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Le nouveau roman de de Monak à lire absolument

mercredi 8 avril 2026

HAKKA 2025, le pôle motu de JimmyLY

JIMMY MARC LY... for ever

 

         Que tout* écrivain doute de soi... Jimmy LY n’y échappe pas ! Une foi pile ancrée dans la logique des artistes créateurs... proches, lointains, à l’abordage ou dans la mouvance de l’acte  qui inaugure : cette incertitude lui justifie sa légitimité de transcripteur... toujours en quête d’absolu. La griffe JimmyLy !

     Que la conjonction d’alphabets aussi improbables, dans le minuscule creuset insulaire, provoque autant de remous & si peu d’avenir pour toute publication venue s’adjoindre à une contemporanéïté aussi chaotique ! ... renforce ce sentiment d’abandon...Mais...

      Qu’il culpabilise au point d’aspirer à sa "rédemption", comme s’il devait obtenir son blanc-seing pour avoir osé émettre un avis dans le maelström des cultures qui s’emboitent...

 

           Sérigraphe de métier pour la Maison Mère AH YOU, calligraphe à ses heures perdues, attentif au trait, à la couleur locale, à cet humour alerte qui brosse les trames secrètes des légendes urbaines de ses récits & les Sagas d’une réalité socioculturelle émergeant d’un de ces volcans endormis de la Ceinture de feu...

       Telle se révèle la nature effacée de Ly Gnen Sang, mieux connu sous le nom de JIMMY MARC LY, tranchant sur les écrivaillons venus d’on ne sait-où, agitant leurs carillons de réputation langagière –à la manière de quelque catin gouailleuse–, régurgitant quelques pages ressassées & éculées... Pourtant, ainsi s’avère la tragique réalité de notre 21ème siècle...

     Hélas ! les plumes ne s’affûtent que pour insister pesamment sur ce qui est déjà connu & seriné entre coamateurs bibliophiles, non pour faire office de découvreur de talents, dans notre monde délétère... !

     Une personnalité dont la conscience a toujours été de se situer entre deux mondes, cet entre-deux, –déclaré inexistant pour "haute dérangeance diplomato-politique"–. Une identité plurielle que l’opinion publique n’a jamais admise comme polynésien(ne) à part entière... Bien avant que ne soient banalisés pour les 60 dernières années,  Nouvel An Chinois & Miss Dragon... Rien d’apaisant, mais le statut qui vous tire des larmes, vous renvoie à votre apparence, à votre entière différence... au même titre que le mā'a tinitō (adopté pour tous en général, en tant que cuisine chinoise en reo mā'ohi ou langue tahitienne).

Jimmy LY en hakka

        L’univers de nos îles minuscules, ne présentant aucune commune mesure avec l’Art de la miniature ni la délicatesse de la porcelaine mais relevant de la grossièreté intrinsèque aux jouisseurs d’empires, imbus de leur supériorité mercantile jusqu’au bout des ongles.

        Car la reconnaissance d’une minorité sino-polynésienne –native jadis du HAKKA ne s’officialise enfin que dans la 2nde moitié du 20è. siècle : bien après les dernières indépendances coloniales de 1962 ! Et encore n’est-elle qu’administrative ! Ce qui signifie qu’elle fut longtemps imposée comme une sous-citoyenneté d’apatride, sans même d’immatriculation... à peine dotée d’un "semblant d’identité chinoise" (T.2 p16). 

      De cette communauté trans-culturelle, l’auteur en tirera sa force mais aussi énormément de faiblesse touchant au désespoir traumatique.

    Avec son récent ouvrage, –Tribulations polynésiennes d’un PAK KUI TSAI HAKKA : Le Tifaifai des Choses de Ma Vie–, réparti en 2 tomes A4 d’environ 350 pages chacun, Jimmy Ly se libère de toute contrainte qui aurait pu l’entraver depuis sa jeunesse & se livre à visage découvert, en s’épargnant les desiderata d’une Maison d’Édition (2025 à Tahiti).

 

L’identité de l’ombre  

          Parcourez les multiples illustrations, au hasard des objectifs, émaillant cet ouvrage, que l’auteur déclare ultime : mais rien n’est moins sûr. Enfin, nous nous sentirions à la fois, indignes d’un testament présumé autant que frustrés d’une suite possible. Ce qui constitue le privilège du lecteur !!!!

      Voyez : dès son jeune âge, Jimmy Ly est cet enfant au sourcil froncé, auquel les tiraillements éducatifs & le regard public n’accordent que très peu de place. La preuve ?

       Nous estimons nécessaire de lui attribuer un "blason" à la manière des "graffeurs"  du street art : nous prononçons dans le même souffle "JimmyLy"; pour bien le distinguer par sa couleur asiatique d’un Américain foulant nos plages de sable noir... D’autant qu’il calligraphie à la chinoise... pinceau de martre en main...   



L'éternelle question ...

        Quelle légitimité pourraient s’accorder ses débuts ainsi que sa continuité ? Ni celle de "Sage philosophe", porteur de tout privilège, ni celle du métier, dans la mesure où le lectorat francophone ne lui assure pas son gagne-pain. Car, démuni de toute infaillibilité, affirme-t-il, il se détermine inlassablement en quête de savoir. 

       De même, son vécu –bien qu’il le rende heureux au maximum–, grâce à un caractère agréable & inventif, mû par une insatiable imagination, le trempe-t-il dans "une mosaïque de vies, manière tīfaifai" (T1 p28)–, sans en omettre le sens de "rapiécé, raccommodé", inclus dans cet ouvrage de haute-couture traditionnelle.

       Comment s’y retrouver, dans ce monde à double facette ? 2Chine(s), 2France(s) : l’envers & son décor, le "côté recto" du 1er Tome –celui de l’officiel, celui qui se doit prendre en compte : l’Autre, le Tout-venant– ;  le "côté verso" –, celui où il se révèle au Tome2. Dans ce heurt des Titans, "JimmyLy" se trouve entre marteau & enclume, "parenthèse" (T1 p46) que le cinéma ne console pas.

      Résulte le magistral "complexe" du «colonisé»... autrement perçu par ce titre humoristique à la Jules Verne : des "Tribulations" autrement sino-polynésiennes... avec la découverte de la laïcité, celle de l’injustice, annulant toute ancienne conviction !!!

 

«Noir c’est noir !» 

                    Le retour au fenua–au bled–, sera vécu comme une régression : "Tout est devenu hier" (T2 p16...). "Colonisation des esprits" (T1p149), sans espoir de mutation, duperie suprême, se soldant en "mutismes îliens" (T1p206) : le mouroir, la soumission, le carcan de la rigidité conventionnelle orchestrée de concert par la moindre inflexion tahitienne. "Comment devenir quelqu’un quand on n’est Personne"(T1p209).

        Ne lui resterait que la Musique : seule façon d’exprimer opinions & sentiments sans avoir à les "blanchir", ni à les entériner.

        Reste aussi de se consacrer scrupuleusement aux croquis –silencieux à nuancer–, destinés à la Maison de stylisme de Madame Mère : MARIE AH YOU

      Et là ! pudeur extrême ! ou cérémonial de vénération : aucune des collaborations artistiques de "JimmyLy", –hautement psychédéliques–, ne seront affichées, même à l’ère de l’image... Confidentialité de styliste : mode oblige ! Et son impact ne fut pas anodin !

 

 René Bélance  se dit : « Moi nègre...»

                                         

         Par contre, tout ce qui participe de la Culture du pays, ne peut s’enterrer dans l’oubli : surtout depuis cette mouvance universelle du retour aux sources des années 70 –entre autres révolutions culturelles & humanitaires–, qui en fera partout leur renaissance ; excepté pour la frange hakka, dont l’herbe se voit couper.

        Cette excroissance HAKKA, totalement détachée du continent matriciel, se noie dans les ténèbres, tout comme les parcelles de vastitude auxquelles se rattache la génération de compositeurs dont le trio (Joe Dassin-Brel-Halliday) & l’image d’une Amérique fantasmée à la Norman Rockwell (1894-1978).

      Tout comme une certaine Haïti –île natale de René Bélance (T1 p280) –, revendiquée ouvertement bien qu’occupée par les USA (pendant 19 ans). Des figures à vous forger sans conteste si vous disposez d’un espace plus vaste qu’un vivarium...

      Se pose le racisme rémanent des États Blancs –épinglé par l’anti-impérialisme de Bob Dylan (T1 p308)–, toujours pas plus résolu encore aujourd’hui... le soif de liberté pour tous, pas plus que les inégalités sociales (Gilets Jaunes T1 p325) malgré les brassages constants de populations...

 

À côté de la vraie vie ?

             Serait-il passé à côté de la vraie vie, "JimmyLy", dans la machine à laver des 5 archipels, qu’altère la "défiance atavique des Tinito" ??? La question reste entière depuis Le Crabe-Tambour (T2 p16). Trop petit, trop isolé malgré ses initiatives d’Associations culturelles : l’une à vocation "transmissive", la seconde créatrice. Toutes deux s’appliquant à un creuset en évolution : à coups d’innovations, de découvertes, d’adaptations & de créations d’actualité...

        Éreintant le contre-courant ! Même la musique en général, –au cours de l’accomplissement du jeune JimmyLy–, finit par taire ses paroles contestataires (T2 p58)... & laisse retomber les montagnes d’espoir ! Les "Enfants de la Bombe & d’Euromarché" troquent leur euphorie pour une "lassitude de vivre" (T2 p90).

      Le plus irrémédiable des cancers radio-induits : c’est de se trouver "en exil de [sa] communauté & orphelin de ses utopies". Communauté polynésienne au sens large, s’entend, car métissée dans les faits depuis les plantations (1862), les mobilisations générales pour les 2 conflits mondiaux du 20ème siècle  : eh oui ! C’est que, située du côté du soleil levant, la Polynésie passe à côté de son Histoire... Bien avant toutes les autres nations, & en avance sur son temps !

      "Un errant je suis" (T2p80), constate-t-il, sans pouvoir s’amarrer sur ce qu’il croyait sa Terre, son fenua, sans pouvoir y déterrer quelque racine. Par un tour de passe-passe entre indigénat & citoyenneté... "Le pays que j’aurais tant voulu dire mien"(T2p85) : n’existe pas.

 

Et SI ... à la Kipling .... 

        "Le hiatus continue de s’étendre", l’exil ne s’éteindra... On ne reconstruit pas sur ce qui vous a été dérobé par la force de la politique & le gant de velours des écarts qui ne cessent de se creuser entre les membres échoués au hasard des îles... "Sous-Chinois" (T2 p326..), Sous-Français, Sous-Polynésiens surtout !!!! Il est des deuils qui jamais ne cicatrisent !

       "Un errant hakka"(T2 p80) où la valeur de l’Homme s’est égarée...

      Qu’avons-nous à léguer ? Une culture des morts à réinterpréter... Les jeunes se la réapproprient, déformée, amputée de sa langue : en feront-ils "sauter les carcans traditionnels... au risque de se voir dénigrer" (T2 p329) ?

      Le danger se renforce avec les "TENTATIONS INTÉGRISTES" !!! abondamment répandues, toutes collectivités confondues... Question de racisme sous-tendue par "la course irrémédiable au pétrole" (sic 2025 !!!)

      "Le vieux monde se meurt" ! Resterait alors l’image prophétique : elle a bonne presse en nos temps troublés, face à cette sclérose

       L’écriture révolutionnaire...

       La jeunesse l’écrira peut-être (T2 p 341) ... "sur nos traces effacées"...

 

     À la veille de 2026, année du Cheval de Feu, la jeune génération piaffe d’impatience  à Tahiti, espérant s’accomplir ...

Entre vents & marées... 

     Ne vous reste qu’à vous plonger dans ces deux manuels très clairs & très denses, suffisamment nuancés & documentés pour vous laisser libre cours à la réflexion. L’analyse politico-culturelle qui en découle, ponctuée d’émotions de toutes sortes, vous la personnalise finement en vous ménageant des portes ouvertes...

    Car c’est en son nom seul que JimmyLY s’exprime... sans détour... Sans véhémence ni quelconque forme de harcèlement, il vous invite à parfaire ses allusions... à creuser là où vous pourriez vous indigner... tout en ménageant sa propre discrétion...

   Exercice de style particulier & original... Suffisamment balisé pour vous indiquer les itinéraires potentiels, Il est "bouteille à la mer"...

   (Ne l’oubliez pas !)

    Gigantesque questionnement que l’auteur vous renvoie sans fermer le propos. À vous d’en décrypter les multiples conséquences... & chapitres lacunaires à compléter...

 

Un article de  Monak

 

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* : Parfois, certaines allégations, d’une utopie crasse, imputent aux dispensateurs d’écrits une innocence vertueuse dont la probité se salit de médisances de boudoir... faute de pouvoir les noyer dans le lagon ! Mais il est tellement réconfortant d’en être persuadé.e que le lagon puisse continuer à s’endormir tranquille. Que les qualités de JimmyLy puissent affecter ses détracteurs ignares, ne changera pas la face de ce ramassis d’"influenceurs" véreux...

 

Un livre toujours inachevé...

PS1 - Il est des vérités qui suintent... à nous de les transmettre... quand la bienséance n’en autoriserait que le quart du millième... & encore !  sans  ponctuation !!!

PS2 - Se décrocher de cet article ? &... la quotidienne fréquentation –plaisir partagé entre les pages, au long des lignes, entre les lignes –, avec mon interlocuteur d’encre & de plume, s’achève d’un coup... Comme s’arracher d’un coup au dialogue... de l’interlocuteur muet ...


 

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