in Oceania.
Les partenaires au taquet
De même, l’aménagement des modalités Scolaires en présentiel ne peut que
favoriser l’importance d’une appropriation culturelle et susciter la nécessaire
curiosité intellectuelle des plus jeunes. Une nouvelle section
« Projections spéciales », parfois suivies d’une rencontre avec les
réalisatrice ou productrice, mêlent la thématique « Du livre à l’écran » (Cousins)
et le « Film d’impact » (#387). .
Les nouvelles mitigées
Les rencontres « Inside the Doc » se partagent entre présentiel
sous le paepae a Hiro et entretiens en ligne. Les Ateliers publics se réduisent
à « écriture de scénario » et « Reportage TV ». Les
« Master Classes professionnelles » ne cessent de se multiplier en
présentiel comme en numérique. Entre tendances actuelles – podcast, film
d’auteur, film d’impact – le documentaire s’ouvre des perspectives
insoupçonnées au-delà de la crise. De nouvelles stratégies et des plateformes
de production se mettent en place pour pallier le déficit.
Photo de famille sans masque
Deux des membres du jury, l’australienne Hollie Fifer et la
néo-zélandaise Kathryn Graham ne pourront rejoindre le Village FIFO pour cause
de fermeture sanitaire des frontières aériennes. Dommage pour nous qui n’auront
pas la joie de les découvrir dans leur rôle primordial.
Palpitez, Pitchez votre « projet de scénario » concernant la
master classe « Du livre à l’écran », la nouvelle trouvaille FIFO en collaboration
avec le Salon du Livre 2021.
Des Nouvelles qui ne fâchent
plus ?
Même si certains peuvent se réjouir que « la jauge sanitaire des
espaces soit atteinte à 100% avec les contrôles à l’entrée du site »,
nous l’avons un peu mauvaise.
Musardez à Te Fare Tauhiti Nui entre les banderoles qui s’agitent sous le
vent, parmi les partenaires et les sponsors de plus en plus nombreux du
Festival.
Découvrez la bande annonce du FIFO 2022 et autres annonces sur la page
facebook officielle des teasers du FIFO.
Les redites qui fâchent
Redécouvrez avec l’hymne du FIFO, annonce Tepiu Bambridge, sous la
casquette impromptue de la journaliste et présentatrice de Polynésie la 1ère
(avant de regagner son mutisme de membre du jury du 19ème FIFO),
informez-vous en direct sur les moments forts du Festival, grâce à Polynésie la
1ère radio.
Sous le banian désert
Jouez la carte de l’immersion documentaire océanienne, sur place ou chez
vous. C’est bientôt, dans quelques jours : du 5 au13 février. Et bon FIFO
2022 !
Un article deMonak
Tous droits
réservés aux auteurs. Toute utilisation ou reproduction du texte ou des images
sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs requiert leur
autorisation.
Te Fare Anuanua, le Centre
Arc-en-Ciel LGBTI de Polynésie inaugure son local à Papeete ce 22 janvier 2022.
Face au chevet de la Cathédrale, il existe, enfin, un lieu d’écoute, de réunion,
d’information, d’entraide et d’assistance. Soyons lucides, les droits de
l’homme sont loin d’être respectés – sur la terre comme au ciel, ajouterai-je,
hélas ! – en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre :
maltraitances, violences et ségrégations professionnelles ou sociales
victimisent jeunes et adultes
Plus
communément connue sous l’appellation Cousins Cousines de Tahiti, l’Association
créée en mars 2007 rassemble toute diversité de genre : car il s’agit pour
elle de promouvoir l’égalité
individuelle pour tous, selon la norme légale et de traiter de toute forme
discriminatoire. Notons qu’ici comme souvent ailleurs la communauté LGBT a
mauvaise presse dans l’opinion publique. Grâce à la reconnaissance étatique, à son soutien, elle a enfin
pignon sur rue.
Expliquer, comprendre : tout un programme
Comme pour
tout autre territoire de par le vaste monde, la société polynésienne se trouve
confrontée à l’émergence de l’identité
de genre, à sa légimité, à sa protection juridique et, à l’inverse, à sa
discrimination. La notion n’est pas nouvelle : elle date du 19ème
siècle où scientifiques et juristes se penchent sur la question. Ce n’est qu’à
la moitié du 20ème siècle que la dimension humaine – biologique,
psychique et éthique – sera totalement perçue.
Même la
catégorie traditionnellement ancrée dans la culture tahitienne, attestée par
les légendes depuis la nuit des temps, – les hommes efféminés ou māhū – ne sont
pas plus épargnés par les mentalités comme dans la cellule familiale. Eux aussi
se font agresser.
Nombre cris de
détresse se font entendre sur le téléphone de l’Association, nombre appels…
trop de situations dramatiques,d’agressions,
de traques haineuses… insensées, aberrantes !
Un Refuge !
La différence inquiète ; pire, elle terrifie. Dans la pratique, elle
exacerbe. Objet de déni, elle engendre toute une série de comportements
malveillants et castrateurs. Chacun se targuant de mettre bon ordre à ce qui
est réprouvé expéditivement par une soi-disant morale, surannée tout de
même !
Inutile de décrire les maltraitances que peuvent subir tout Polynésien,
fille ou garçon, en matière de rejet, d’abus ou de violence. Au collège, même
si manquent totalement les statistiques, nombreux sont les adolescents dont le
parcours est connu des copains et du corps enseignant et dont les signalements
restent lettre morte : véritables esclaves sexuels ou domestiques au sein
des familles, ils subissent les pires opprobres en raison de leur orientation
identitaire.
Fugues, châtiments, représailles sont le lot quotidien de jeunes qui ne
savent plus où se faire entendre, s’ils ne sombrent pas dans la dépression ou
le suicide.
Petit local pour grands espoirs
Bien que les différentes catégories soient répertoriées et normées du
point de vue juridique, les parents s’attribuent le droit de jeter à la rue
leur progéniture, pour des convictions religieuses ou par simple ignorance –
interrompant leur scolarité – sans que les jeunes puissent demander protection
auprès des services sociaux.
D’autre part le harcèlement « genré » ne touche pas que les
mineurs, il sévit aussi dans le milieu professionnel.
Le tout étant soigneusement occulté : soit pour des prétextes
moraux, perçus comme des tabous, soit par excès de pudeur.
Question de culpabilité ?
Les questions-tabous – celles que ne peuvent poser les enfants à leurs
parents, celles que refuse d’entendre une bonne partie des adultes – génèrent
chez les « personnes différentes » un complexe de culpabilité. Durant
l’enfance, qui ne se sent pas en conjonction avec son corps de naissance ou
avec une orientation sexuelle conformiste se sent rejeté, sans pouvoir même
l’exprimer.
« Dans notre société du non-dit, ce dont on ne parle pas est perçu
comme mauvais. Et si le désir devient discriminatoire, la souffrance est
d’autant plus forte qu’elle n’est pas expliquée »
Face à l’inaction des instances éducatives ou des pouvoirs sociaux, à
l’abstention ou la non-intervention des témoins de scènes d’agression physique
ou verbale en groupe se légitime l’existence d’une telle association :
elle est d’abord espace de parole. Ensuite espace d’éducation.
Enfin, espace de protection. Destinée aux jeunes comme aux adultes qui s’interrogent,
l’association remporte le Prix 2019 pour le projet : « Le livre pour
l’égalité et éduquer contre l’homophobie »
L’identité à part entière
Les cas de suicides pour « différence » étant pléthore en
Polynésie, ainsi que les agressions discriminatoires, il est donc temps que la
société polynésienne prenne en charge l’éducation des parents, l’information
des éducateurs, la protection de chacun, quelle que soit son identité.
D’ici là, l’heure est à l’urgence. à
signaler fort heureusement la prise de conscience et le sens de la
responsabilité collective quand la récente 14ème Conférence des
Femmes du Pacifique (avril 2021) soulève « l’égalité de
genre ». Il ne faut donc pas désespérer !
Maltraitances LGBT font parfois l’objet de plaintes. Ce qui n’est pas
toujours le cas et pose d’énormes problèmes aux mineurs du fait de la confusion
entre autorité parentale et omnipotence. En principe, le préposé qui reçoit la
plainte « doit » être un référent LGBT (dixit la loi depuis
2018 !).
Stop méfiance !
Ils sont différents, on s’en méfie ! Homophobie, transphobie :
aversion pure et simple qui se traduit par du mépris ou de l’hostilité. C’est
aussi un délit ! Et là, il semble que chacun s’en arrange sans aucun
remords.
Face au refus, au rejet, au déni, une éducation préventive serait la
bienvenue au sein des établissements scolaires, car il en va de l’avenir de nos
enfants. « Dehors, jetés à la porte, déscolarisés, SDF : c’est ce
qu’on offre à ceux que l’on a procréés ? »
Des livres pour le dire …
Ainsi, L’association, grâce à sa récente visibilité en plein cœur du
Centre Ville de Papeete, se dote-t-elle d’ouvrages consultables sur
place et qui puissent faire aussi l’objet de débats publics organisés. Des
conseils, des questionnements : comment vivre sa différence dans un monde
qui vous renie. Le droit à l’intégrité pour tous.
En ce jour d’inauguration du local, des parents se présentent déjà pour
s’informer de la situation de leur enfant : un couple homosexuel vient
chercher de la documentation pour garantir à leur enfant une forme de quiétude
face au harcèlement qui pourrait lui advenir à l’école comme dans le voisinage.
Rien n’est simple. Mieux vaut prévenir.
Les procédures de changement d’identité, les dépôts de plainte, les
hébergements d’urgence, ce sera un autre jour – sauf impératif – l’heure est à
la prise de contact.
La Raeraephobie tue…
L’Association,
actuellement présidée par Teriihauroa Karel Luciani, adopte ce principe de
tolérance qui devrait être représentatif de la diversité de notre
société : chaque genre ayant son siège au bureau, Shelby Hunter y
représente les Trans.
Tout comme le paréo, vêtement unisexe – qui serait marque d’égalité –
depuis des siècles dans la société traditionnelle polynésienne, souhaitons que
cette sagesse ancestrale vestimentaire puisse prendre tout son sens symbolique
et culturel et soit réappropriée par tous.
Un article deMonak
Tous droits
réservés à Monak. Demandez l’autorisation de l’auteure avant toute utilisation
ou reproduction du texte ou des images sur Internet, dans la presse
traditionnelle ou ailleurs.
Sous le signe d'une double renaissance - présentielle et distancielle - le 19è Festival International du Film documentaire Océanien se tiendra du 05 au 13 fév.2022 à Papeete. la conférence de presse (9 déc.21), concoctée par l'Association du FIFO vient de la confirmer sur le Paepae a Hiro de la Maison de la Culture Te Fare Tauhiti Nui.
Premier indice
de taille, le Festival International du Film Documentaire Océanien (FIFO)
refait surface en partie sous sa forme initiale – renoue avec 19 ans de
rencontres et de partages entre documentaristes et public – et renaît comme le
phénix dans une configuration hybride : « physique » et
« numérique ». Suite à une 18è Session uniquement
« virtuelle » pour cause de pandémie mondiale : édition
exceptionnelle, qui cependant a réussi à promouvoir une visibilité étendue aux
autres continents, elle était animée façon studio sur la scène du Petit
Théâtre désert, par l’équipe de l’AFIFO. Un acquis qu’il convient de maintenir.
Des images, ensemble : oui !
En même temps, comme pour concrétiser la régénération de l’oiseau mythique,
l’affiche du 19è FIFO puise dans l’image de Pluck – court-métrage de la réalisatrice néo-zélandaise
ViV Kernick (18è session / Off/ Fenêtres sur courts) – cet emblème de la
restauration d’un passé enfoui et prêt à s’envoler : le korowai, la cape
de prestige maori, se ravive de toutes ses plumes…
L’affiche du 1er FIFOà l’expo
du cinquantenaire
Le cinquantenaire de Te Fare Tauhiti Nui s’achevant vous pouvez encore vous
profiler dans les reflets de l’exposition « Un demi-siècle
d’histoire(s) », sous la galerie couverte. Conçue par Jean-Christophe
Shigetomi, (Président de l’Association Mémoire Polynésienne et médiateur
culturel) : instructive, elle ne manquera pas de vous interpeller et de
vous en faire déchiffrer les symboliques telle « Nāmaeha'a (Nos jumeaux).
à moins de la suivre en virtuel en cliquant sur le lien.
Un site, un océan documentaire
L’accueil se
poursuit donc, depuis la création du FIFO (2004), expose en substance Yann
Teagai, directeur actuel de TFTN,
conformément aux mesures sanitaires « sollicitées par les
Autorités ». La couverture médiatique assurée par Polynésie la 1ère, qui
souhaite in fine, par l’entremise de Gérard Hoarau, son Directeur, retrouver la dynamique de
« l’avant-covid » dans cette manifestation qui « ouvre la
reprise de la saison culturelle ». Place donc aux véritables acteurs de la
nouvelle session 2022.
L’accueil
Et pour entretenir le lien avec feue la précédente
session, pour compenser aussi la quasi absence du FIFO Hors-les-Murs et de son
périple coutumier inter-îles, le Musée de Tahiti & des Îles – Te fare Manaha
organise des projections libres du 10 au 12 décembre. Car un Festival en
distanciel se vit amèrement, déplorent les organisatrices incontournables de
l’événement : Mareva Leu, Directrice Générale et Miriama Bono, fédératrice & ordonnatrice.
La privation de dimension humaine, de contacts réels avec les participants, les
réactions des spectateurs laissent une empreinte indélébile.
La conférence de presse accuse des carences
notoires, dues au confinement sanitaire de certains états du Pacifique. Le jury du FIFO se verra encore contraint
de délibérer en visioconférence. L’équipe instigatrice, ne pourra ménager sa
peine, amenuisant son temps de sommeil en fonction des décalages horaires. Le
virtuel pour pallier la crise sanitaire, mais à quel prix ! Celui de
l’épuisement d’une équipe qui gagne ! Restons lucides.
Une sélection et un jury aux couleurs océaniennes
Sur 130
documentaires inscrits, taux qui a augmenté d’un tiers après le premier
confinement mondial, 38 ont été retenus pour le FIFO ; soit un peu plus du
tiers aussi. La sélection officielle est sévère, fondée sur la qualité. Le
rapporteur du comité de présélection (7 membres polynésiens) en souligne les
critères, regrettant les faiblesses de certains films et la défaillance de la
Polynésie dans la catégorie compétition. Ce qui risque de faire couler beaucoup
d’encre.
Mareva Leu & Miriama Bono
En dehors du thème capital que constituent « montée des eaux et
protection de l’environnement », la tendance est endotrope, l’accent est
mis sur la focalisation interne, en ce qui concerne « l’histoire – point
de vue des victimes –, la vie traditionnelle, l’identité », nous
informe-t-on. Quant aux liens inter océaniens, ils s’attachent aux pratiques
sportives – dont l’incontournable « ovalie » – , picturales,
poétiques et musicales, nous fait-on part.
Sur les 12 films
en compétition, la moitié provient d’Australie. Des 17 films hors-compétition,
7 relèvent du fenua. La section Fenêtre-sur-courts comporte 9 courts-métrages.
Quant aux
courts-métrages de fiction, encore plus courts que dans la précédente section,
d’une teneur et d’une facture fantaisiste, nous assure-t-on, la sélection –
dont s’acquitte un autre comité de 6 membres – compte 10 films sur les 23
fictions inscrites.
Des limbes du Pacifique…
Le clou de cette
approche du 19è FIFO reste bien évidemment la révélation du jury. Commençons
par les dames qui constituent la totalité des 6 membres :
-l’Australienne
Hollie Fifer,
réalisatrice, commence sa carrière en 2009 et navigue en Océanie avec The
Opposition (Papouasie-NG), Grand Prix
du FIFO 2017. Directrice des programmes à la Doc Society, elle réalise Unbalanced, « axé sur l’artiste
pendant le confinement 2019 ».
-la
Néo-zélandaise Kathryn Graham, responsable du département de développement
maori à la New Zealand Film Commission et chargée de production pour Maori TV
et TVNZ
-l’Hawaïenne
Beckie Stochetti, Directrice exécutive du Festival International du Film
Hawaïen, productrice.
Toutes trois ailleurs : raison pandémie sans
doute. Et sous le banian, la surprise du jour, les trois Polynésiennes qui
complètent le jury :
-Heiura
Itae-Tetaa, Directrice de Speak Tahiti-Paraparau Tahiti ; auteure, journaliste et
productrice de films documentaires et de série de fictions ; auteuredu film Des Paroles et des écrits (FIFO 2019)
-Tepiu
Bambridge, Directrice éditoriale de Polynésie la 1ère, journaliste et
présentatrice
-Virginie
Tetoofa, réalisatrice et productrice d’Ahi Company. Un petit clin d’œil à son
premier court-métrage ‘Arioi Vahine (2009) et à la série Paripari Fenua.
Des limbes au jury du Pacifique…
Virginie encore étonnée à en perdre la voix et qui
vous explique : « Je ne pensais pas avoir achevé assez de projets pour
être au jury, mais au final je suis contente de faire partie de l'aventure et
d'être de l'autre côté du miroir. J'attends aussi avec impatience les débats
avec les autres membres du jury et de découvrir les 12 films en compétition.
L'Australie en ayant 6 en lice, je pense que la compétition sera rude.»
Conjonction de paroles
Et pour
couronner un conseil singulier, à la tête du jury le Néo-calédonien Emmanuel
Kasarhérou, président du musée du
quai Branly. diplômé de l’Institut national des Langues et Civilisations
orientales (INALCO) en langues et civilisations océaniennes (1981) et titulaire
d’un Diplôme d’Études Approfondies d’histoire de l’art et d’archéologie à
l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (1985).
Un président
néo-calédonien : L’Art est Parole
Auteur, avec
R.Boulay, de Kanak. L’Art est une parole (2013), en corrélation avec l’exposition
du même nom ; il précise dans [#Ma
Parole] : « La culture kanak, c’est une parole qu’il faut
écouter »
La parole, elle est au cœur du compte-rendu lyrique
de Moana’ura Tehei’ura du comité de sélection FIFO, chorégraphe, également
présent au Salon du Livre, Président du jury du Heiva 2018, concepteur
chorégraphique de Pina’ina’i où « libérer
le mot du livre pour le faire vibrer à l’oreille
du spectateur »constitue sa préoccupation scénique première.
La parole est un art : Moana'ura Tehei'ura
Se réjouissant du choix du premier président (du
jury) autochtone, nous livrant une synthèse vibrante et saisissante de la
sélection, citant chaque archipel concerné : « Parole douleur
(Papouasie-Nouvelle Guinée), Parole deuil, Parole authentique, Parole Art (Nouvelle-Calédonie),
Parole espoir (Kanak), Parole femme, Parole Histoire vue de l’intérieur pour
corriger ce qui a été raconté, Parole des écrivains, Parole révolte, Parole
réparation… », il cite Chantal Spitz, dans "Ihotupu" (Indigène):
« La
parole est le refuge du peuple Pour que l’essence de la terre devienne terre
Pour que l’essence de l’humain devienne humain »
Parolecinématographique,
parole échange, parole critique, parole satisfecit, parole émotion, parole
reconnaissance, souhaitons à l’aventure océanienne tant attendue, le cri du
cœur.
Un article deMonak
- Cf.
Paul Wamo, je demande la PAROLE… (réalisateur Julien Faustino) + Des Paroles
& des Écrits (Réalisateur Denis Pinson) au 16è FIFO (2019):
Tous droits réservés à Monak & Julien Gué.
Demandez l’autorisation avant toute utilisation ou reproduction du texte ou des
images sur Internet, dans la presse traditionnelle ou ailleurs.